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Facebook, le kiosque digital de l’information

Auditionné par la commission d’enquête sur la concentration des médias, Laurent Solly, directeur général de Facebook France, a répondu sur sa proximité médiatique et les responsabilités du groupe.
Facebook, le kiosque digital de l’information
© Sénat

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« Cela fait, cette année, 18 ans que Facebook existe », a rappelé le directeur général de Facebook France, devenu Meta, afin de démontrer l’enjeu concurrentiel du réseau qui s’est construit autour depuis tant d’années, avant de poursuivre sur son objectif premier : « Nous ne sommes pas un média. C’est un service utilisé pour partager ses activités et la vie que nous menons ». Une justification nécessaire alors que le président de la Commission Laurent Lafon perçoit le réseau comme un éditeur de presse.

Plus hébergeur qu’éditeur

Facebook est toujours défini comme un réseau social dont l’objet premier est de pouvoir publier l’activité de sa vie pour ses amis. Toutefois, sa proximité médiatique, « son rôle dans l’accès à l’information, sa captation des revenus publicitaires et son impact sur le débat politique », comme le rappelle Laurent Lafon, brouillent les limites du réseau social. Pourtant, proportionnellement, la représentation n’est pas si importante : « Nous ne pensons pas du tout que nous sommes un éditeur, nous sommes un hébergeur. Le contenu médiatique est une infime minorité puisqu’il ne représente que 4 % du contenu », précise Laurent Solly. Cette proximité médiatique est justifiée par des partenariats dont le président en tire un bilan bénéfique : « En 2019, nous avons accompagné onze éditeurs de presse régionale, le bilan, c’est plus de 25 000 nouveaux abonnés payant sur ces entreprises ».

Dans l’objectif de mieux définir cette limite avec la presse, parfois floue, vient d’être lancé en France « Facebook News » qui permettra aux éditeurs de faire figurer leurs contenus dans un espace dédié. Une fonctionnalité déjà en place aux États-Unis et en Grande-Bretagne, dont Laurent Solly vante les mérites.

La modération du contenu

Acteur historique et puissant des réseaux sociaux, la question de la responsabilité de Facebook se pose. Laurent Lafon a souhaité, dans ce contexte, connaitre les évolutions dans la modération des contenus.

« Nous avons déployé des moyens technologiques et humains considérables qui représentent un investissement de 13 milliards de dollars fondés sur l’intelligence artificielle. Ces outils permettent de bloquer proactivement des contenus qui ne respectent pas nos règles et seront bloqués avant que vous puissiez les voir », justifie Laurent Solly.

Un changement fondamental pour la plateforme puisqu’il y a six ans, l’essentiel de la modération était signalé par les utilisateurs. Désormais, « 99,6 % des contenus terroristes et 93% des contenus de haine au dernier trimestre 2021 ont été bloqués proactivement ». L’influence des réseaux sociaux est souvent pointée du doigt dans sa construction démocratique, notamment à cause des algorithmes, comme l’affirme la sénatrice socialiste Sylvie Robert. Le fil « d’actualité » est en effet géré en fonction de l’intérêt propre : « Ce que vous voyez n’a rien à voir avec ce que je vois. Il y a 40 millions de fil d’actualité différents. Néanmoins, nous avons développé dans l’usage de Facebook des outils de contrôle qui permettent à chacun de contrôler ce que vous voulez ou ne voulez pas voir », répond Laurent Solly.

Bulles ou pas bulles

« Des études ont montré que nous favorisons le pluralisme ». C’est ce qu’a attesté Laurent Solly à la sénatrice Sylvie Robert lorsqu’elle lui demande ce qui a été fait pour garantir la pluralité puisque selon elle : « Nous sommes finalement producteur de notre propre enfermement intellectuel ».

Études à l’appui, et pas des moindres comme La Royal Society, Stanford ou Harvard, rien ne permet d’établir « des bulles algorithmiques ». Le patron de Facebook France insiste : « De notre propre expérience, nous pensons que les plateformes ouvrent à la diversité. Les idées circulent, la liberté d’expression, que parfois on nous reproche, est garantie. Ils ont montré qu’en réalité il n’y a pas de bulle d’informations. ».

Finalement, Laurent Solly a réponse à toutes les affirmations des sénateurs et sénatrices : Facebook France n’est pas un éditeur, mais un hébergeur, les modérateurs de contenus sont au point et les bulles d’informations n’existent pas, c’est plutôt une diversité d’information.

Des réponses qui ne convainquent pas forcément l’auditoire, qui s’accorde au moins pour dire que Facebook devient tout de même le nouveau kiosque digital de l’information.

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