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Face au Covid 19, « l'âgisme mine notre société » ?

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Face au Covid 19, « l'âgisme mine notre société » ?
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« Les vieux ne parlent plus, ou alors seulement parfois du bout des yeux ». Avec la pandémie de Covid 19 qui frappe la France, ces « vieux », chantés avec tendresse et poésie par Jacques Brel en 1963, confinés chez eux ou dans leur Ephad, se trouvent parmi les premiers protégés de l'épidémie. Ou les premiers sacrifiés, c'est selon.

Un autre avait en son temps bien fait rimer « vieillesse ennemie » avec « infamie ». « Dans le décompte des décès liés au coronavirus, la façon dont parfois on “rassure” les Français en insistant sur l'âge des morts a quelque chose d'effrayant, cela dit quelque chose de l'âgisme qui mine notre société », s'emportait récemment Jérôme Guedj, ancien député récemment chargé par le ministre de la Santé d'une mission pour lutter contre l'isolement des personnes âgées confinées en période épidémique, dans les colonnes du Point.

L'âgisme, cette discrimination qui consiste à attribuer des caractéristiques à un individu en fonction de son âge et à adopter en fonction des classes d'âge construites des comportements discriminatoires, serait-elle de ces méconnues minant notre société ? Le droit européen répertorie pourtant bien l'âge parmi les facteurs qu'il explicite. Le dernier eurobaromètre discrimination portant sur mai 2019 révèle même que 54% des presque 28 000 personnes interrogées y voient une discrimination répandue, chiffre qui place l'âge en tête du classement. Interrogée par nos soins, Colette Le Petitcorps, sociologue et Responsable du pôle recherche-action de l'association CIF-SP qui organisait avec l'Université de Poitiers le premier colloque national Âgisme en novembre dernier, invite toutefois à manier ces chiffres avec prudence : « quand on analyse les enquêtes quantitatives portant sur les perceptions des individus : les réponses dépendent souvent de la façon dont l'individu se sent concerné ou non par la discrimination en question. De fait, les discriminations liés à l'âge peuvent concerner beaucoup plus de personnes étant donné que tout un chacun peut la subir à un moment donné de sa vie. C'est ce qui fait la spécificité de cette discrimination par rapport aux autres qui sont davantage liés à des stigmates que l'on porte toute sa vie. »

Au téléphone, la chercheuse remarque d'ailleurs que c'est la première édition de l'eurobaromètre prenant l'âge en compte, signe que « l'âgisme est un élément peu conscientisé ». Principale cause au phénomène ? « L'âgisme n'est pas reflété par un collectif. Si on se sent discriminé par rapport à son âge, cela est essentiellement vécu individuellement et pas en référence à un groupe social défini, avec une identité née d'un mouvement social, comme peut l'être la communauté LGBT ».

Poétiques ou non, il est vraisemblable que, quelque part entre phénomènes de discrimination et incapacités physiques liées au vieillissement biologique du corps, nos aînés continueront à nourrir les débats de cette crise sanitaire.




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