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Experts-comptables : « nous sommes une profession de proximité et nous comptons le rester »

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Experts-comptables : « nous sommes une profession de proximité et nous comptons le rester »
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Virginie Vellut, présidente du Conseil Régional de l'Ordre des Experts-Comptables de Champagne, et candidate aux élections 2020 à la Présidence du Conseil Supérieur de l'Ordre des Experts-Comptables, revient sur le rôle de proximité de la profession dans l'accompagnement des entreprises et sur sa modernisation constante, impliquée dans sa numérisation. Des atouts qui reflètent une attractivité que l'institution souhaite mettre en avant, notamment auprès des jeunes diplômés.

Affiches Parisiennes : En cette rentrée, la profession est très active et continue de se moderniser, notamment dans sa numérisation, à l'image du 75e Congrès de l'Ordre des experts-comptables, organisé en digital. Quels sont les enjeux de la numérisation pour la profession aujourd'hui ?

Virginie Vellut : Notre environnement et donc notre profession vivent depuis plusieurs années déjà une révolution numérique, mais on constate encore une grande hétérogénéité dans la maturité numérique entre les experts-comptables.

Au-delà des outils de production, la profession dispose de deux dispositifs structurants que sont la signature électronique et la nouvelle plateforme de factures électroniques.

Il est essentiel que chacun se les approprie et en devienne l'ambassadeur. Je souhaite accompagner les professionnels dans cette appropriation, ainsi, nous pourrons, à notre tour, accompagner nos clients dans leur propre transition, asseoir notre expertise sur les sujets numériques, capitaliser sur notre identité numérique et développer notre activité en la diversifiant.

Notre ambition est de devenir leader en matière de traitement de la facture électronique et capter le marché du full service avec le mandat de paiement. C'est aussi monter en compétences dans l'analyse de la donnée en devenant acteur de référence de la donnée économique, proposer la mise en place d'un entrepôt de données indépendant pour affirmer notre souveraineté numérique.

A. - P. : La crise a révélé toute l'importance du rôle de l'expert-comptable, au plus proche des entreprises, et un réel besoin de décentralisation économique s'est fait sentir. Comment la profession peut-elle agir pour ses clients dans les territoires ?

V. V. : La crise sanitaire a effectivement mis en avant et renforcé le fait que nous étions une profession de terrain dans une relation de proximité avec nos clients. Il y a environ 21 000 experts-comptables en France, répartis sur tout le territoire. Il est apparu au grand jour que les acteurs en capacité de remonter les informations et de guider les pouvoirs publics dans la tempête étaient les experts-comptables. Nous avons eu pour tâche d'accompagner, de conseiller et de guider nos clients. Cette expérience a été reconnue publiquement, non seulement, par les représentants des entreprises, par l'ensemble des parties prenantes de nos territoires d'implantation, mais encore, par le Gouvernement et les services de l'Etat. J'en suis fière et les experts-comptables peuvent en être fiers. L'enjeu pour nous aujourd'hui est de continuer à être incontournables au service du développement économique. Nous avons de belles perspectives de croissance pour nos structures.

A. - P. : Cette crise sanitaire a donc mis en lumière toutes les prérogatives des experts-comptables et a pu redorer l'image trop traditionnelle de la profession. Pensez-vous qu'elle souffre encore de certains clichés persistants ?

V. V. : Cette crise a été un révélateur de ce que sont réellement les experts-comptables.

Il faut capitaliser sur cette perception positive même si les clichés ont la vie dure.

Il faut retirer de l'esprit des gens, surtout des jeunes, que nous travaillons, enfermés dans un bureau 24h sur 24 et 7 jours sur 7. Nous devons communiquer sur ce qu'est réellement notre métier et sur la très grande diversité de nos missions.

A. -P. : S'agissant justement des jeunes diplômés, comment véhiculez-vous cette attractivité pour les inciter à intégrer des cabinets ? En cette rentrée, les embauches ont-elles été impactées par le contexte économique ?

V. V. : Pour ce qui est du recrutement, nous cherchons des profils si différents qu'un jeune qui souhaite travailler en cabinet n'aura aucun problème pour en intégrer un. Dans notre filière, les jeunes n'ont pas eu à pâtir de la crise pour trouver un stage ou un emploi. L'enjeu aujourd'hui et demain est de développer et de valoriser des vrais points de différenciation par rapport à la concurrence d'autres secteurs économiques. A cette fin, je veux développer et conserver les compétences, notamment en nouant des partenariats avec les établissements scolaires et les enseignants, en permettant la montée en compétence des collaborateurs par la mise en place de formations, adaptées et diplômantes, en partenariat avec des écoles ou instituts de proximité, et ce, sur tout le territoire national, en accompagnant les structures d'expertise comptable à mettre en œuvre de nouveaux modes d'organisation du travail et de nouvelles méthodes de management ou encore en positionnant la profession comme un acteur crédible sur les questions environnementales et sociétales. Sur ce dernier point, ma vision, mon projet est de créer une interaction avec les enjeux sociétaux et environnementaux, cela signifie de travailler le bien-être au travail, de développer le cabinet durable avec le déploiement d'une démarche RSE et de définir ce que nous voulons être demain, notre utilité dans un environnement qui évolue.

A. - P. : Vous qui êtes une femme expert-comptable, quel est votre regard sur la féminisation de la profession ? Évolue-t-elle dans ce sens ? Les femmes accèdent-elles facilement aux postes de direction des cabinets ?

V. V. : Aujourd'hui 28 % des inscrits à l'Ordre sont des femmes, mais on compte presque autant de femmes que d'hommes chez les stagiaires. Pour ce qui est de l'accès des femmes à des fonctions plus importantes, nous sommes touchés par les mêmes problématiques que dans d'autres professions en matière d'équilibre vie privée vie professionnelle. Cependant, la demande d'adapter notre cadre de travail à l'organisation d'une vie privée n'est pas que féminine, elle est générationnelle. Il est vrai que pour les générations les plus anciennes, cette évolution est plus compliquée, on a des métiers plutôt masculins, nous travaillons avec une clientèle plutôt masculine, qui a parfois du mal à prendre en considération des conseils provenant d'une femme. Dans nos cabinets, si les dirigeants sont davantage des hommes, 80% des collaborateurs sont des femmes et nous sommes en train de trouver un équilibre s'agissant des associés.

Sur le plan des instances professionnelles, nous sommes actuellement en période électorale et nous devons présenter à l'Ordre des experts-comptables des listes qui comprennent obligatoirement 30 % de femmes, a minima.




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