AccueilSociétéÉvolution du niveau de vie : qui sont les gagnants et les perdants depuis 2010 ?

Évolution du niveau de vie : qui sont les gagnants et les perdants depuis 2010 ?

De nombreux Français estiment que leur pouvoir d’achat est en baisse, paradoxalement aux chiffres des études et instituts. France Stratégie s’est donnée comme défi de faire une photographie réaliste de l’évolution du niveau de vie depuis 2010.
De nombreux Français estiment que leur pouvoir d’achat est en baisse.
© Adobe Stock - De nombreux Français estiment que leur pouvoir d’achat est en baisse.

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Entre 2010 et 2019, selon les chiffres de l’Insee, le pouvoir d’achat des Français a augmenté de 9,7 %. Pourtant, une part importante des Français considère que son pouvoir d’achat baisse. Cette impression de décalage a été le point de départ de la nouvelle étude de France Stratégie sur l’évolution du niveau de vie des ménages, depuis 2010.

« Notre méthode, qui repose sur des données en panel peu exploitées, permet de s’approcher de la façon dont l’évolution du niveau de vie est perçue par les Français, en complément des analyses traditionnelles macroéconomiques ou axées sur l’effet des réformes fiscales sur le pouvoir d’achat », explique Gautier Maigne, directeur du département Société et Politiques sociales de France Stratégie.

L’analyse consiste à suivre sur toute la décennie l’évolution de la situation d’un certain nombre de personnes — celles nées entre 1941 et 1980, qui avaient donc entre 30 et 69 ans en 2010 — et à observer l’évolution de leur pouvoir d’achat en comparant la dynamique de leur niveau de vie et celle des prix.

Des différences importantes entre classes d’âge

Il est vrai, l’évolution du niveau de vie tend plutôt vers l’augmentation que vers la baisse. Mais cette tendance générale ne s‘applique pas à toutes les générations. La hausse du pouvoir d’achat concerne uniquement pour les générations nées entre 1956 1980. Leur niveau de vie a augmenté entre 7 % et 15,4 %.

À l’inverse, les cohortes nées avant 1946 et déjà majoritairement retraitées — donc les personnes âgées de 65 à 69 ans en 2010 — ont vu leur niveau de vie moyen baisser de plus de 7 %, passant de 2 412 euros à 2 238 euros par mois en moyenne. Cette baisse provient en partie du passage à la retraite des salariés.

Enfin, France Stratégie note qu’au sein même de chaque cohorte, la situation n’est pas uniforme. « À titre d’exemple, pour la génération née entre 1971 et 1980 — dont le revenu a augmenté sur la décennie 2010 en moyenne — plus d’un tiers de la cohorte (37 %) a subi une baisse de pouvoir d’achat supérieure à 5 %, contre 47 % qui a connu une hausse de même ampleur ».

Les trajectoires fortement liées au cycle de vie

Ces évolutions différenciées entre classes d’âge ne sont pas spécifiques à la décennie 2010. Elles sont en grande partie liées au cycle de vie. Les actifs, plus jeunes, voient en général leur niveau de vie croître plus rapidement que celui des retraités.

Pour déchiffrer les dynamiques à l’œuvre, il nous faut distinguer trois facteurs qui influent sur le pouvoir d’achat : un « effet revenu », qui correspond au changement de niveau de vie explicable simplement par l’évolution des revenus primaires ; un « effet famille », qui correspond à l’évolution du nombre d’unités de consommation du ménage et un « effet redistribution », qui correspond à l’évolution du solde entre impôts payés et prestations sociales reçues.

France Stratégie constate que les « effet revenu » et « effet famille » sont d’une ampleur supérieure que l’« effet redistribution », quelle que soit la génération considérée. La génération 1971-1980 est celle qui a le plus bénéficié de l’« effet revenu », estimé par une augmentation globale du pouvoir d’achat de 7 %. L’« effet redistribution » joue bien un rôle d’amortisseur sur le niveau de vie des générations, « au sens où il joue positivement lorsque le revenu baisse et inversement, mais avec une ampleur limitée ».

Encadré : Données utilisées et méthodologie

Cette étude repose sur une approche par cohortes de naissance, où l’on suit les mêmes individus chaque année de 2010 à 2019 (soit 1,1 million de personnes au total). Les individus sont regroupés en cinq cohortes d’âge : trois cohortes d’individus en âge de travailler sur toute la période (ceux qui ont de 30 à 39 ans, 40 à 49 ans ou 50 à 54 ans en 2010), une cohorte d’individus partant à la retraite sur la période (55-64 ans en 2010) et une cohorte d’individus en âge d’être à la retraite sur toute la période (65-69 ans en 2010).

France Stratégie a principalement mobilisé l’Échantillon démographique permanent (EDP) de l’Insee, qui porte sur 4 % de la population résidant en France. Il permet de suivre les individus dans le temps et fournit de nombreuses informations sur la situation sociale et fiscale du ménage. « À partir de ces informations, nous reconstituons le pouvoir d’achat des individus ».

Les niveaux de vie des individus analysés dans cette note correspondent aux niveaux de vie de leur ménage. Ils sont calculés selon la méthode retenue par l’Insee, mais en tenant compte en plus de la taxe foncière sur la résidence principale et de l’ISF. L’évolution des prix est prise en compte, tous les montants présentés dans cette note étant en euros constants de 2019, en niveaux mensuels et par unité de consommation.

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