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Evolution des professions comptables : « Non, ce n'était pas mieux avant ! »

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Evolution des professions comptables : « Non, ce n'était pas mieux avant ! »
@ AP

« Ce qui est certain, c'est que le métier c'était pas mieux avant ! », s'est exclamé Philippe Barré, expert-comptable et commissaire aux comptes, lors d'une des plénières des Universités d'été de la profession comptable qui s'est tenue récemment à Paris. Ce professionnel du chiffre a su rassurer ses confrères inquiets en rappelant, à travers des anecdotes personnelles à la fois drôles et percutantes, que les évolutions technologiques sont positives pour l'expertise-comptable.

Moult fois tweeté et retweeté, Philippe Barré a conclu en beauté la dernière plénière des Universités d'été de la profession. C'est avec humour que ce comptable a décidé de faire passer son message. Un souffle de légèreté bien apprécié dans l'amphithéâtre rempli de près de 900 professionnels du chiffre, après une succession d'interventions plus sérieuses sur les problèmes sociaux contemporains.

Pour cette plénière intitulée “Et si c'était mieux (qu')avant ?”, les organisateurs avaient en effet invité sept intervenants, scientifiques, sociologues, économistes... avec l'ambition d'en revenir à l'histoire et à la science, « pour dépassionner les débats, apprendre à faire ensemble la part du vrai et du faux, et finalement nous réconcilier avec un optimisme éclairé, assurément plus constructif » (lire encadré).

« Au final, beaucoup d'idées reçues ont été bousculées et un peu de rationalité dans des débats souvent biaisés a été apportée... Merci à eux pour leur engagement permanent dans la défense de l'esprit des Lumières et de l'humanité », a commenté Laurent Benoudiz, président de l'OEC Paris-IdF.

Le stand-up de la compta

Philippe Barré est alors apparu sur scène tel un comédien américain spécialiste du stand up. Enchaînant les sketchs et les références musicales, historiques et technologiques, il a su conquérir les rires de l'assemblée en un rien de temps.

Le fondateur du think-tank Les Moulins, a enfin abordé le thème de l'évolution du métier d'expert-comptable pour le dédramatiser et mettre en avant toutes les opportunités que les innovations technologiques ont apporté à la profession.

« Notre vie a un peu changé grâce aux nouvelles technologies et c'est beaucoup plus facile qu'avant », explique-t-il en prenant pour exemple la recherche d'une musique sur Chazam ou d'un emploi sur le net, « et c'est encore mieux pour l'expertise », résume-t-il.

Le métier est ainsi passé des cahiers de tenue comptable et liasses fiscales « écrits à la main et bourrés de Tip-ex », à l'ordinateur avec sauvegarde sur disquettes, en passant par les fax et autres tableurs Excel, pour enfin être automatisés. « Avant, les secrétaires étaient vitales, dont choyées, en particulier pendant les périodes de liasses », plaisante ce dernier.

Sa genèse de l'arrivée des différentes technologies en cabinet d'expertise, depuis les années 1980, fait éclater de rire l'auditoire, ravi de se remémorer leurs débuts dans la profession.

« Philippe Barré nous a rappelé de manière particulière convaincante et drôle que non, ce n'était pas mieux avant dans l'expertise-comptable », a déclaré Laurent Benoudiz.

Un discours agréable et rassurant pour ses confrères qui n'ont pas manqué de le saluer.


Philippe Barré a conquis l'auditoire.

Des démonstrations qui dédramatisent

« Il faut sauver le capitalisme », a d'abord scandé Olivier Babeau, président-fondateur de l'Institut Sapiens, dans une intervention musclée sur l'économie de marché qui fait l'éloge de la propriété, du libre-échange et de la concurrence, les trois piliers du capitalisme. Pour l'économiste, il y a un lien incontestable entre l'économie de marché et le progrès social, notamment sur la richesse, la prospérité, l'éducation et les constructions.

Le sociologue Jean-François Dortier, qui se dit « humanologue » car il tente de comprendre qui sont les êtres humains « ce qu'ils ont dans la tête et dans le cœur », a présenté une étude de la violence. Ce chercheur distingue 5 types de violence différentes - guerres et conflits armés ; criminalité ; manifestation violente et répression policière ; violence domestique ; violences verbales et harcèlement – qui ont chacune connu une réduction au fil du temps. « On est dans un monde globalement beaucoup plus pacifié qu'il ne l'était alors qu'on le vit au contraire, comme un monde comme à feu et à sang », a-t-il expliqué.

La docteure en chimie des matériaux Kako Nait Ali, qui a soutenu une thèse sur le recyclage du plastique, a ensuite fait la plaidoirie des polymères qui ne doivent pas être éradiqués de nos placards mais mieux traités et recyclés. La chercheuse préférerait que nous modifiions nos usages plutôt que l'on remplace ces matériaux utiles. « S'attaquer au matériau et non aux comportements peut avoir des conséquences absolument dramatiques », souligne justement la chimiste.

Ce fut alors au tour de Tristan Kamin, ingénieur d'études en sûreté nucléaire, de partager ses connaissances et de rassurer l'auditoire sur le traitement des déchets radioactifs. La catégorie la plus dangereuse, « qu'on compte en piscines olympiques pour toute la France », pose problème car ces déchets restent radioactifs pendant plusieurs centaines de milliers d'années. Mais pas de panique car ces derniers sont vitrifiés, séchés et calcinés puis coulés dans du verre en fusion et enfin enterrée dans des puits ventilés dans des sortes de « tombeau géologiques » qui tiendront des centaines d'années.

Tout aussi optimiste, l'intervention sur le glyphosate donnée par Laurent Pahpy, ingénieur et économiste, a fait grincer quelques dents dans l'auditoire. « Attention car le sulfate de cuivre, utilisé par les agriculteurs bios, la fameuse bouillie bordelaise, est tout aussi dangereux que le glyphosate », a-t-il fait remarquer en défendant une utilisation raisonnée des pesticides de synthèse et des OGM.

Pour finir, le duo composé de Delphine Luginbul et Aurélie Pennel, coach et conférencière en psychologie positive, a boosté les experts-comptables avec un discours dynamisant sur la force de l'optimisme.


Delphine Luginbul et Aurélie Pennel, coach et conférencière en psychologie positive, ont boosté les experts-comptables en pleine transition professionnelle.




Anne MOREAUX
Journaliste

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