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Évolution de la formation en Europe

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Évolution de la formation en Europe
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Dans son dernier rapport, le Céreq fait l'état des lieux des offres de formation des entreprises européennes. Depuis les stratégies de Lisbonne en 2000 et “Europe 2020”, adoptée en 2010, l'Union européenne incite les entreprises à contribuer à la formation de milliers de jeunes, dans un objectif global qui vise « la croissance économique, une plus grande compétitivité et une plus grande cohésion sociale ».

Comme le rappelle le Céreq, bien qu'il n'y ait pas d'objectifs précis, la formation des salariés dans leur cadre de travail fait l'objet d'un règlement européen imposant aux États membres la collecte de données auprès des entreprises, tous les cinq ans. Alors que la France a mis en place une réforme de la formation professionnelle en 2018, incitant à des changements importants dans les pratiques de formation des entreprises, quels enseignements tirer de l'évolution comparée des pratiques de formation des entreprises européennes depuis 2005 ? Comment les entreprises françaises se comportent-elles par rapport à leurs voisines ?

État des lieux européen

Depuis 2005, les entreprises européennes s'impliquent de plus en plus dans la formation. La hausse du taux d'entreprises formatrices en est l'illustration. En 2015, 73 % des entreprises des 28 pays membres ont organisé des formations pour au moins un membre de leur personnel, contre seulement 60 % en 2005. La part la plus élevée d'entreprises formatrices se trouve en Lettonie et en Norvège (99 %) et la moins élevée en Grèce (22 %). La France se situe à 79 %, au-dessus de la moyenne européenne. En 2015, il ne restait plus que la Grèce et la Roumanie dans la “zone rouge” correspondant aux entreprises formatrices avec une faible application. A partir de 2010, la Belgique et le Luxembourg se distinguent par une forte implication, en croissance par rapport aux données antérieures. La part de salariés formés y est la plus importante en Europe, atteignant respectivement 54 % et 62 % en 2015, pour un nombre d'heures moyen de cours et de stages également le plus élevé (plus de 35 heures). C'est aussi dans ces pays que les écarts entre petites et grandes entreprises restent le moins marqués. La progression continue de la formation des entreprises en moyenne européenne masque donc des dynamiques différentes selon les pays.

Stabilité des entreprises françaises

En 2005, les entreprises françaises étaient parmi celles qui s'impliquaient le plus dans la formation de leurs personnels. Leur implication n'a cessé́ de croître depuis la loi de 1971 pour se stabiliser au début des années 1990. Malgré une succession de réformes, notamment depuis 2004 et la loi sur la formation professionnelle tout au long de la vie, la grande stabilité des indicateurs retraçant l'effort des entreprises françaises en matière de formation tels le taux d'entreprises formatrices (74 % en 2005, 79 % en 2015) ou le nombre moyen d'heures de formation par salarié (12,8 heures en 2005, 12,4 heures en 2015) est encore vérifiée sur la période 2005-2015. Avec près de 50 % des salariés qui suivent au moins une formation chaque année, une durée des stages de l'ordre de 25 heures, la France reste pour ces indicateurs dans la moyenne européenne et traduit un recours à la formation tourné, dans les faits, vers l'adaptation au poste. Dans l'hexagone, le recours aux autres types de formation – conférences, séminaires, rotation des postes, formation en situation de travail – et l'accueil d'apprentis sont en revanche plus faibles que dans d'autres pays européens.
Les formations en situation de travail, ou par rotation des postes, se sont imposées en Europe. Passant de 33 %, en 2005, à 44 %, en 2015. Cette tendance n'a pas su se développer en France, à cause d'un cadre législatif et réglementaire peu incitatif, qui jusqu'à maintenant favorisait les formations sous forme de stages et de cours. Cela pourrait changer grâce à la loi de 2018 “pour la liberté de choisir son avenir professionnel”. La France pourrait s'inscrire dans cette tendance européenne.

Les modèles voisins à suivre

À ce titre, certains pays tirent leur épingle du jeu en axant leur politique sur l'apprentissage et les formations en situation de travail. L'Allemagne a augmenté de plus de dix points ces deux types de formation, entre 2005 et 2015, pour des raisons avant tout culturelles. L'attention est portée sur l'acquisition de connaissances pratiques, à l'instar du Danemark et de son dispositif “nouvel apprentissage”, mis en place en 2010, qui comporte une année en entreprise sans formation théorique.
La fréquence des formations dépend de la conjoncture économique, du moins pour les petites et moyennes entreprises, qui n'étaient que 45 % à organiser des formations chaque année. En Espagne, la période de croissance à l'an 2015 montrait une hausse massive des formations, de fait qu'elle se hisse au niveau de ses voisins européens.
Au-delà de la croissance économique, l'Espagne dispose d'un éventail de subventions dirigées vers les entreprises formatrices. Par ailleurs, c'est en 2015 qu'un droit à la formation pour tout travailleur ayant un an d'ancienneté a été mis en place, comparable à la loi française de 1971 qui instaure l'obligation des dépenses de formation, et qui a fait décoller le recours à la formation en entreprises.
Idem pour l'Italie en 2000 et le Portugal en 2005 qui ont réformé leur système de formation professionnelle, et qui ont engendré une croissance réelle, essentiellement due aux petites et moyennes entreprises, « qui portent les changements les plus significatifs dans l'intensité et les pratiques de formation ».

Vers plus d'entreprises formatrices en France ?

Dans le contexte de crise sanitaire et surtout économique partout en Europe, l'investissement des entreprises pourrait se contracter. Malgré cela, France Stratégie souligne que « la performance des entreprises passera aussi par des organisations du travail flexibles capables d'optimiser rapidement la gestion des savoirs et des connaissances tout en développant les capacités d'apprentissage en continu ».
Pour le Céreq, « les entreprises devraient privilégier des formes d'organisation apprenantes, et que ces nouvelles méthodes seront plus aisées dans les pays où les vertus formatrices sont déjà largement exploitées par les entreprises ». La question est de savoir comment la France évoluera dans cette tendance, selon qu'elle profite ou non du contexte économique européen et du nouveau cadre législatif national.




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