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Et si la transmission d'entreprise était un des remèdes à la crise?

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Et si la transmission d'entreprise était un des remèdes à la crise?
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Face à la crise économique, la relance peut être boostée par la transmission d'entreprise en créant des PME et ETI françaises plus concurrentielles. Les différents intervenants de la conférence de clôture de la semaine Transfair 2020 intitulée « Transmission d'entreprise, levier du rebond économique » en sont convaincus. Selon eux, pour réussir l'opération, les mots-clés sont l'interprofessionnalité, la croissance externe et le dialogue.

Avec une crise économique, il y a beaucoup d'opportunités de cessions mais « ce n'est pas la gagne à la casse », a rappelé Dominique Restino, président de la CCI Paris. « La crise ne doit pas être le facteur déclenchant d'une cession ou d'un achat, il faut absolument s'inscrire dans un projet de long terme », a ajouté Guillaume Mortelier, directeur exécutif en charge de l'accompagnement et des fonds build-up chez Bpifrance.

Enjeu majeur pour cet avenir incertain, la transmission permet aux uns de minimiser les pertes et aux autres de maximiser les gains. Aujourd'hui, nombreux sont les entrepreneurs dont l'entreprise se portait plutôt bien avant l'arrivée de la pandémie et qui se trouvent face au mur de la dette et n'ont plus les moyens ni l'envie de remonter la pente seuls. C'est là que les acteurs de la transmission sont vitaux.

Créer des ETI fortes pour la relance

Dominique Restino a fait la promotion des opérations de croissance externe « pour se consolider et permettre à l'économie française d'avoir des ETI fortes ». En tant que cofondateurs de Transfair, il en a profité pour souligner que l'événement est devenu « majeur en Ile-de-France et retenti dans tout l'Hexagone puisqu'il s'est totalement digitalisé ».

« C'est l'équipe de choc, la Team France du transfert d'entreprise qui est là pour conseiller les dirigeants », a-t-il poursuivi avant de préciser que « le point majeur cette année est que nous avons été rejoints par la Région Ile-de-France et l'acteur incontournable qu'est Bpifrance pour accompagner ce maillage qui conseille les chefs d'entreprise ».

« Empiffrant à des dispositifs de prêts sans aucunes garanties qui permettent de compléter le financement bancaire », ont pu expliquer Guillaume Mortelier, en précisant qu'ils permettent de financer entre 15 000 et 17 000 opérations de transmissions chaque année. En parallèle de ces dispositifs de financement, la banque publique d'investissement propose aussi des services de conseil, notamment de l'accompagnement pendant les 100 premiers jours d'une reprise « qui sont absolument fondamentaux ».

« La crise a frappé les entreprises de façon très différenciée car les ETI ont continué de créer des emplois donc on voit bien leur forte résilience », a constaté Olivier Schiller, CEO de l'ETI Septodont et du METI.

« L'année 2020 a été celle de l'obtention des PGE et prêts rebond, des opérations de bas de bilan pour passer la crise. En 2021 va se poser la problématique de renforcer les hauts de bilan pour ne pas mettre en bas de la pile les sujets de capex et d'investissement que les entreprises peuvent avoir », a résumé Dominique Gaillard, président de France Invest, qui va financer 2 000 ou 2 500 ETI familiales l'année prochaine pour accélérer leurs croissances. « Nous ne sommes pas les loups dans la bergerie, on veut apporter plus que de l'argent mais aussi de la capacité de croissance externe, de la digitalisation et de la gouvernance », a-t-il précisé à ses détracteurs qui estiment que les fonds d'investissement se régalent de la crise.

« En France, on a pris conscience de la nécessité de chasser en meute et d'avoir des dialogues constants entre les organisations business », a déclaré Franck Margain, conseiller régional président de l'agence Choose Paris Région, convaincu de la nécessité de soutenir les PME des territoires et de les aider à se développer.

« La France est aujourd'hui le paradis fiscal des start-up. Aujourd'hui, c'est facile de créer en France, on a le on terreau, les écoles, l'accompagnement et l'investissement », a souligné plein d'optimisme Philippe Fraysse, président du fonds d'investissement Tree Channels « à l'affût des usages émergents » qui venait de signer sa 28e opération d'investissement de l'année et qui estime quant à lui que « la crise crée de très bonnes opportunités de reprise ».

Protéger les emplois

Franck Margain a détaillé les différentes aides régionales pour les entreprises en difficulté face à la crise, les différentes enveloppes de financement et leurs avantages pour soutenir les dirigeants pendant cette période délicate. Des dispositifs très importants dotés de moyens considérables puisque près de 100 000 milliards d'euros ont été prêtés aux entreprises en seulement 3 mois.

« La Région a mis en place deux mesures phares qui viennent faire le complément au PGE, notamment pour soutenir les secteurs en souffrance comme l'hôtellerie, le tourisme et le transport, l'événementiel et le divertissement. Le fonds résilience et le prêt rebond abondé de 300 millions d'euros. La Région est très sensible à l'impact de la crise auprès des PME qui vont beaucoup souffrir encore, parce qu'arrive devant nous un tsunami sur les grandes entreprises car la demande mondiale va s'essouffler, donc il faut qu'on soit solidaires en ce moment pour passer 2021 », a-t-il souligné.

« Il y a un enjeu capital, surtout cette année et celles qui arrivent, c'est l'emploi », a rappelé Dominique Restino. « Le facteur humain reste déterminant », a confirmé l'investisseur Philippe Fraysse.

L'avocat du Barreau de Paris Jean-Charles Krebs, secrétaire général de la Carpa, a abordé les aspects juridiques des dispositifs du plan de relance et observé « une assez grande disparité sur le terrain parmi les entreprises qui ont bénéficié du PGE », et soulevé la problématique de leur capacité de remboursement qui risque de mettre en danger des emplois. L'avocat conseille ainsi « d'éviter d'utiliser le PGE pour autre chose que la trésorerie », donc de ne pas dépenser les fonds prêtés pour faire des investissements mais d'en garder en réserve pour payer les employés et les fournisseurs.

Le barreau de Paris a engagé un plan spécifique intitulé « la relance économique par l'accès au droit » financé par sa Carpa, car « il ne faut surtout pas négliger de prendre en compte les difficultés juridiques que rencontrent les entreprises de petites tailles comme les baux commerciaux, la gestion des RH et le traitement de l'endettement, et particulièrement les commerçants et artisans qui n'ont pas vraiment accès au droit », a-t-il précisé.

« L'export a un vrai rôle d'amortisseur de la crise », a rappelé Olivier Schiller en précisant qu'au niveau sectoriel, les commerces et l'aéronautique ont toutefois beaucoup souffert. « Quand la pandémie a frappé les Amériques la Chine a repris le business ce qui a été bénéfique et a pu limiter l'impact sur l'import-export français ». Grâce à ça, il y a encore pas mal de reprises, notamment dans les secteurs du BTP, a expliqué l'expert.

Dialoguer et se faire accompagner

Qu'il s'agisse des témoignages de conseillers à la transmission, d'avocat, d'entrepreneurs investisseurs ou de repreneurs, les intervenants s'accordent tous sur la nécessité de se faire bien conseiller et accompagner pendant toutes les phases d'une cession ou reprise d'entreprise.

De la naissance du projet à sa réalisation puis aux premiers mois d'exécution, il convient d'être accompagné et soutenu. Par ailleurs, selon Dominique Restino « le marché caché de la cession est très important » d'où l'importance du réseau et du dialogue.

Toutes les aides sont utiles. Ainsi, pas moins de 75 000 dirigeants sont inscrits sur la plateforme Bpifrance université « pour se familiariser et se poser les bonnes questions », s'est réjoui Guillaume Mortelier.

« La participation des avocats au tour de table qui accompagne la reprise d'entreprise est essentielle », a ainsi assuré Maître Krebs. « Malheureusement, l'essentiel de la crise économique est sans doute devant nous donc les entreprises ont besoin d'être accompagnées », a-t-il ajouté en abordant les différentes aides financières et l'éventualité d'une cession.

Bien accompagnés, les dirigeants sont beaucoup moins anxieux et arrivent à mener à bien des projets business malgré la crise. « Le Covid nous a fait davantage accélérer sur notre transformation digitale en 3 mois que ces 10 dernières années, nous avons même créé un e-sport lab et je pense que nous ferons des acquisitions et des opérations de croissance externe en 2021 », a d'ailleurs témoigné Frédéric Giraud, président d'Uzyne.

Enfin, Niels Court-Payen, président de A plus Finance, a abordé la question de l'importance de la RSE pour rebondir. Un sujet à ne pas oublier, surtout en période de crise sociétale. « Il y a une tendance lourde en ce moment qui est celle des sociétés à mission », s'est-il réjoui. Les prochaines grandes ETI françaises qui feront la relance du pays seront-elles fortement engagées ?




Anne MOREAUX
Journaliste

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