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Esker France : des relations inter-entreprises plus vertueuses pour une meilleure relance

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Esker France : des relations inter-entreprises plus vertueuses pour une meilleure relance
©Adobe stock

Le 20 avril dernier, Esker a organisé une table ronde digitale sur le rôle des entreprises dans la relance économique, notamment au travers de la réduction des délais de paiement, de la mise en place d'une gouvernance clients-fournisseurs vertueuse, d'une solidarité entre donneurs d'ordre et fournisseurs et de nombreux autres exemples de bonnes pratiques en ce sens.

Intitulée « les relations inter-entreprises subissent de plein fouet la crise, comment en finir avec le chacun pour soi ? », cette conférence fut l'occasion d'un partage de témoignages concrets et d'analyses de la nécessité d'instaurer une nouvelle gouvernance des relations clients-fournisseurs. Autour de la modératrice Justice Le Goas, les participants Thierry Pralong, responsable du service comptabilité aux Chantiers de l'Atlantique, Pierre Pelouzet, Médiateur des entreprises et Emmanuel Olivier, directeur général d'Esker, se sont exprimés sur la solidarité inter-entreprises en cette période de crise sanitaire et la création d'écosystèmes industriels vertueux pour des relations inter-entreprises plus solidaires.

Avec la crise, les délais de paiement sont devenus une question de survie pour beaucoup de petites et moyennes entreprises (PME) et industries (PMI) qui restent profondément impactées par la crise. Et ce même si, selon l'Insee, le PIB français n'a chuté « que » de 8,3 % en 2020. Il apparait nécessaire, en ces temps de crise, de réintroduire plus d'équité et de solidarité dans les relations inter-entreprises. Mais quelles bonnes pratiques adopter et avec quels outils ? Les technologies peuvent-elles vraiment participer à la création d'écosystèmes clients-fournisseurs plus vertueux ? Autant de questions pour lesquelles les intervenants ont tenté de répondre.

Etat des lieux des relations inter-entreprises

Comme l'a rappelé Pierre Pelouzet, le médiateur des entreprises est un service public qui pour mission de renforcer la confiance entre les acteurs économiques, d'autant plus nécessaire en cette période de crise, et de résoudre les conflits qui naissent entre eux. Ce dernier a pu noter, durant la crise sanitaire, une hausse fulgurante des demandes, qui ont été multipliées par dix entre le 1er et le 15 mars 2020. Actuellement, si la tension n'est plus aussi tendue qu'au premier confinement, elle reste haute : le taux de saisine du médiateur des entreprises est 3 à 4 fois supérieur à celui habituel. La médiation a notamment traité des problèmes de loyers entre commerçants et leur bailleur, les phénomènes de rupture brutale de contrats et les retards de paiement, qui ont été considérables au printemps dernier. Ce dernier sujet est si crucial qu'un comité de crise a été mis en place sous l'impulsion du ministre de l'Economie et du gouverneur de la Banque de France. Plus de 40 cas ont nécessité une intervention, notamment dans de grands groupes. Selon un sondage réalisé par son service, 13 à 20 % des entreprises continuent de subir des retards de paiement et certaines pratiques dilatoires persistent. Or, le nerf de la guerre de la sortie de crise est l'argent. « Le crédit inter-entreprise c'est 700 milliards d'euros. », a rappelé le médiateur, de même que le premier poste de trésorerie des entreprises est les clients. Certains ont d'ailleurs décidé, durant la crise, de payer plus tôt afin d'aider les entreprises. C'est donc bien la solidarité entre acteurs économiques qui permettra d'accélérer la reprise économique.

Justine Le Goas, Emmanuel Olivier, Pierre Pelouzet et Thierry Pralong

Exemple de relations solidaires côté donneur d'ordres

Les Chantiers de l'Atlantique, basés à Saint Nazaire et connus pour avoir construit le plus gros paquebot du monde, sont l'un des leaders de la construction navale de navires civils et militaires. Forts d'un chiffre d'affaires de 1,7 milliard d'euros, ils comptent près de 3 000 salariés et autant de fournisseurs, avec qui ils ont une relation très forte. Tout d'abord parce qu'ils signent des contrats à long terme avec leurs fournisseurs, leur permettant ainsi d'investir. Cette relation très forte est également marquée par l'actionnariat des Chantiers de l'Atlantique, qui compte une vingtaine de sociétés locales. Dès le début de la crise, la société a tenu à aider les fournisseurs à passer cette épreuve afin qu'ils soient présents lors du redémarrage économique. Pour cela, le service comptable de la société a priorisé ses tâches pour continuer à payer à l'heure ses salariés et ses fournisseurs, pour qu'eux-mêmes puissent continuer à payer leurs salariés dans les temps. La communication en interne a également été très importante pour rappeler à tous que malgré le confinement les fournisseurs ne devaient pas être payés en retard. Enfin, pour motiver les équipes au début du premier confinement, tous se sont donnés comme challenge de dépasser le record des 8 000 factures payées en un mois. Le service comptabilité a été si efficace qu'il a pu payer tous les fournisseurs avec un jour d'avance.

De son côté, Esker, spécialiste de l'automatisation des processus documentaires et de la dématérialisation des documents de gestion dans le monde entier, témoin privilégié de la vie économique en France et dans le monde, a également ressenti un choc économique violent sur ses plateformes : avec -20 % de volumes de documents échangés au niveau mondial, de mars à mai 2020, et jusqu'à 30 % en France. La société a également à cœur d'être opérationnelle en termes de délai de paiement et la dématérialisation des processus comptables a permis aux clients d'anticiper les difficultés liées à la crise. La dématérialisation est d'ailleurs d'un sujet sur lequel Esker travaille avec ses clients, l'objectif étant d'en garder la maitrise et d'en garantir l'exécution.

Délais de paiement : vers une nouvelle culture d'entreprise

Comme l'a ensuite expliqué Thierry Pralong, les délais de paiement est, depuis plusieurs années déjà, une priorité des Chantiers de l'Atlantique, en raison des contrats de longue durée conclus avec les fournisseurs, qui sont indispensables à l'entreprise. D'où la volonté de cette dernière de toujours les payer à l'heure. Le responsable du service comptabilité a également insisté sur l'importance de la confiance réciproque entre entreprise et fournisseur. « En retour, on se doit d'être irréprochable », a-t-il insisté. A ce titre, les équipes qui échangent avec les fournisseurs et les sous-traitants ne doivent pas avoir besoin d'aborder le sujet de factures impayées. Les délais de paiement sont donc devenus un objectif de l'entreprise : la direction générale des Chantiers a imposé en ce début d'année d'atteindre 98,5% de factures payées à l'heure. Pour cela, la première solution a également été la dématérialisation des factures pour gagner du temps, éviter les saisies et gagner en traçabilité, c'est-à-dire savoir à tout moment où se trouvent les factures des clients et à quel stade de traitement elles en sont.

Renforcer la responsabilité des grands donneurs d'ordres

Pierre Pelouzet a également insisté sur l'importance de payer à l'heure dans le cadre de la relance économique. Il a ainsi rappelé qu'un jour de retard engendre une perte d'un milliard d'euros pour l'économie française. Les grandes entreprises doivent donc prendre conscience que chaque jour compte. Comme l'a souligné le médiateur des entreprises, ces dernières ont souvent des comportements proches de ceux humains : il y a les « égoïstes » qui ont arrêté de payer pendant la crise, celles qui ont paniqué et avaient des systèmes informatiques qui ne leur permettaient pas payer les factures en télétravail, celles qui avaient de vraies difficultés financières et qui ont pu payer les fournisseurs grâce aux aides d'Etat. Enfin, certaines entreprises ont, soit inchangé leurs comportements malgré la crise, soit été solidaires et payé à l'heure, voire en avance.

Il faut pousser les solidaires pour en avoir de plus en plus, faire en sorte que ceux qui faisaient comme d'habitude avancent vers la solidarité et ramener les égoïstes vers des actions plus correctes », pour Pierre Pelouzet.

L'objectif étant de gagner des jours de paiement et réinjecter de l'argent dans la trésorerie. Cela nécessite donc aussi une prise de conscience de l'importance des fournisseurs. Or, « on n'a pas assez conscience dans notre pays de l'importance de cette solidarité pour l'économie », a-t-il estimé. Pour y remédier, il faut de motiver les équipes, de redonner de la perspective à chaque membre de l'entreprise et que chacun se responsabilise.

De son côté, Emmanuel Olivier a rappelé que chaque maillon d'une chaine inter-entreprises contribue à la création de valeur mais peut aussi être un point de rupture potentiel. En France, la culture, davantage pyramidale et hiérarchique que dans d'autres Etats européens, se voit aussi dans les structures des entreprises. Prenant l'exemple de l'Allemagne, il constate que de très grandes ETI leaders sur leur métier fonctionnent « avec autour d'elles un écosystème qu'elles font vivre, qui les fait vivre et qui font leur force ». Résultat, en Allemagne, les délais de paiement sont respectés. D'où l'importance, dans une vision à long terme, d'avoir de grands groupes qui créent de la valeur au sein d'écosystèmes fondés sur la coopération inter-entreprises, sur de la croissance positive. Les entreprises françaises devraient suivre ces exemples inspirants, s'entourer d'un écosystème développé de manière vertueuse pour, in fine, réussir leur relance économique.




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