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Entretien avec Veta T. Richardson, présidente de l'ACC

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Entretien avec Veta T. Richardson, présidente de l'ACC
© A.P. - Veta T. Richardson, présidente de l'ACC.

Le congrès annuel de l'Association of corporate counsel (ACC) Europe, s'est tenu récemment à Paris sur le thème de la place prépondérante des juristes dans la nouvelle économie. Intitulés « Developing leadership for uncertain times », ces trois jours de colloque international ont donné des clés aux directeurs juridiques afin qu'ils puissent traiter les réformes majeures et prendre place au comité stratégique de leur entreprise. Rencontre avec la présidente de l'association.

Affiches Parisiennes : Depuis quand présidez-vous l'ACC ?

Veta T. Richardson : J'ai commencé mon premier mandat de présidente de l'association en juillet 2011. Cela fait déjà presque sept ans !

A.P. : Quel objectif poursuit cette association ?

V.T.R. : Notre association s'est fixée pour but de promouvoir l'intérêt des avocats en entreprise et des directeurs juridiques tout en créant un réseau où ces derniers peuvent partager des informations, leurs expériences et leurs ressources. Et ce, à un niveau international, car l'association a des membres présents dans 85 pays et sur six continents. Les membres de l'ACC s'inscrivent pour trois raisons principales : le réseau, la formation et les ressources.

"Les membres de l'ACC s'inscrivent pour trois raisons principales : le réseau, la formation et les ressources."

Ils souhaitent d'abord intégrer un réseau de confrères international pour partager des expériences et s'ouvrir à des opportunités à l'étranger. Ils veulent ensuite se tenir informer des dernières réformes et des enjeux internationaux. Enfin, il s'agit d'avoir accès à des ressources documentaires, partage de modèles de contrats, de clauses, chartes internes… et des guides pratiques.

A.P. : Vous êtes-vous fixé des priorités pour votre mandat ?

V.T.R. : Mes objectifs principaux sont d'offrir le meilleur service aux membres de l'association et de parfaire les trois principales raisons pour lesquelles les juristes deviennent membres de l'ACC. Je passe ainsi la majeure partie de mon temps à réfléchir avec le conseil d'administration sur la manière dont nous pouvons être le plus serviables auprès des directeurs juridiques. Nous essayons aussi de faire en sorte que leur rôle soit davantage respecté au sein de leur entreprise, car nous savons qu'ils représentent des talents pouvant apporter beaucoup à la stratégie business. Nous souhaitons que nos membres intègrent la table des négociations de leur organisation et puissent participer à leur développement. Aujourd'hui, être un business partner est essentiel.

A.P. : Quels sont les thèmes et les angles qui ont été développés lors de ce congrès ?

V.T.R. : Les directeurs juridiques ne peuvent apporter leurs compétences particulières aux organisations que s'ils conquièrent « un siège à la table » de prise de décision. Ils doivent donc participer au conseil d'administration et être consultés en amont des grandes décisions stratégiques plutôt qu'en aval, une fois qu'un problème survient. Le développement du busines doit se faire en considération du droit et de la compliance. C'était le sujet majeur de ce congrès.

"Nous souhaitons que nos membres intègrent la table des négociations"

Pour ça, ils doivent être compétents sur tous les enjeux juridiques touchant le business comme le RGPD ou le Brexit. Avec le conseil d'administration de l'association nous avons essayé de construire un congrès comprenant de nombreuses conférences sur le leadership, le rôle du juriste, comment trouver une posture de business partner et se faire respecter et considérer par le conseil d'administration… Nous avons donc travaillé sur le renforcement de la perception du conseil juridique.

A.P. : Quelles sont les différences entre les general counsels européens et anglo-saxons ?

V.T.R. : Une des grandes différences entre les pays est le statut d'avocat. Dans les pays anglo-saxons, les directeurs juridiques n'ont pas besoin de s'omettre du barreau lorsqu'ils entrent en entreprise et conservent ainsi leur secret professionnel. En France, et dans beaucoup de nations européennes, une fois entré en entreprise, l'avocat devient juriste et perd son secret professionnel.

Le fameux legal privilege est donc parfois très limité ce qui impact l'exercice professionnel des juristes, ce que de nombreux membres dénoncent. Ils souhaitent que cet écart se résorbe avec l'obtention d'un même legal privilege pour tous les juristes.

Par ailleurs, il me semble qu'en Europe, les juristes commencent leur formation directement sur des voies juridiques, alors qu'aux Etats-Unis et ailleurs, les étudiants suivent des matières plus variées comme l'économie, la littérature… En France, les juristes font minimum cinq ans de droit, alors qu'aux USA les étudiants de premier cycle suivent n'importe quelles disciplines avant de faire trois ans de droit. Donc je pense que ça forme des groupes de juristes bien instruits ayant des compétences très diverses. Ceux qui n'ont qu'une formation strictement juridique se sentent moins à même d'incarner un business partner. Ces derniers suivent d'ailleurs parfois un autre diplôme de commerce, de marketing ou de business pour compléter leur formation.




Anne MOREAUX
Journaliste

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