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Entreprises : comment valoriser vos données ?

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Entreprises : comment valoriser vos données ?
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à l'aune du salon du Big Data, et juste après celui sur la cybersécurité, le Medef a organisé récemment une conférence sur la propriété, le partage et la valorisation des données. L'occasion de démontrer aux dirigeants d'entreprise que, quelle que soit la taille de leur structure, la gestion de leurs données est un véritable atout à leur portée.

Dans un monde où les données stockées augmentent 4 fois plus vite que l'économie mondiale, avec environ 2,5 trillions d'octets de données produites chaque jour, la nécessité de gérer et analyser ces dernières fait jour. Les données constituent aujourd'hui un gisement de valeurs, d'opportunités et d'innovation offrant des perspectives de croissance et de compétitivité aux entreprises.

L'or numérique

« La data promet-elle une véritable cité d'or ? », interroge Vincent Barbey, CEO d'Ocentis, président du groupe de travail “Valorisation des données” du Medef.

Les entreprises semblent y croire car elles se lancent dans ce travail de titan que l'on nomme le Big data, défini par la théorie des 3 V : volume, vitesse et variété. Volume pour la quantité de données astronomiques générées par les entreprises et les personnes, vitesse pour la célérité avec laquelle les données affluent (et la fréquence à laquelle elles sont générées, capturées, diffusées et partagées), et variété pour la diversification des types d'informations récoltées et de leurs sources.

Le marché du Big data est trusté par les Américains et bientôt par les Chinois. Il y a urgence car les usages numériques sont déjà là. Si l'on parle toujours des GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft), on voit déjà l'essor des BATXI (Baidu, Alibaba, Tencent et Xiaomi), et l'Europe reste à la traîne. Le Medef souhaite ainsi motiver ses troupes pour qu'elles se lancent dans la valorisation des données, une activité très rentable pour toutes les entreprises. Ce qui est certain selon Vincent Barbey, c'est que « la confiance et la maîtrise de la donnée représentent quelque chose de très important aujourd'hui ».

Cependant, les projets data sont encore trop souvent le fait d'initiés qui ne répondent pas directement à des besoins métiers... De fait, les projets de grande ampleur sur le marché français restent encore le pré carré de secteurs historiquement et culturellement data-centric (télécoms, utilities...). Pour que cela change, il faut repenser la méthodologie sous l'angle de l'expérience utilisateur. Ainsi, les équipes opérationnelles pourront intégrer l'analyse et le recueil des données plus facilement et comprendront l'intérêt du processus.

Quid de l'exploitation

« Pour commencer, il faut d'abord prendre conscience de son capital données », explique Cédrine Madéra, executive information architect chez IBM, qui met en lumière l'importance de l'accès à l'information, en pleine confiance. « Il n'y a pas de magie mais des processus et de la cartographie », précise l'intervenante.

La collecte et le traitement des données sont compliqués car les données sont parfois « très sales » et nécessitent d'être « nettoyées » pour en tirer de la valeur. « De ce nettoyage on crée la confiance et la traçabilité », déclare l'experte. Cette première phase de nettoyage coûte 80 % du temps et du coût d'une opération de valorisation des données.

Aujourd'hui, le Big data n'est plus réservé aux grandes entreprises car pour commencer à exploiter de la donnée, on n'a pas besoin d'énormément de choses finalement. « Le Small data, une nouvelle expression, montre qu'une démocratisation se crée en matière d'exploitation de la donnée », confie Cédrine Madéra.

Pour preuve, les entretiens réalisés par le groupe de travail “Valorisation des données” du Medef qui a interviewé des entreprises qui se lancent dans le process, notamment une petite PME dans le fitness qui a pu témoigner que c'est très utile et efficient pour améliorer ses services à un coût tout à fait modique.

Sophie Le Pallec, responsable des relations institutionnelles de GS1 France, aborde quant à elle l'interopérabilité des données, qui doivent être comprises partout pour pouvoir circuler. Cette professionnelle travaille depuis plus de 40 ans à définir un langage commun aux entreprises pour qu'elles puissent partager leurs datas, en construisant des référentiels. « Une donnée doit pouvoir être interprétée, on doit donc lui donner du sens au niveau sémantique », déclare l'experte.

Quand la filière se lance

« Il y a du sens à collecter de la donnée à l'intérieur d'une entreprise car ça permet d'optimiser ses process. C'est pareil à l'échelle d'une filière », explique Sophie Le Pallec en prenant l'exemple de l'optimisation du secteur des transports, notamment sur les lieux de livraisons et l'état du trafic. Le simple fait de partager ses données d'agenda et de plans de circulation au niveau de la filière ferait économiser du temps et des coûts très importants aux entreprises de livraison.

Jean-Christophe Lagrange, directeur marketing et innovation du groupe Derichebourg, membre de la fédération des entreprises de propreté (FEP), illustre aussi bien ce principe. La FEP a récemment confié au cabinet Lexing Benssousan l'étude des appels d'offres auxquels les membres de la fédération répondent, afin qu'ils se positionnent mieux lors de la rédaction des cahiers des charges. Une mise en commun de documents riches d'enseignements pour cette filière de la propreté.

Cette mise en commun a aussi du sens en vue de la commercialisation des données.

Monétisation Vs valorisation

Pour le moment, les entreprises françaises sont beaucoup plus dans la valorisation que dans la monétisation de leurs données, c'est-à-dire qu'elles ne les vendent pas encore. Toutefois, c'est déjà « très bien » pour Alexis Rousset, manager “digital et data strategy” de Kypnase, selon qui « connaître ses données et les traiter est très important ». Pour lui, les process métiers sont primordiaux car c'est l'humain qui active le résultat de l'analyse des données.
« C'est bien beau d'avoir des scorings mais il faut faire des actions derrière », lance-t-il. En effet, après avoir cartographié ses données, il y a toujours des actions concrètes et humaines à mettre en place pour les valoriser.

Pour Jean-Christophe Lagrange, directeur marketing et innovation du groupe Derichebourg, le mot-clé c'est l'UX (User eXperience), car le point de vue du client utilisateur est essentiel à la démarche de valorisation des données. « La révolution c'est le U, l'utilisateur. Pour connaître ce U il faut capter la data ». Ainsi, ces données ont permis de faire émerger de nouveaux besoins clients, notamment être disponible beaucoup plus souvent et ne pas toujours agir la nuit, « non plus sur un mode fréquentiel mais sur des nouvelles plages horaires et de nouveaux services ».

En outre, Alexis Rousset souligne qu'« il y a quelques exemples de monétisation, notamment de la part des grands centres commerciaux ou des banques » ou bien des secteurs prêts à acquérir de grands volumes de données comme l'assurance, l'automobile ou encore la santé.

Secteurs d'activité où le Big Data est roi

Marketing

La connaissance client est toujours au cœur de la démarche Big Data, voilà pourquoi le marketing a été précurseur et reste le premier fournisseur de cas d'utilisation et de valorisation de la donnée. C'était un des premiers secteurs à se lancer et à investir massivement dans l'analyse des données.

Fraude

On recense de plus en plus de cas d'usages de Big Data dans les secteurs bancaire et télécoms en matière de détection des fraudes. Le machine learning leur permet de détecter les signaux faibles et de minimiser les pertes.

Supply chain

L'industrie explore beaucoup le champ de la maintenance prédictive des machines, un usage ayant évolué en quelques années et qui prend désormais une place de plus en plus importante dans les process de chaîne logistique d'approvisionnement.

Juridique

De plus en plus d'applications de Big Data se développent dans le domaine légal, notamment en matière d'analyse contractuelle, mais avec un taux d'adoption encore assez faible.




Anne MOREAUX
Journaliste

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