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À quoi va ressembler l'entreprise dans 10 ans ?

Dans le cadre du cycle de conférences Human After All, la Mutinerie, une communauté d'entrepreneurs qui organise des événements et des formations pour des freelances et des salariés, a récemment animé une conférence intitulée « L'entreprise tribu ». Deux entreprises ont présenté leur nouvelle gouvernance…
À quoi va ressembler l'entreprise dans 10 ans ?
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« A quoi peut ressembler l'entreprise dans 10 ans ? » demande le médiateur. Il donne la parole à Nadia Remerand-Turgné, consultante interne aux ressources humaines de la Maif (une société d'assurance mutuelle française) et à Duc Ha Duong, à la tête de la société Officience, un service numérique offshore pour les entreprises. Tous deux proposent deux nouveaux concepts de travail en entreprise.

L'objectif sur le long terme est la création d'un contrat de travail unique qui permettrait aux salariés de travailler dans plusieurs entreprises.

Nadia Remerand-Turgné est à la tête du projet Happy Mobility qui permet aux collaborateurs au sein de la Maif de travailler dans une autre entreprise partenaire pendant une période de quatre mois à un an. Ce projet veut promouvoir l'enrichissement personnel, l'expérience professionnelle et l'échange de talents. La personne peut aller travailler dans une start-up qui fait de l'économie collaborative ou dans une PME, tout en gardant son contrat de travail avec la Maif. « Pour l'instant, les personnes reviennent mais si elles ont un coup de cœur pour l'entreprise dans laquelle elles vont travailler, la Maif facilitera ce nouveau mariage, car personne n'est irremplaçable, les talents doivent circuler » affirme la pilote du projet. Happy Mobility a été mis en place il y a un an. Selon Nadia Remerand-Turgné, l'objectif sur le long terme est la création d'un contrat de travail unique qui permettrait aux salariés de travailler dans plusieurs entreprises. Ce contrat existe déjà plus ou moins au sein des groupements d'employeurs. Ces derniers mettent à disposition des entreprises, qui ne peuvent embaucher à temps plein, des salariés qui vont travailler partiellement dans ces entreprises pour comptabiliser au final un CDI à temps plein.

Le leader est désigné quand un certain nombre de personnes décide de le suivre.

Duc Ha Duong, quant à lui, a complètement révolutionné le fonctionnement de son entreprise de service numérique, Officience, installée au Vietnam et comptant 300 salariés. Il est passé d'une structure classique d'entreprise, avec une équipe de marketing et de commerciaux, à une structure basée sur le leadership et la pression par les pairs. L'entreprise n'a plus ni manager ni actionnaires, mais des leaders définis naturellement selon leur compétence. « Le leader est désigné quand un certain nombre de personnes décide de le suivre » précise Duc Ha Duong. Des groupes d'individus se forment autour de ces leaders. Et quand une décision doit être prise, comme l'augmentation du salaire, le leader et les suiveurs du groupe en discutent sur le chat de l'intranet de l'entreprise. La décision est ensuite publiée et vue par tous les autres groupes. Ces derniers choisissent alors de soutenir ou de condamner la décision. « Nous sommes une entreprises libérée » souligne-t-il.

Néanmoins, ce modèle de gouvernance ne s'applique pas à toutes les entreprises, selon Jeremy Cledar. Il a cofondé Welcome to the jungle, une start-up qui permet d'aider les jeunes de 20-35 ans à trouver une entreprise selon leurs aspirations professionnelles. Il s'interroge sur le modèle de pression par les pairs de Duc Ha Duong : « Ce modèle pourrait-il marcher dans une entreprise comme Axa avec plusieurs centaine de milliers de salariés ? Si l'entreprise est cotée en bourse, qui va parler aux marchés financiers au nom de l'entreprise ? Qui va prendre la décision de licencier des salariés quand ça va mal ? »

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