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Entreprendre en 2021 : utopie, fantasme ou réalité ?

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Entreprendre en 2021 : utopie, fantasme ou réalité ?
© Adobe Stock

L'agence RB & Associés, cabinet de conseils et stratégies en relations presse et relations publiques a tenu sa première édition 100% en ligne des « Ateliers RB », le 25 février 2021 sur la thématique « Entreprendre en 2021 : utopie, fantasme ou réalité ? ». Les ateliers RB sont organisés en partenariat avec la Mairie du 17ème arrondissement, Les Affiches Parisiennes et Sparte RH Groupe.

Comment la crise est vue par nos experts ?

Le débat a été ouvert par Benjamin Mallo qui observe que « nous avons perdu 20 à 30% d'attractivité économique, notamment dans le domaine du commerce et de la restauration, sur le 17ème arrondissement ». De nombreux domaines de notre économie ont été en grande difficulté au cours de l'année 2020. C'est notamment le cas pour le domaine aéronautique pour qui le mois de mars 2020 a été très compliqué a expliqué Steve Camer et les mois qui ont suivi ont été particulièrement difficiles en raison de la très faible activité mais aussi du peu de retour des clients, eux aussi impactés par la crise. Pour Ulrich Nzuzi, malgré une croissance de 38% de sa start-Up « Opp-Chain », la crise a représenté « un manque à gagner de 30% ». Ce qui montre que même les secteurs d'avenir comme les nouvelles technologies, ici la blockchain, ont subi les effets négatifs de la crise. A contrario, l'entreprise de Serge Kinkingnéhun n'a connu aucun problème en 2020 car, étant dans le domaine médical, elle fait partie des entreprises qui ont connu une hausse d'activité en 2020.

Concernant les effets sur les recours, « si une baisse des saisies a été constaté », selon Marion Paoletti « celle-ci peut s'expliquer par une grève en début d'année 2020 et par une fermeture des tribunaux pendant plusieurs semaines ». Ainsi, « la révolution de 2020 sera visible en 2021 ».

La crise : catastrophe ou opportunité ?

2020 a été une année paradoxale au point de vue de l'entreprenariat. En effet, comme expliqué par Emmanuel Lafont « en 2020, il y a eu 35 000 créations d'entreprises en plus par rapport à l'année précédente. Par ailleurs, les levées de fonds ont été en progression de 17,4% pour un montant de 5,4 milliards d'euros ». Comment expliquer ce paradoxe ?

Selon Serge Kinkingnéhun, « la crise teste la résilience et l'innovation des start-ups » ; ainsi prenant l'exemple d'un fabricant de vêtement français qui a compensé la fermeture des commerces par de la vente en ligne, il a démontré qu'en s'adaptant, il était possible de maintenir une activité voire de se développer. Pour Steve Camer, « les petites sociétés sont plus agiles et plus flexibles, elles ont donc pu s'adapter plus vite et plus facilement au contexte pour survivre ». Plus généralement, comme l'a rappelé Ulrich Nzuzi, « la crise est source de difficulté mais elle apporte aussi des opportunités d'innovation ». C'est par la création et l'innovation qu'on peut sortir efficacement d'une crise ». Ainsi, la crise peut aussi être vu comme une opportunité et pas seulement comme une catastrophe économique.

Comment sont vu les aides mises en place par l'état pendant cette crise ?

Nos experts ont une vision critique des aides apportées par l'état pendant cette crise. Tout d'abord, les aides ont été critiqué car « entre les aides de l'Etat, des régions, des métropoles et des communes, il y a pléthore de dispositifs et il est difficile de s'y retrouver » comme l'a expliqué Benjamin Mallo. De plus, « les banques n'ont pas toujours suivi ». Par ailleurs, « certaines aides sont dures à obtenir » a souligné Ulrich Nzuzi.

Ensuite, le montant des PGE a été critiqué. « Les PGE sont dérisoires par rapport aux besoins » selon Ulrich Nzuzi, « les aides de l'Etat compensent des pertes mais ne les remplacent pas ». Steve Camer lui « n'a pas utilisé le PGE qui sert actuellement de trésorerie et peut permettre de compenser les retards de paiement des clients ». Alors que pour Serge Kinkingnéhun, « les aides ont permis de tenir voire de financer des évolutions ».

Enfin, la critique majeure concerne l'universalité des aides. « Les aides maintiennent artificiellement certaines sociétés » a expliqué Marion Paoletti. « Les entreprises qui étaient déjà en difficultés avant la crise, même sous perfusion, finiront par mourir » a complété Serge Kinkingnéhun. Pour Benjamin Mallo : « il faut les bonnes aides, aux bons moments et aux bons secteurs ».

Concernant l'emploi, si les mesures pour les jeunes sont saluées par nos experts et si « il ne faut plus hésiter entre le CDD et le CDI, il faut embaucher en CDI » selon Marion Paoletti, nos experts critiquent toujours un coût du travail trop important : » il faut baisser le coût du travail, ma masse salariale représente 36% de mon chiffre d'affaire » a mis en avant Steve Camer. Cependant, le chômage partiel est perçu comme une mesure positive permettant de limiter les licenciements.

Quelles évolutions pour l'avenir au niveau de l'organisation du travail ?

Pour Marion Paoletti, « entreprendre en 2021, c'est donner envie de venir dans une entreprise et ne pas négliger les nouvelles organisations du travail ». 2020 aura été une révolution en matière d'organisation du travail avec la généralisation du télétravail. Mais celui-ci n'est pas sans conséquences pour le management et pour les relations sociales au travail. « Il est ainsi devenu indispensable pour l'entreprise de garantir l'équilibre vie professionnelle et vie privée et de faire attention au problème de l'isolement » a expliqué Marion Paoletti, pour qui des adaptations sont à faire. Steve Camer met en garde contre les inégalités entre les salariés entre « ceux qui peuvent télétravailler et ceux qui ne le peuvent pas », il y a donc un équilibre à trouver.

Nos experts mettent en avant que le télétravail permet aussi une réduction des coûts fixes car la présence de moins de salariés permet de réduire les espaces de bureaux.

Quels espoirs pour entreprendre en 2021 ?

Nos experts sont unanimes, malgré la crise et les incertitudes, il faut entreprendre en 2021 si on en a envie. Pour Ulrich Nzuzi : « des opportunités se créent, il faut les saisir », « Il ne faut jamais hésiter à se lancer » selon Serge Kinkingnéhun, « Il faut s'écouter et foncer » pour Steve Camer. « Il faut s'adapter et ne pas hésiter à se faire conseiller » a souligné Marion Paoletti.

« Il y a 100 000 entreprises qui se créent chaque année et 60 000 qui déposent le bilan » a rappelé Benjamin Mallo « l'erreur culturelle en France, c'est que l'échec est presque rédhibitoire. Or, l'échec est plus formateur que la réussite » a conclu Benjamin Mallo.

Les intervenants présents lors de cet atelier :

- Marion Paoletti, avocate au Barreau de Paris spécialisée en droit du travail

- Serge Kinkingnéhun, président de Hephaï et serial entrepreneur

- Steve Camer, directeur général de Sumecatronic

- Ulrich Nzuzi, co-fondateur et directeur général d'Opp-Chain

- Benjamin Mallo, Adjoint au maire chargé de la vie associative, du développement économique et de la nouvelle économie et de l'emploi

- Emmanuel Lafont, président fondateur de Sparte RH




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