AccueilEntrepriseVie des entreprisesEn Île-de-France, un travailleur sur cinq est immigré et occupe un emploi essentiel

En Île-de-France, un travailleur sur cinq est immigré et occupe un emploi essentiel

Une étude statistique de l’Insee fait état des travailleurs immigrés en Île-de-France.
Un travailleur sur cinq est immigré
© Adobe Stock - Un travailleur sur cinq est immigré

EntrepriseVie des entreprises Publié le , avec AFP

Plus de 20% des actifs en Ile-de-France sont des travailleurs immigrés, qui occupent massivement des emplois "difficiles" mais "essentiels" dans le BTP ou les services aux particuliers, a révélé une étude statistique de l'Insee qui offre une radiographie de cette main d'œuvre d'origine étrangère.

« L'Ile-de-France occupe une place particulière en matière d'emploi des travailleurs immigrés, ne serait-ce qu'en termes de volumes, puisqu'ils représentent 22 % de la population active de la région, soit deux fois plus que dans le reste de la France métropolitaine », a indiqué Mustapha
Touahir, chef du service régional de l'Institut national de la statistique et des études économiques. Au total, 1,25 million d'immigrés travaillaient dans la région en 2018, soit plus d'un actif sur cinq (22,1 %), selon l'étude.

Des travailleurs venant essentiellement d’Afrique

Ces travailleurs, qui se concentrent surtout en Seine-Saint-Denis, sont pour la moitié originaires d'Afrique, essentiellement d'Algérie, du Maroc, d'Afrique centrale et subsaharienne, a détaillé l'Insee. « Ils sont sur-représentés dans les emplois peu qualifiés, très difficiles, mais indispensables au bon fonctionnement d’un territoire », a observé Mustapha Touahir.

L’enquête a révélé qu’en 2018 « plus de six aides à domicile, aides ménagères ou employés de maison sur dix étaient immigrés et également près de deux-tiers de la main d'œuvre totale des ouvriers du gros œuvre du bâtiment et des travaux publics ». Enfin, « un cuisinier francilien sur deux était immigré, plus de quatre sur dix exerçaient comme agents de gardiennage et de sécurité, agents d'entretien, ou encore assistantes maternelles ».

Une pénurie de main d’œuvre

Ces métiers se caractérisent par « des conditions de travail plus contraignantes que la moyenne », en termes d'efforts physiques, de tâches répétitives ou d'horaires et pour lesquels « les employeurs sont confrontés à des difficultés de recrutement », a révélé l'institut statistique.

« La tension de recrutement est source d'enjeux d'autant plus forts qu'il s'agit là, pour partie, de métiers-clés, dits "essentiels". Certains ont même été en "première ligne" lors de la crise sanitaire, période pendant laquelle 76% des agents de propreté étaient immigrés » a souligné l'Insee. A l'inverse, cette main d'œuvre est largement sous-représentée parmi les cadres ou professions intermédiaires administratives avec seulement 9 %.

Des métiers non représentatifs de leurs diplômes

« On ne les retrouve pas dans tous les emplois et il n'y a aucun emploi très qualifié dans lesquels ils seraient sur-représentés », a révélé Mustapha Touahir. « Il ne s’agit pas nécessairement d’une question de compétence. On mesure des situations de déclassement, avec des immigrés qui n'occupent pas des emplois à la hauteur du diplôme qu'ils ont obtenu ».

Une situation dont les explications sont « multiples » mais dont « les phénomènes de discrimination » sont un « élément d'explication » a estimé l’Insee. Tout comme l'obligation de disposer d'un diplôme européen ou reconnu par l'Etat pour exercer certaines professions, notamment médicales.

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