AccueilRégion Île-de-France & Grand ParisUniversité d'été du Medef : "bâtir les Trente audacieuses"

Université d'été du Medef : "bâtir les Trente audacieuses"

Sous le thème « Formidable jeunesse », l'université d'été du Medef s'est ouvert dans un élan positif. Ces trois demi-journées sont l'occasion entre autres d'évoquer les réformes à mener dans l'Hexagone afin d'offrir aux jeunes Français les meilleurs chances de réussite.
Université d'été du Medef :
© AP - Pierre Gattaz président du Medef lors de la plénière d'ouverture

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Cette année encore, Pierre-Antoine Gailly, président de la CCI d'Île-de-France, a accueilli l'université d'été dans les locaux d'HEC à Jouy-en-Josas. Rappelant la force de l'alternance – 17 000 apprentis en Île-de-France – il a réclamé que l'on fasse plus confiance à la jeunesse. Puis Pierre Gattaz, président du Medef, a invité les Français champions du monde WorldSkills, des olympiades des métiers, qui a eu lieu cette année au Brésil et qui mettaient 59 pays en compétition. En 2015, la France est arrivée 8e avec 9 médailles dont 2 en or (en peinture et en carrelage) et 4 en argent. Applaudis par les participants, ces jeunes ont mis en avant l'énergie saine qui se dégageait de la compétition et la force d'engagement et d'humanité qui s'était dégagée pendant les 45 jours des championnats. Pierre Gattaz a qualifié ces jeunes de « vitrine vivante de l'excellence par l'apprentissage dans 50 métiers ». À la fin, il a été proposé à ces jeunes pour l'année prochaine de challenger la Suisse, actuellement meilleure pour l’industrie et les technologies du futur et de se fixer l'objectif d'être 6e. Les lauréats ont avoué avoir été fiers de témoigner de la French touch. Cet événement leur a donné l'occasion de créer du lien et de les passionner davantage. « C'est génial, ça nous a construits », a témoigné la jeune porte-drapeau française.

Pierre Gattaz veut bâtir les Trente audacieuses

Pour sortir des « Trente Piteuses », Pierre Gattaz souhaite s'appuyer sur la diversité et l'excellence française des jeunes « avenir et futur de la France ». Il a dressé trois constats : premièrement que la France décroche (1 % de croissance, 10, 3 % de chômage, 25 % chez les jeunes, une dette proche du PIB). Deuxièmement que malgré cela, la France possède des atouts formidables comme une jeunesse créative (50 % des jeunes voudraient être entrepreneurs). Il a alors qualifié ces derniers de « héros de la Nation » et précisé qu'il préférerait un gouvernement qui dise d'abord qu'il aime les entrepreneurs. Troisièmement que la jeunesse avait la chance d'un monde qui bouge et d'une mondialisation de l'économie. Il n'y a plus cinq mais 150 pays en concurrence et surtout un monde à équiper. De nouvelles générations d'entreprises veulent relever le défi d'inventer le futur, à l'image des vainqueurs des Worldskills. Pour Pierre Gattaz, « le monde attend la France », et ce n'est pas pour rien qu'il y a 30 000 à 50 000 ingénieurs français dans la Silicon Valley. Il est possible de retrouver entre 2 et 5 % de croissance et d'atteindre le plein-emploi (en dessous de 6 % de chômage), au bout du chemin.

Pierre Gattaz a ensuite développé son concept du « management du changement » en « 4 V » :

V pour vision ; la vision collective d'une France à construire, la vérité des statistiques qui révèle que les marges des entreprises françaises sont en moyenne de 29,5 % contre 39 % en Europe. La France perdrait 3 à 4 % de PIB de croissance chaque année à cause de la complexité d'environnement de business.

V pour vérité des statistiques qui renforcerait l'urgence de réformer le modèle social et permettrait d'inverser la fiscalité actuelle. Elle taxerait alors davantage la consommation que les revenus et le capital. Elle permettrait de baisser la dépense publique (57 % en France, 45 % en Allemagne, 44 % en RU, 49 % Europe) et refléterait au mieux les besoins des entreprises créatrices de richesses et d'emplois.

V pour valeurs et pour réhabiliter le travail (effort, mérite, estime de soi) et l'esprit d'équipe basée sur le respect. Mais aussi l'autorité, l'exemplarité et la générosité du chef.

V pour volonté, de mettre « du ciment et du liant » dans les entreprises. Que l'on puisse exécuter et demander ce qu'on veut sans retenue.

Au cours de son discours, Pierre Gattaz a réclamé également la tête des administrations, on place un binôme composé d'un haut fonctionnaire et d'un chef d'entreprise. Il regrette qu'il y ait trop de « réflexes doctrinaires » et une fiscalité qui ne soit pas assez « convergente » ni « incitative ». Il a appelé à retrouver l'espoir et la confiance avec un dernier V, celui de la vitesse : « Les jeunes, allez-y, foncez. Restez optimistes, restez audacieux, n'ayez pas peur. Foncez, continuez de nous secouer, nous les plus vieilles générations. » Aux plus âgés, il a demandé d'innover, d'intégrer les jeunes, de les rendre employables. Concluant sur le fait qu'on puisse compter sur le Medef, il a annoncé le temps de l'assaut.

Ailleurs sur le campus, plusieurs ateliers et conférences étaient aussi au programme de cette première journée. Tous avaient pour but de comprendre les grandes mutations, les jeunes, leurs valeurs et leurs codes pour un nouvel avenir, de penser les perspectives, de réfléchir à comment les inciter à être plus courageux que leurs aînés. Un atelier Twitter permettait d'apprendre à s'en servir et à en exploiter toute la puissance. Trois conférences-débats étaient organisées « les jeunes dans un monde de vieux » en présence de Jean-Louis Borloo notamment, pour réfléchir à l'avenir par rapport à l'évolution de la démographie mondiale, en diminution au Nord et en augmentation au Sud. Une autre intitulée « Ultrabranchés » s'intéressant aux digital natives. Une dernière portant sur « Ni Dieu ni maître » essayait de comprendre les motivations actuelles des jeunes.

La planète des jeunes

En parallèle se déroulait également une grande conférence intitulée « La planète des jeunes » et portant sur le climat à trois mois de la COP21 en vue de laquelle le Medef a publié un manifeste en dix points. Il y reconnaît les difficultés mais des prises de conscience existent, explique Bruno Lafont, au CA de Lafarge-Holcim. Thierry Mandon, SE chargé de l'Enseignement supérieur, insiste sur la nécessité de l'accord. Or, la France doit diviser ses émissions de CO² par quatre. François-Xavier Bellamy insiste sur le fait que c'est la première fois qu'on pense à la nature. Maud Fontenoy propose une vision modérée et pragmatique de l'environnement. Leslie Tourneville de Youngo annonce que les jeunes sont très pessimistes vu l'importance des défis. Julien Dumas, chef bio, propose des circuits courts. Laurence Tubiana parle d'un degré de préparation optimale. Chaque conférence permet des progrès colossaux : « on ne nie plus le changement climatique », dit Jean-Pascal Tricoire, P.-D.G. de Schneider Electric.

Youssou N'dour appelle la jeunesse à être positive

Autre invité d'honneur de cette université d'été : le chanteur sénégalais Youssou N'Dour, aujourd'hui ministre, qui venait porter un appel dans une France en doute et secouée depuis quelques mois : « la diversité est une richesse ». Il demande de passer de la pensée à l'action. S'inspirant de la devise française, il souhaiterait la voir compléter comme telle : liberté d'entreprendre, égalité – que chacun, dans la diversité, ait sa chance –, fraternité – que l'on retrouve l'esprit de l'équipe de France de football de 1998. Il poursuit : « Il y a trop d'État en France. Il faut changer le système. » Il reproche aux Français de ne plus être assez fous et de ne plus faire rêver. Où sont les TGV, Concorde, Louis de Funès ?

Pour lui, l'Afrique va bien et elle a changé. Elle est à construire et les jeunes veulent participer à sa construction. L'Afrique d'aujourd'hui n'est plus celle d'hier. Il précise : « Une Afrique faible, c'est une France faible. Une Afrique forte, c'est une France forte. ». Or, selon lui, la place de la France recule en Afrique. Sur l'immigration clandestine, il réclame des assises. Lui-même est à la tête d'une fondation franco-africaine pour la croissance. Concernant le développement de l'Afrique, il affirme que « ce ne sont pas les États seuls qui doivent porter la croissance mais la société civile et économique », avant de terminer par un mix a capella de ses principaux succès.

Un autre invité d'honneur, Mohed Altrad, fondateur du groupe Altrad, entrepreneur mondial 2015, a raconté son parcours. Parti de rien depuis la Syrie où il était berger, il est aujourd'hui leader du marché du matériel en bâtiment : « En France, on peut créer avec les moyens qu'on a ! » Il appelle à plus de solidarité pour un avenir commun car nous voulons tous optimiser nos intérêts.

De son côté, ThoneNiang, très impliqué parmi les jeunes démocrates américains, appelle à imiter le Royaume-Uni et les États-Unis. MohamedHiber, violoniste international de 20 ans, plaide pour la réussite par le travail. MaryamSalehi, directrice de NRJ, plaide pour la réussite à la française ; la méritocratie : « Nous avons la chance d'avoir une jeunesse connectée.»

En 1997, 80 % voulaient être fonctionnaire et seulement 3 % des jeunes souhaitaient devenir entrepreneurs. En 2015, ils sont 30 % à vouloir créer leur entreprise, sur le modèle des Zuckerberg ou des créateurs de Snapchat. Zaineb Lazreq, entrepreneuse au Maroc, illustre la volonté de son pays, dans lequel l'État propose des aides spéciales pour l'entrepreneuriat des femmes. Moussa Camarra, président de l'association Agir pour réussir, basée à Cergy, est un de ces jeunes qui a pu foncer grâce au Medef. Le syndicat lui a financé une formation à « l'envie d'entreprendre » pour 15 jeunes dont la plupart étaient présents afin d’évoquer leur parcours. Il a cité Gandhi : « Quand tu veux changer le monde, commence par te changer toi-même. »

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