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Emploi : les régions inégalement touchées par la crise sanitaire en 2020

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Emploi :  les régions inégalement touchées par la crise sanitaire en 2020
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Selon la note d'analyse de France Stratégie d'avril 2021, la crise sanitaire et économique a eu un impact hétérogène sur l'emploi selon les territoires : il a été plus violent pour la Côte d'Azur, les Alpes ou encore la Corse que pour d'autres qui ont mieux résisté, notamment à l'ouest et au centre de la France.

France Stratégie a récemment publié une analyse territoriale de l'impact économique de la crise sanitaire sur l'emploi, pour laquelle elle a mobilisé à la maille de la zone d'emploi trois critères complémentaires, que sont la perte de valeur ajoutée, la part de l'activité partielle versée dans la masse salariale totale et le taux d'évolution de l'emploi salarié privé. Le croisement de ces trois indicateurs a permis de mettre en lumière une hétérogénéité du choc économique ressenti dans les territoires et une particulière force de ce dernier dans les zones d'emploi les plus affectées et que la note a identifiées. En effet, comme le souligne France Stratégie, « dans l'optique d'orienter les politiques publiques de soutien territorial, l'identification des zones les plus fragilisées par la crise en 2020 est essentielle ». Cette hétérogénéité n'en reste pas moins un phénomène logique puisque, depuis plus d'un an maintenant, certains secteurs d'activité ont été mis à l'arrêt quand d'autres ont pu continuer d'exercer, totalement ou partiellement.

Conséquences plus fortes dans le Sud et l'Est

Il ressort de cette analyse que, si toutes les régions ont vu leur situation économique se détériorer, les territoires de l'Est et du Sud de la France, où se concentrent des zones touristiques et certaines zones industrielles, ont été davantage impactés. Les Alpes, la Côte d'Azur et la Corse regroupent ainsi une grande partie des territoires les plus affectés. Parallèlement, quelques zones d'emploi de l'Ouest et du centre de la France s'en sortent mieux, en partie grâce à une forte spécialisation économique dans l'agroalimentaire, un secteur relativement épargné dans cette crise. En raison de la présence de secteurs directement frappés par les mesures sanitaires, comme l'hébergement-restauration, certaines zones d'emploi ont été plus fortement affectées que les autres. Pour autant, si la composition sectorielle des territoires semble être un facteur déterminant de la variabilité du choc, elle ne peut, à elle seule, expliquer l'impact hétérogène de la crise entre zones d'emploi : elle en explique 60 % s'agissant du taux de recours apparent à l'activité partielle, et 20 % s'agissant de la variation de l'emploi salarié privé.

Un choc économique indépendant du nombre d'habitants

Selon France Stratégie, la densité de population d'une zone d'emploi ou le nombre d'habitants de son agglomération principale ne sont pas particulièrement liés à l'ampleur du choc économique subi. En effet, les trente zones les plus affectées ne rassemblent qu'environ 8 % de la population nationale. Il s'agit en grande partie de zones touristiques ou fortement orientées vers l'industrie ou les services de transport, certaines combinant ces caractéristiques. Les zones d'emploi des grandes métropoles ont notamment subi des chocs d'ampleur variée, avec Nice, Toulouse et Paris qui ont été très touchées, et Lille et Rennes qui l'ont été beaucoup moins. Les petites agglomérations et les zones à densité intermédiaire semblent donc mieux résister que la moyenne

Pas d'aggravation des fragilités existantes

Enfin, la crise ne redouble pas les fragilités territoriales existantes relatives au niveau de chômage ou au niveau de vie. Néanmoins, certains territoires initialement fragiles ont été fortement affectés par la crise. Il s'agit de territoires qui enregistrent une proportion importante d'indépendants et relativement faible d'emplois publics. En matière de chômage, les territoires déjà fragiles avant la crise et qui ont été très affectés par celle-ci subissent une double vulnérabilité. C'est le cas de Agde-Pézenas, Sète, Arles, Sainte-Maxime, Fréjus et Calvi, mais aussi de Calais dans les Hauts-de-France et de Côte-sous-le-vent en Guadeloupe. Tous affichent un taux de chômage parmi les cinquante plus élevés en 2019 (supérieur à 10,5 %) et appartiennent également aux cinquante territoires les plus affectés par la crise.

Au total, un petit nombre de zones d'emploi concentre des difficultés, de nouvelles s'étant ajoutées aux fragilités structurelles du territoire. Que ce soit en termes de niveau de vie, de chômage, ou d'impact de la crise, le littoral méditerranéen est fortement fragilisé, de nombreuses zones y cumulant les vulnérabilités. Pour France Stratégie, la prise en compte des spécificités de ces territoires dans la définition de l'accompagnement de sortie de crise permettrait d'éviter de creuser les inégalités territoriales. L'institution rappelle toutefois que les territoires les plus fragilisés en 2020, notamment du fait du confinement strict du printemps, ne seront pas forcément les mêmes que ceux fragilisés en sortie de crise.




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