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Emploi cadre : 2022 devrait être une « année record »

Gilles Gateau, directeur général de l’Apec, a récemment présenté les derniers chiffres des offres d’emploi cadre qui semblent avoir retrouvé leur volume d’avant-crise et laissent présager, pour 2022, un recors du nombre de recrutement.
Emploi cadre : 2022 devrait être une « année record »
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EntrepriseVie des entreprises Publié le , Lila Daoui

« 2022, malgré des incertitudes sanitaires, pourrait être une année record pour l’emploi cadre, dépassant l’avant-crise ! », a énoncé le directeur de l’Association pour l’emploi des cadres (Apec) lors d’une conférence de presse organisée le 24 janvier dernier. C’est l’optimisme qui ressort des chiffres du baromètre des intentions de recrutements et de mobilité des cadres 1er trimestre 2022, regroupant deux enquêtes menées du 6 au 17 décembre 2021 en ligne auprès d’un échantillon de 2 000 cadres et par téléphones auprès d’un échantillon de 1 000 entreprises. Le baromètre a permis de dégager 5 enjeux clés en pour atteindre en 2022 un niveau jamais vu de recrutements de cadres et dépasser celui de 2019, fort de 280 000 recrutements.

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Besoins en compétence toujours plus importants

Selon les chiffres du baromètre au 1er trimestre 2022, l’an dernier, avec 522 000 offres d’emploi cadres diffusées sur le site de l’Apec, qui capte 45% du marché, le niveau d’offre d’emploi retrouve le niveau de 2019, qui en comptait 526 400.

Persistent toutefois des différences entre les secteurs car tous n’ont pas retrouvé leur niveau d’avant crise : entre 2019 et 2021, les offres d’emploi cadre sont en baisse dans la gestion/conseil d’entreprises (-22 %) comme dans l’automobile/aéronautique (-24 %) alors qu’elles sont en hausse dans la santé/action sociale (+46 %), l’industrie pharmaceutique (+21 %) et l’immobilier (+27 %).

Par ailleurs, les employeurs semblent rester confiants pour 2022, 8 sur 10 ayant confiance en l’évolution de leur carnet de commande pour les trois prochains mois, notamment dans les entreprises de la construction (81 %). Autre point mis en avant par le baromètre Apec, au 1er trimestre 2022, les intentions de recruter au moins un cadre dans les 3 prochains mois concernent 67 % de grandes entreprises, contre 19 % de PME et 7 % de TPE, moins nombreuses.

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Davantage de difficultés à recruter, menaçant la dynamique de l’emploi

Dès le début 2022, des difficultés de recrutement pouvant freiner le développement des entreprises se sont faites sentir : en décembre dernier, 78 % des entreprises les anticipaient dans les 3 prochains mois, contre 58 % en septembre 2020. La principale difficulté anticipée est le manque de profils disponibles sur le marché, à 87 %, suivie du décalage entre la candidature reçue et le profil recherché (51 %) et la concurrence entre employeurs pour les mêmes profils (44 %). En conséquence, 25 % des employeurs ont abandonné un recrutement l’an dernier, faute de candidat(e)s. S’agissant des entreprises qui ont embauché, elles ont composé avec leurs exigences initiales et ont recruté, à 44 %, un cadre qui n’avait pas toutes les compétences requises, à 40 % un cadre avec moins d’années d’expérience ou sans l’expérience managériale nécessaire (29%).

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Compétences disponibles sous-employées

Si le marché de l’emploi cadre est dynamique, avec un taux de chômage de 3,7 % en 2020, la situation reste préoccupante pour catégories plus fragiles, comme les jeunes diplômés qui souffrent d’une chute des offres de 26 % par rapport à 2019. Une des causes est « l’effet d’embouteillage » entre les promotions 2021, 2020 voire 2019 qui n’ont pas encore trouvé d’emploi.

Autre catégorie fragilisée sur le marché, les cadres de 55 ans et plus. Selon l’Apec, 2 cadres seniors sur 3 se sentent menacés par le risque de licenciement et trois quarts doutent de leur capacité à rebondir en cas de perte d’emploi. L’Association s’est également penché, en partenariat avec Pôle emploi, sur les cadres séniors demandeurs d’emploi

Parmi ces derniers en recherche d’emploi, 6 sur 10 sont demandeurs d’emploi de longue durée, dont un tiers depuis 2 ans. par ailleurs, 49 % des cadres seniors demandeurs d’emploi disent avoir déjà connu le chômage de longue durée au cours de leur carrière. Le principal facteur discriminant dans leur recherche d’emploi est l’âge pour 89 % des répondants, dont 55 % des 55-59 ans et 69 % des 60 ans et +.

Evolution des aspirations des cadres

Selon les chiffres de l’Apec, les cadres sont dynamiques en matière de recherche d’emploi en 2021, surtout les moins de 35 ans, qui ont été 47 % à répondre à au moins une offre d’emploi en 2021 et 44 % à avoir passé au moins un entretien. En décembre 2021, l’envie de reconversion née depuis la crise sanitaire touchait 42% de cette classe d’âge, contre 36 % des 35-54 ans.

Par ailleurs, les cadres sont ouverts aux nouvelles formes d’emploi : 39 % sont ouverts à des formes alternatives d’emploi, dont 47 % des moins de 35 ans. Autre enseignement marquant, 53 % des cadres du secteur privé pourraient envisager de candidater à un poste de contractuel dans la fonction publique et 41% sont prêts à renoncer à leur statut de cadre en cas de perte d’emploi ou pour en trouver un autre, dont 45 % des moins de 35 ans.

Pour autant les préoccupations de pouvoir d’achat et de salaire restent importantes. En effet, depuis mars 2020, 38% des cadres ont refusé un poste en raison du salaire proposé. S’agissant des envies de télétravail, 22 % d’entreprises pensent que ne pas en proposer peut être un frein à recruter un cadre, quand 47 % des cadres sont réticents à rejoindre une entreprise ne proposant pas ce mode d’organisation.

Vers une nécessaire évolution des pratiques et compétences managériales

Selon les répondants, les pratiques managériales qui ont évolué depuis la crise sont vouées à perdurer. 52% des cadres en poste ont constaté une évolution des pratiques managériales au sein de leur entreprise depuis le début de la crise, 37% estimant qu’elles auront été durablement transformées. Du côté des cadres managers, la quasi majorité estime que le travail à distance les a amené à davantage d’autonomie et souhaitent être formés pour développer l’autonomie des salariés à 37 % et apprendre à fédérer les équipes à 32 %.

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