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Présidentielle

Emmanuel Macron descend dans l’arène

Le président-candidat a donné, le 2 avril, son seul et unique meeting de campagne à La Défense Arena, devant 30 000 personnes. Un véritable appel à la mobilisation.
Emmanuel Macron descend dans l’arène
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ActualitéRégion Île-de-France & Grand Paris Publié le , Boris Stoykov

A la différence de ses concurrents à l’élection présidentielle, Emmanuel Macron est apparu comme le candidat respectant tous ses adversaires politiques : « Quand nous sommes tous ensemble, nous ne sifflons pas, personne, jamais. Jamais ! Parce que la démocratie, ce sont des combats, historiques parfois comme ceux que nous menons mais toujours avec le respect et l’exigence. »

« Et un, et deux, et cinq ans de plus ! » scandait la foule. C’est dans la plus grande salle fermée d’Europe qu’Emmanuel Macron a déroulé son programme, face à plus de 30 000 sympathisants, militants de la première heure, nouveaux et anciens soutiens politiques. Parmi eux, quatre premiers ministres de gauche et de droite, dont l’actuel, Jean Castex, son prédécesseur Edouard Philippe, Manuel Valls et Jean-Pierre Raffarin.

@AP - Edouard Philippe, Manuel Valls et Jean-Pierre Raffarin.

« Nous sommes là pour dire que nul ne nous fera reculer, dans ce moment marqué par la guerre, pour rappeler que la France a toujours quelque chose à dire au monde. Pour affirmer que nous, Français, n’en avons fini ni avec l’humanisme ni avec les Lumières. Nous sommes là pour convaincre, mobiliser, faire advenir un projet de progrès, d’indépendance, d’avenir, pour notre France et notre Europe », a d’emblée précisé le président-candidat, appelant « toutes celles et ceux de la social-démocratie, au gaullisme en passant par les écologistes qui ne nous ont pas encore rejoints à le faire, car depuis le début nous n’avons qu’un parti, c’est notre pays ».

Revenant en prélude sur son bilan et ses principaux faits d’armes à la tête de l’Etat, Emmanuel Macron a rappelé : « malgré les crises, nous avons tenu nos promesses. Pour mettre fin à ce mal français qui était le chômage de masse, il fallait s’attaquer aux vieux tabous sur la fiscalité, le droit du travail, l’assurance chômage. Nous l’avons fait et le taux de chômage est au plus bas depuis 15 ans ».

« Pour en finir avec la désindustrialisation, il fallait lever les freins à l’entreprenariat, à l’innovation, à l’investissement. Nous l’avons fait et pour la première fois depuis 30 ans s’ouvrent davantage d’usines qu’il ne s’en ferment », a-t-il ajouté.

Sur la sécurité des Français et notamment la lutte contre le terrorisme, « il fallait continuer de changer nos lois, renforcer nos services de renseignements, nous l’avons fait. Et je n’oublie à ce moment aucune des victimes de tous nos attentats, nos blessés, les familles de toutes ces victimes. Nous sommes à leurs côtés. Pour garantir la sécurité pour tous, il fallait investir dans notre police, dans notre justice, recruter 10 000 policiers et gendarmes supplémentaires, augmenter de 30 % le budget de notre justice, bâtir une justice de proximité plus forte… ».

Le président a ensuite égrené les mesures phares de son projet, haranguant le public d’une Défense Arena chauffée à blanc.

Je ne me résoudrai jamais

« Je ne me résoudrai jamais à ce que des Français qui travaillent voient tous leurs salaires partir en pleins d’essence, factures, loyers… et renoncent à offrir un cadeau à leur enfant ». Le président a souhaité insister dans un premier temps sur sa « jambe gauche », assurant vouloir « continuer la promesse française de justice ».

« Je ne me résoudrai jamais à ce qu’on puisse faire des économies au détriment des Français les plus modestes, tandis que d’autres fraudent, c’est injuste », a-t-il notamment lancé, précisant vouloir mettre en place, à l’instar de l’impôt à la source, de la « solidarité à la source ». Cette dernière devrait permettre « de manière plus simple, plus efficace, de verser ces aides à toutes celles et ceux qui en ont besoin, et de lutter contre tous les fraudeurs ».

Le président a également évoqué, en matière sociale, sa volonté de voir la pension minimum relevée à 1100 euros, mais aussi le triplement de la Pepa (prime de pouvoir d’achat allant jusqu’à 6000 euros sans charge, ni impôt, appelée “prime Macron“). Sans oublier les travailleurs indépendants qui verront leurs charges baisser et gagneront dès cet été 550 euros de plus par an pour ceux qui gagnent l’équivalent du Smic.

Le report de l’âge de la retraite à 65 ans n’a malgré tout pas été éludé par le président, qui a indiqué à ce sujet, une peu plus tard dans son discours, « ne croyez pas ceux qui vous expliquent qu’ils feront la retraite à 60 ans et que tout ira bien. Cela n'est pas vrai ».

« Le travail au service du progrès, voilà ce qui nous tient. C’est pourquoi c’est par le travail, la production, que durant ces cinq années, nous pourrons augmenter notre croissance, créer plus de richesses et continuer le progrès », a poursuivi le président.

Emmanuel Macron a également annoncé la création de 8 500 postes de magistrats, de personnels de justice pour « juger plus vite, en proximité pour que nulle part, il ne puisse plus y avoir quelque impunité ».

L’Union européenne, fer de lance

Usant de l’anaphore « qui mieux que l’Europe… », le président a longuement insisté sur la nécessité selon lui de mener certains combats à l’échelle européenne, alors que la France est à la tête de l’UE durant six mois. Qu’il s’agisse de « s’immiscer dans le duopole qui s’installe entre les Etats-Unis et la Chine », de défendre un modèle de régulation d’internet qui préserve la liberté de la presse, d’atteindre la neutralité carbone en 2050 et « d’entrainer les nations du monde dans le combat climatique », l’Union européenne est, pour Emmanuel Macron, la bonne strate de décision.

L’UE est également le bon échelon pour « répondre à la crise alimentaire mondiale qui est en train de commencer », plusieurs pays du Caucase au proche et Moyen-Orient jusqu’à l’Afrique étant menacés. « C’est en européen que nous devons répondre à cette crise qui vient », a insisté le président. Pour lui, l’Union européenne est aussi bien placée pour lutter contre l’évasion fiscale, par la mise en place d’un impôt minimal sur les sociétés. Ce dernier « fera que toutes les sociétés internationales devront payer un minimum d’impôt là où la valeur est créée ». Ne pas le mettre en place à l’échelle supranationale ferait porter le risque d’une délocalisation et donc d’une persistance du phénomène. L’UE serait également idéale pour « bâtir avec la rive sud de la méditerranée une nouvelle alliance d’investissement et de solidarité ».

Sur le plan de la santé, autre grand chantier du projet d’Emmanuel Macron, il s’agira de faire preuve « de bon sens et de volonté ». Le président veut recruter 50 000 infirmiers et aides-soignants, « inventer des solutions innovantes » en lien avec les élus, les associations, les paramédicaux, etc. « Si nous voulons qu’à la fin de leurs études de jeunes médecins s’installent en zone rurale, ou dans les quartiers difficiles, nous pouvons en créer les conditions », a-t-il estimé, indiquant vouloir donner plus de responsabilités aux soignants hospitaliers.

Sur le plan de la transition écologique, Emmanuel Macron a indiqué vouloir faire de la France la première grande nation à sortir des énergies fossiles. Pour ce faire, le président souhaite reconstruire des réacteurs nucléaires, « afin d’assurer notre indépendance », rénover 700 000 logements par an durant le mandat, ou encore créer une offre de location de véhicule électrique à moins de 100 euros. Il est également envisagé le déploiement de sources d’énergies renouvelables sur les 20 années qui viennent. Emmanuel Macron souhaite par ailleurs faire du pays une « puissance de l’économie circulaire et de la biodiversité ».

« La mobilisation, c’est maintenant ! Le combat, c’est maintenant ! C’est le combat du progrès contre le repli ! Le combat du patriotisme et de l’Europe contre les nationalistes ! » a-t-il déclamé en conclusion de son discours. Les 10 et 24 avril, la France a rendez-vous avec son Histoire, ses valeurs, son destin.

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