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Elections Élections ordinales du barreau de Paris Laure Tric et Emmanuel Escard de Romanovsky, le binôme Action, Cœur, Ecoute.

Les candidats, investis par l’ACE à l’élection du Conseil de l’Ordre du Barreau de Paris les 30 novembre et 1er décembre prochain, nous livrent leur vision de la profession, les défis auxquels sont confrontés les avocats de Paris.
Élections ordinales du barreau de Paris Laure Tric et Emmanuel Escard de Romanovsky, le binôme Action, Cœur, Ecoute.
© DR - Laure Tric et Emmanuel Escard de Romanovsky

DroitActualité du droit Publié le , Propos recueillis par Boris Stoykov

Et comment ils comptent porter la parole de leurs confrères au Conseil de l’Ordre pour mieux agir au bénéfice de la collectivité.

Affiches Parisiennes : Vous êtes les candidats investis par l’ACE pour les élections ordinales de cette année. Pouvez-vous vous présenter ?

Laure Tric : Je suis avocat en droit de la famille et droit pénal. Je suis associée dans une association d'avocats à responsabilité professionnelle individuelle (AARPI) avec deux consœurs et 3 collaborateurs. J'ai débuté en droit pénal chez une des premières femmes pénalistes, Monique Smadja Epstein, je suis restée dix ans chez elle où je pratiquais aussi le droit de la famille. A son décès, j'ai poursuivi son cabinet en individuel pendant plusieurs années et je me suis associée pour fonder Tosca Avocats avec Catherine Leclercq et Constance Verroust-Valliot il y a 2 ans et demi. Enfin, je suis secrétaire générale de l’association Avocats Femmes et Violences, je suis praticienne de droit collaboratif à l’Association Française des Praticiens de Droit Collaboratif (AFPDC) et professionnelle qualifiée.

Emmanuel Escard de Romanovsky : Je suis avocat depuis presque 25 ans, je suis installé depuis 2004. Je conseille et assiste principalement des entreprises, PME industrielles ou du secteur du bâtiment. Nous sommes une petite boutique, avec la particularité que ma femme, avocat au barreau de Versailles. Je suis un généraliste de l’entreprise avec des spécialités, les procédures collectives, et le droit social. Président de l’association des Combattants du Palais, qui organise les cérémonies mémorielles du Barreau de Paris et développe les liens entre le monde de la justice et le monde de la défense ainsi que les activités de réserve au titre de l’engagement citoyen des avocats Je suis, moi-même, officier de réserve, lieutenant-colonel dans la réserve opérationnelle.

A.- P. : Qu'est-ce qui vous a amené à proposer votre binôme aux élections ordinales ?

L. T. : On se connaît depuis maintenant de nombreuses années par l'ACE et nous avons eu envie de nous engager au service de l'Ordre, de nos confrères, pour que les avocats ne disent plus que l'Ordre est inutile et ne les concerne pas. Nous avons voulu nous présenter justement pour montrer que l’Ordre est accessible à tout le monde, que l’Ordre est ouvert à n'importe quel confrère, qu’il exerce dans une grande ou une petite structure.

E. E.D. R. : Nous nous sommes rendu compte, notamment au travers de notre engagement associatif, du travail de l'Ordre au quotidien au profit de la profession, Nous avons la chance d'être dans une profession « autorégulée ». Nous sommes maîtres d'un certain nombre de règles qui nous permettent de travailler, maîtres de la définition de notre cadre professionnel, ce qui est quand même plutôt rare, voire unique. Donc, il est primordial de participer à cette œuvre collective afin de faire évoluer la profession, de l'adapter aux évolutions de l'époque et répondre aux défis d’aujourd’hui et de demain. Pour cela nous souhaitons écouter nos confrères et les impliquer dans l’avenir de la profession et tenter de mettre fin aux réflexions sur l'utilité de l'Ordre. Cela implique d’aller à la rencontre des confrères et surtout d’être leur relais auprès des institutions ordinales.

A.- P. : Aujourd'hui, l'avocat se doit-il d'être un entrepreneur ?

E. E.D. R. : S'il n’est pas entrepreneur, il court à la faillite. L’avocat est une petite entreprise à lui tout seul. Inséré dans un monde concurrentiel, il doit gérer son activité comme une entreprise, à défaut, il n’aura pas les moyens de ses ambitions et ne pourra assister utilement et durablement ses clients. Chaque avocat doit disposer des moyens pour pouvoir gérer et développer son entreprise quel que soit son mode d’exercice ou la taille de son cabinet, de sa structure. C’est d’autant plus essentiel au regard de l’évolution des technologies…

Avec Laure, dans nos structures, nous avons une démarche entrepreneuriale. Si on ne l'a pas, il n'y a pas d'exercice professionnel possible durable.

L. T. : C'est d’ailleurs pour cela qu’Emmanuel et moi avons rejoint l’ACE, qui a une vision entrepreneuriale moderne, dynamique de l'avocat, donc ça fait vraiment partie de nous, de nos valeurs.


© DR

A.- P. : Votre credo c’est « de l'Action, du Cœur et de l'Ecoute » et c'est aussi l'acronyme de l'ACE. C’est très bien trouvé !

E. E.D. R. : Ce n'est pas un hasard. Notre motivation première avec Laure quand nous nous sommes rencontrés, c'était de faire quelque chose, d’agir. D’autant plus, que les défis pour la profession s’accumulaient :  Il y a eu l'épisode du Covid, celui des retraites, aujourd'hui le secret professionnel, si on ajoute les défis technologiques avec les legaltechs, et les braconniers du droit. Avec Laure, il était évident que nous ne devions plus subir, qu’il était temps d'y aller ! d'écouter les confrères et d'agir pour la profession dans une démarche collective. Si on ne le fait pas collectivement, on ne s’en sortira pas.

Ensuite, « avec du cœur » parce que nous sommes ferment engagés, « on y croit !» Nous pensons également que par essence nous exerçons une profession profondément humaine tant entre nous, c’est la confraternité qu’au profit de nos clients ; il s’agit là d’une valeur ajoutée bien spécifique de notre profession qu’il faut cultiver et développer.

Enfin, le E comme « Ecoute » car notre premier devoir est d’être le relais des confrères vers l’Ordre.  

En effet, avec Laure on s’est rendu compte, que ce soit à l’ACE ou dans nos engagements associatifs, en rencontrant des confrères dont les parcours sont très divers, qu’ils avaient surtout envie qu'on prenne en compte leurs problématiques professionnelles, leurs difficultés qu'on soit des relais efficaces vis-à-vis de l’Ordre qu’ils trouvent un peu trop éloigné pour eux de leurs réalités.

Aujourd'hui, notre credo, c'est effectivement d'être à l'écoute des confrères et si, même d'une façon infime par cette écoute, nous arrivons à porter un sujet au Conseil de l'Ordre qui fait bouger d'un iota quelque chose, on aura agi pour la profession et nos confrères.

L. T. : Nous y allons pour travailler au profit des avocats individuellement et collectivement, d’ailleurs vous avez dû notre credo est « Avocats Ensemble ! ». Pour ce qui est du cœur, je travaille avec beaucoup de bienveillance, mes clients sont des particuliers que je vais défendre avec cœur et humanité. L'écoute, également, est essentielle pour moi, j’ai bénéficié de l’écoute de mes confères lors de mes premières années d’exercice et j’aimerais pouvoir jouer le même rôle aujourd’hui.

A.- P. : Les femmes sont plus nombreuses dans la profession mais encore peu nombreuses aux fonctions d'associé. Vous qui êtes associée et qui défendez les femmes, que diriez-vous aux jeunes femmes collaboratrices ?

L. T. : Il y a ce plafond de verre qu'il faut casser et, en effet, c'est une réalité, il y a peu de femmes associées. Il faut y aller, continuer ce combat. C'est difficile de concilier carrière professionnelle et vie privée. Le congé paternité existe aussi et c'est une très bonne chose. Donc, cette parité se fait de plus en plus et il faut continuer.

A.- P. : Le prochain bâtonnier à prendre les rênes du Barreau à partir de l'année prochaine est d’ailleurs une femme, Julie Couturier. Dans quelle optique travaillerez-vous avec elle et le vice-bâtonnier Vincent Nioré, si vous être élus ?

E. E.D. R. : Nous travaillerons avec plaisir et dévouement, nous serons au service de notre bâtonnière et de notre vice-bâtonnier. D'abord parce que nous les connaissons et nous les apprécions beaucoup pour ce qu'ils sont, pour ce qu'ils ont fait, pour ce qu'ils vont faire. Je suis plus que confiant. Et puis, en tant que membre du Conseil de l'Ordre, notre premier devoir est le service de la profession, qui passe aussi par le service du bâtonnier, être à son écoute et lui faciliter la tâche sur les projets qu'il voudra bien proposer.

L. T. : En tant que femme, en tant que pénaliste et en tant qu'avocat, je suis très enthousiaste d'être à leurs côtés, eux qui ont beaucoup fait pour la profession, qui se sont battus. Je serais très heureuse de travailler avec eux et pouvoir apporter mon aide notamment en matière de perquisition.

A.- P. : Il y a eu beaucoup d'abstention lors de cette élection ordinale. Que souhaiteriez-vous dire à vos confrères et consœurs pour les inciter à aller voter ?

E. E.D. R. : Nous avons pris comme slogan « Avocats ensemble !», parce que nous estimons que notre profession n'existe et ne peut exister que dans une dimension collective. C'est un peu le paradoxe d'une profession qui est par essence libérale et où les gens estiment qu'ils ont une indépendance chevillée au corps et qu’ils la défendront bec et ongles. Mais cette indépendance ne peut s'incarner que dans un cadre collectif qui se déploie et s'adapte au travers de l'Ordre.

Si on ne prend pas en main notre destin collectif, si on ne va pas voter pour les élections au Conseil de l'ordre, si on ne désigne pas des représentants qui portent nos projets, quels qu'ils soient, nous subirons notre destin. Si vous voulez que les choses changent dans n'importe quel domaine, si vous voulez que la profession évolue, que chacun puisse réussir, vous devez voter pour avoir un conseil de l'Ordre qui vous représente.

L. T. : Ceux qui ne votent pas sont souvent ceux qui disent ne pas voir à quoi sert l’Ordre. Dernièrement, les représentants de l’Ordre se sont battus aux côtés des organisations syndicales et du CNB, pour notre secret professionnel, pour les retraites. Les membres du conseil de l’Ordre sont aussi présents chaque jour pour régler les problèmes déontologiques, disciplinaires, les incidents d’audience ou répondre aux difficultés que peuvent rencontrer les collaborateurs. Il y aussi le service social qui aide les confrères en cas de difficultés économiques ou d’aléa de la vie. Nous avons besoin d’un Ordre, pour préserver notre liberté et notre indépendance. Il faut aller voter pour élire les représentants de cet Ordre, qui vont travailler bénévolement au service des avocats parisiens.

A.- P. : Que souhaiteriez-vous dire aux jeunes collaborateurs qui rejoignent la profession et qui sont parfois face à des difficultés d'installation ou de collaboration dans certains cabinets ?

L. T. : L'Ordre est là pour les aider. Il y a d’ailleurs des commissions au sein de l'Ordre, qui aident les jeunes collaborateurs en cas de difficulté, de discrimination, de harcèlement, etc. Ils peuvent aussi aller voir les syndicats et associations. Il faut parler, communiquer, ne pas rester seul face à ses problèmes ou questionnements. La confraternité n’est pas un vain mot.

E. E.D. R. : Il faut ne pas rester seul et ne pas avoir peur. Il y a effectivement des relais qui existent, tant au travers des syndicats, comme l’ACE, il y a des relais auprès de l'Ordre, via des référents et puis, il y a le bâtonnier. Je crois en un ordre qui est aussi là pour protéger les confrères, à titre personnel, je trouve indigne un certain nombre de comportements. Je pense qu'il faut appliquer une tolérance zéro face à des comportements qui nous décrédibilise collectivement, indignes de notre serment. Il ne faut pas hésiter à en parler, plus on en parlera, plus on limitera ces comportements, Nous serons là pour y veiller.

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