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Elections au Conseil de l'Ordre du barreau de Paris Sophie Andrieu et Julien Brochot

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Elections au Conseil de l'Ordre du barreau de Paris Sophie Andrieu et Julien Brochot
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« Nous souhaiterions une approche plus humaine et solidaire de notre profession »

Sophie Andrieu et Julien Brochot sont candidats, en binôme, aux prochaines élections au Conseil de l'Ordre du barreau de Paris, investis par l'UJA de Paris. Ils reviennent sur leurs parcours respectifs et insistent sur le besoin d'information de leurs confrères, surtout ceux qui rencontrent actuellement des difficultés. Pourquoi ne pas généraliser cette chaîne YouTube que l'UJA vient de lancer, comme le suggère Julien Brochot ?

Affiches Parisiennes : Pouvez-vous nous faire une présentation de votre parcours et de votre action au sein de l'UJA ?

Sophie Andrieu : J'ai prêté serment en février 2005 et suis aujourd'hui installée. Je suis mariée, j'ai deux enfants de cinq et huit ans. J'ai été vice-présidente de l'UJA de Paris en 2017-2018 et reste aujourd'hui invitée permanente. J'ai été co-responsable de la commission Prospective de l'UJA de Paris de 2015 à 2017 et co-directrice de la Revue de l'UJA de Paris en 2017. Je suis convaincue que nous exerçons un des plus difficiles, mais surtout un des plus beaux métiers du monde, qui se réinvente chaque jour, raison pour laquelle les jeunes avocats sont plus que légitimes à réfléchir et donner leur avis sur l'évolution de la profession.
J'ai travaillé sur des sujets diversifiés, mais plus particulièrement sur la transparence nécessaire des institutions, le développement des formations gratuites et validantes au titre de la formation continue et encore les relations avocats/magistrats/personnels de justice.
J'apprécie particulièrement rencontrer mes confrères, échanger avec eux et œuvrer à créer du lien, convaincue que ce sont ces interactions qui rendent forte notre profession, souvent trop solitaire

Julien Brochot : J'ai prêté serment en 2011. Mon parcours à l'UJA a commencé assez tôt, puisque j'étais élève-avocat à Bordeaux. En arrivant au barreau de Paris, je me suis tout naturellement rapproché de l'UJA locale. C'est ainsi que j'ai commencé mon parcours, en travaillant sur divers sujets comme la collaboration, l'aide juridictionnelle, les relations avocats - magistrats, le bonheur au sein de la profession... Progressivement, je me suis spécialisé en arrivant au bureau de l'UJA en qualité de secrétaire général adjoint d'abord et secrétaire général ensuite. J'ai également intégré le service SOS collaborateurs. Ce dernier est très intéressant. Des confrères de l'UJA, bénévoles, assistent des confrères en difficulté dans le cadre de leur contrat de collaboration devant toutes les commissions de l'Ordre. Nous plaidons ainsi devant la commission difficulté d'exercice en collaboration, devant la commission requalification, baptisée “SDR”, mais aussi parfois en commission déontologie, devant le Défenseur des droits, ou en Cour d'appel en cas de recours. J'ai ainsi fréquenté l'UJA de Paris pendant huit années, ce qui m'a permis de tisser de nombreux liens avec des confrères qu'on ne rencontre pas nécessairement. Cet engagement me permet d'avoir une vision très globale de la profession et de m'intéresser à des questions très diverses.

A.-P. : Comment avez-vous été choisi par l'UJA Paris avec Sophie Andrieux pour ces élections au Conseil de l'Ordre du barreau de Paris ?

J. B. : La décision a été prise très naturellement. La présidente de l'UJA de Paris a sollicité nos candidatures. Il faut savoir que j'ai rencontré Sophie et sur les planches de la Revue de l'UJA. Nous avons constitué un binôme et une fois que celui-ci a été formé, nous avons été investis par la commission permanente de l'UJA de Paris, en juillet dernier. Nous sommes partis avec le sourire à l'idée de commencer une campagne.

A.-P. : A vos yeux, quelles sont aujourd'hui les grandes priorités pour le barreau de Paris ?

J. B. : Il y a de nombreuses priorités pour le barreau de Paris. Vous savez que l'UJA de Paris travaille sur de nombreux sujets que nous portons au Conseil d'Ordre. Nous allons, bien entendu, nous engager sur les combats qui sont ceux de l'UJA tels que l'égalité et la non-discrimination, le respect du statut de la collaboration, l'accompagnement vers l'installation, la transition numérique de la profession, les relations avocats-magistrats... Nous constatons, par ailleurs, qu'une partie de la profession se paupérise et que certains avocats entretiennent une sorte de désamour de l'Ordre.
Les institutions de la profession doivent veiller à travailler plus avant sur ces problématiques, à veiller au bien-être des avocats dans la profession et à resserrer les liens avec les confrères.​

A.-P. : Quel est donc votre objectif ?

S. A. : Nous considérons que l'Ordre doit être un tremplin pour les avocats du barreau de Paris, qu'il doit œuvrer à faciliter l'accueil des jeunes confères dans la profession, soutenir et prendre position en faveur des confrères en difficultés, porter une profession conquérante vers de nouveaux marchés, lutter contre un projet de réforme des retraites déséquilibré qui paupérisera les plus fragiles, multiplier les initiatives pour que les avocats, les magistrats et les personnels de justice travaillent ensemble à améliorer nos quotidiens respectifs au bénéfice des justiciables. Un mandat au Conseil de l'Ordre consiste aussi pour nous à s'engager en faveur des confrères et consœurs traversant des moments difficiles dans leur carrière et en faveur des membres du barreau qui se trouvent en situation de précarité. Ce n'est ni plus ni moins que la déclinaison de notre serment au service de tous : s'engager avec humanité à faire preuve de solidarité.

A.-P. : L'UJA fait beaucoup pour les collaborateurs. Comment sentez-vous, aujourd'hui, l'arrivée des nouveaux avocats. Trouvent-ils les débouchés qu'ils souhaitent ?

J. B. : Nous constatons qu'aujourd'hui, la profession d'avocat est très attractive. Il n'est qu'à voir le nombre croissant de jeunes qui rejoignent le barreau de Paris. Nous voyons également des confrères pleinement s'épanouir dans leur exercice. En revanche, les départs de la profession sont alarmants avec des confrères qui partent dans des démarches de mobilité un peu contrainte : trop de charges, pas heureux dans un cabinet, déception vis-à-vis de l'exercice... C'est sur ces causes qu'il faut intervenir. Comment ? Tout d'abord, il convient d'identifier avec précision les griefs des confrères avant de se demander comment améliorer les choses. Peut-être en améliorant le contrat de collaboration, en aidant dès l'EFB les confrères à se préparer à la vie professionnelle. Peut-être faut-il se montrer plus attentifs à ce qu'il se passe dans les cabinets et pas seulement traiter les problèmes quand ils arrivent devant les différentes commissions qui ont vocation à sanctionner. En réalité, il faut créer toute une série de relais, en améliorant ceux qui existent déjà pour permettre une meilleure adaptation au sein de la profession.

S. A. : On peut aussi parler de celles et ceux qui s'installent et qui souffrent dans la profession. La conjoncture économique n'est pas réjouissante pour certains d'entre nous : des cabinets souffrent d'une baisse du nombre de leurs clients, de la faible rémunération des missions à l'aide juridictionnelle, des difficultés rencontrées par leurs clients pour payer leurs honoraires. L'accumulation de déconvenues professionnelles peut parfois venir gripper la mécanique : problèmes financiers, psychologiques, fragilisation progressive de la vie personnelle et familiale le conduisant à l'isolement.
Donne-t-on suffisamment les moyens de réussir à nos confrères ? L'Ordre doit se rendre disponible pour sauver les cabinets en difficulté, qui pourraient rapidement suivre les rails du succès si on leur apporte conseils et soutiens adaptés.
Il y a également un problème de méconnaissance de certains services rendus par l'Ordre. l'Ordre doit mieux communiquer sur ceux-ci. Dès l'EFB, il faut parler aux élèves-avocats de ce qui se fait, de ce qui est possible selon la situation à laquelle nous sommes confrontés. Je pense, par exemple, au référent collaboration, au référent tout court. Il y a également le service financier et social qui a été réformé par Marie-Aimée Peyron et qui permet d'obtenir une aide quand un avocat est confronté à des difficultés économiques ou morales. Il faut donc améliorer les choses, c'est important, mais aussi expliquer aux confrères. C'est un package global qu'il faut proposer.

A.-P. : Cela correspond très bien à votre volonté d'agir pour l'Ordre et pour vos confrères. C'est pour cette raison que vous êtes candidat ?

J. B. : C'est clairement l'une des raisons. Nous voulons donner de l'envie et, pour cela, il faut restaurer la confiance. Une fois que les confrères sont informés et qu'ils ont compris que nous sommes à leur disposition, nous avons déjà un terreau favorable pour ensuite aborder tous les sujets.

S. A. : En tant que membres du conseil, nous souhaiterions mettre toute notre énergie au profit de d'une vision humaine et solidaire de notre profession - qui doit rester unie et forte de sa diversité.

A.-P. : Pouvez-vous nous parler de la chaîne YouTube de l'UJA que vous avez récemment lancé ?

J. B. : Oui, j'ai décidé de lancer une chaîne YouTube, non pas de campagne, mais de l'UJA, en accord avec Marion Couffignal en septembre dernier. Quand je suis revenu à la commission permanente de l'UJA, après avoir pris un peu de recul pour affermir mon installation, j'ai concrétisé cette idée de chaîne internet qui me trottait dans la tête. Pendant les deux ans où j'étais extérieur, je me suis dit que l'UJA faisait des choses très bien, mais sans utiliser tous les moyens de communication pour s'exprimer auprès de nos confrères. Je me suis donc dit qu'il serait intéressant de créer une chaîne YouTube. J'ai associé cette création au travail de SOS collaborateurs dont je parlais précédemment. Le problème est que cette commission est encore assez peu saisie par les confrères, malgré plus de 400 saisines par an. J'ai créé ainsi une vidéo test de 6 minutes, en septembre, sur la présentation de SOS collaborateurs. C'est passionnant parce que ce média permet de donner une explication claire et précise à nos confrères. Je me suis surtout rendu compte que c'était efficace puisque Carole Painblanc, la responsable de la commission, a constaté un doublement des saisines de ce service de l'UJA depuis la publication de la vidéo. C'est ce qui me fait dire que la création de cette chaîne est intéressante. Nous avons mis en ligne six vidéos en ligne, en constant que les confrères accueillaient cette information avec beaucoup de bienveillance. Pourquoi ne pas décliner cette offre un peu partout, notamment à l'Ordre ?




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