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Elections au Conseil de l'Ordre du barreau de Paris

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Elections au Conseil de l'Ordre du barreau de Paris
@ DR - Caroline de Puysegur et Barthélemy Lemiale

Caroline de Puysegur et Barthélemy Lemiale sont les deux candidats de l'association des Avocats conseils d'entreprises (ACE) aux élections au Conseil de l'Ordre du barreau de Paris des 10 et 11 décembre prochains. Ils reviennent sur leur parcours professionnel, leurs convictions et livrent les raisons qui les conduisent aujourd'hui à se présenter en binôme.

Affiches Parisiennes : Vous êtes tous les deux candidats de l'ACE aux élections au Conseil de l'Ordre du barreau de Paris. Pouvez-vous présenter votre parcours ?

Barthélemy Lemiale : J'ai 41 ans et je suis avocat au barreau de Paris. Après une formation de deux ans au sein de la Cour de cassation et chez nos confrères de Hogan Lovells, j'ai été collaborateur au sein du cabinet Lussan et Associés pendant cinq ans, avant de fonder mon propre cabinet, Valmy Avocats, qui regroupe aujourd'hui une équipe de 12 avocats, dont quatre associés. Je suis également le co-fondateur d'une start-up spécialisée dans la blockchain, ipocamp.io, qui se donne pour ambition de devenir la banque mondiale de la propriété intellectuelle.

Depuis 2015, je suis également expert auprès de la commission prospective du Conseil national des barreaux. Nous y réfléchissons à l'avenir de la profession et aux moyens grâce auxquels les avocats pourront devenir les leaders du monde juridique. Je suis, par ailleurs, membre de l'ACE-JA et candidat, avec le soutien de l'ACE, à l'élection au Conseil de l'Ordre du barreau de Paris.

C'est mon frère Léopold qui m'a accompagné au sein de l'ACE où il est trésorier de l'ACE-JA. J'y ai intégré les commissions numériques et transformations du droit. C'était pour moi un prolongement naturel des convictions que je défendais depuis plusieurs années.

Caroline de Puysegur : Après un parcours de responsable juridique, au sein du groupe de haute technologie Sagem – aujourd'hui Safran –, je suis devenue avocate en 2007 en me spécialisant en droit immobilier. Je me suis également engagée dans une activité syndicale. J'ai commencé à avoir des mandats au sein de l'ACE en 2012, tout d'abord comme co-présidente de la commission “droit immobilier” et, depuis cette année, co-présidente de la commission déontologie et nouveaux métiers de l'avocat, avec Alain Spilliaert. Parallèlement, j'ai été élue vice-présidente de l'ACE Paris en janvier dernier. J'ai entrepris avec Nathalie Attias, MCO et nouvelle présidente de l'ACE Paris de re-dynamiser ce bureau, notamment à travers l'organsiation de soirées after work conjointement avec Ludovic Blanc, président de l'ACE-JA Paris mais également à travers la commission déontologie. Cette dernière me paraît être l'ADN de l'avocat, qu'il plaide ou pas. J'ai également été élue vice-présidente du conseil consultatif de la Carpa – Caisse des règlements pécuniaires des avocats, NDLR. à travers toutes ces activités, j'ai essayé de mieux comprendre ce métier. Les rencontres et les échanges avec les confrères m'ont toujours passionnée. J'ai également été très active pour la formation continue qui permet aux avocats de sortir de leur cabinet pour partager les bonnes pratiques, non seulement avec des confrères, mais aussi avec des magistrats et d'autres professionnels du droit. Cette ouverture est un enrichissement indispensable pour que les avocats comprennent qu'ils sont l'un des éléments du système économique juridique et qu'ils ne sont pas seuls dans leur bulle. Il est également très important que les avocats se sentent intégrés dans la cité.

Je me présente au Conseil de l'Ordre parce que je pense avoir le dynamisme, l'expérience et l'énergie nécessaires pour être au service de mes confrères. J'ai surtout le goût pour ces échanges et c'est une partie importante de mon activité à côté du développement de mon cabinet. Je suis associée depuis deux ans dans une Aarpi – Association d'avocats à responsabilité professionnelle individuelle, NDLR –, Nova Juris.

A.-P. : Pouvez-vous dire quelques mots sur ce cabinet ?

C. de P. : Nova Juris est une Aarpi fondée au départ avec Gustave Noukagué, un confrère venu du cabinet Racine. J'ai pensé qu'il fallait que je sois accompagnée par un avocat spécialisé depuis des années dans l'informatique et l'intelligence artificielle. C'était pour moi une manière de rentrer de plain pied dans la modernisation de notre barreau. Cette dimension numérique est devenue incontournable.

A.-P. : Et vous, Barthélémy Lemiale, qu'est-ce qui vous a décidé à vous présenter à cette élection du Conseil de l'Ordre ?

B. L. : J'avoue que j'ai toujours aimé ce type de responsabilités, j'ai toujours été délégué de classe. Etudiant, j'étais délégué de série au sein de l'EFB bien sûr. Je suis co-fondateur d'un cabinet, d'une start-up... J'ai structuré des équipes, développé des projets... A tous les moments de ma carrière, j'ai créé une dynamique et c'est bien ce que je compte faire à l'Ordre, notamment pour permettre aux confrères sur les chantiers numériques de pouvoir bénéficier des moyens de leur développement. L'Ordre n'est pas là pour faire le travail à la place des avocats. En revanche, son rôle est de leur permettre d'exercer dans les meilleures conditions en mettant à disposition les outils nécessaires, à la fois en termes de structuration juridique ou fiscale de leur cabinet dans le domaine de l'innovation. Quand on veut innover, on a besoin de techniciens, d'informaticiens, de développeurs commerciaux, de financiers, de managers. Un certain nombre de compétences sont nécessaires qui ne sont pas forcément présentes en permanence au sein des cabinets. C'est le rôle de l'Ordre d'accompagner cette mutation à un moment où, aux Etats-Unis par exemple, plus de 1,2 milliard de dollars ont été investis dans l'innovation juridique depuis le 1er janvier 2019. Par comparaison, en France nous en sommes à peine à 20 millions d'euros, alors même que le barreau de Paris dispose des ressources les plus exceptionnelles en termes de savoir-faire, d'expertise et d'accompagnement des clients.

A.-P. : Si vous êtes élus, au sein du Conseil de l'Ordre, vous allez vous consacrer au numérique ?

B. L. : Nous n'allons pas forcément travailler sur ce thème, puisque c'est le bâtonnier qui nous confie les missions. Néanmoins que ce soit Caroline, qui a eu l'opportunité d'accompagner une entreprise de haute technologie en tant que directrice juridique, ou moi-même qui l'ai pratiqué, le numérique ne nous fait pas peur ni ne nous impressionne. Nous sommes disponibles bien sûr pour être mis à contribution sur ces sujets que nous maîtrisons.

A.-P. : Comment s'est constitué votre binôme ?

C. de P. : Quand j'ai décidé de me présenter à cette élection, j'ai immédiatement pensé à Barthélemy puisque nous avions fait campagne séparément en 2015 et qu'il nous avait manqué très peu de voix pour être élus. Nous avons de nombreuses valeurs en commun au sein de l'ACE. C'est notre ADN. Pour nous, l'avocat, provisoirement collaborateur, a vocation à s'installer, en individuel ou dans une structure, à être un véritable entrepreneur, autonome. Il faut aider les avocats à s'installer, ce qui n'est pas facile actuellement.
Je pense que je peux apporter mon expérience. Barthélemy, quant à lui, a fondé un cabinet prospère. Il peut, lui aussi, apporter son expérience.

B. L. : J'ai tout de suite dit oui à Caroline. Je connaissais ses valeurs de bienveillance, d'écoute, de soutien qu'elle apporte à de très nombreux confrères, y compris au moment de leur installation. C'est quelque chose d'extrêmement fort chez elle. Margaux Nègre-Carillon, ma nouvelle associée depuis le 2 septembre dernier, avait d'ailleurs été soutenue par Caroline au moment de son installation. Je suis totalement admiratif de son parcours et de son énergie, qui peuvent apporter énormément à la profession. Notre candidature commune s'est ainsi imposée comme une évidence.

A.-P. : Dans ce binôme, il y a un aspect syndical avec les jeunes de l'ACE. Que voulez-vous démontrer aux avocats et aux collaborateurs qui arrivent dans la profession et affrontent beaucoup de difficultés. Comment envisagez-vous d'accompagner ces jeunes qui s'installent ?

C. de P. : L'installation n'est pas une décision facile à prendre quand on est un brillant collaborateur dans un grand cabinet où les jeunes sont souvent assez bien rémunérés. Ils hésitent beaucoup à sauter le pas. Ceux qui le font ont mûrement réfléchi le projet et anticipé cette décision en se constituant une trésorerie. Les associations qui réussissent sont celles qui ont été préparées. Deuxième point, vous parlez des collaborateurs, mais c'est surtout pour les collaboratrices que les problèmes se posent. Le taux de femmes au sein des associations reste très faible. Elles ne sont que
17 % dans les cabinets. Ce pourcentage se réduit à 4 % pour les structures liées aux Fusac – fusions acquisitions, NDLR. Je pense qu'il faut d'abord susciter l'ambition chez les femmes. Elles doivent oser s'associer en l'intégrant dans leur parcours. L'association doit être réfléchie en couple pour celles qui ont des enfants. Elles doivent également se dire qu'un parcours linéaire n'est pas obligatoire. Elles peuvent partir en entreprise – c'est d'ailleurs ce que j'ai fait – et revenir au sein du barreau avec un œil neuf. Il est certain que les cabinets qui auront une politique favorisant l'association des femmes seront bien mieux notés par les jeunes collaborateurs qui veulent intégrer ces cabinets. Cette culture là doit être développée.

B. L. : Il y a effectivement cette idée de parcours, de chemin, d'offrir des perspectives aux jeunes avocats. Quelle que soit la direction qu'ils choisissent, l'avenir des jeunes avocats est radieux. Quand on est collaborateur en cabinet, les exigences, le sérieux, la rigueur, l'engagement dont on doit faire preuve peut se déployer dans n'importe quel secteur d'activité. Les études de droit mènent à tout, dit-on. Et c'est vrai. Au delà de cette question d'installation qui est très importante, avec la possibilité de disposer des outils de son autonomie, il y a aussi ce qui se passe pendant la collaboration. En 2016, au sein de la commission prospective, j'ai co-rédigé un rapport pour le Conseil national des barreaux, autour de l'avocat “in mobilis”, c'est-à-dire capable de sortir de son cabinet et de s'insérer partout. A cette occasion, nous avions réalisé un sondage auprès du jeune barreau avec des réponses surprenantes. Ces jeunes rêvaient d'être avocats bien sûr, mais sans exercer que et seulement en cabinet. Ils souhaitaient pouvoir multiplier les activités et les missions. L'avocat en entreprise peut être l'un des moyens d'aller vers d'autres expériences. Le management des cabinets, la multiplication et la variété des missions deviennent alors fondamentaux.

C. de P. : Effectivement, je crois qu'il y a vraiment une culture du management à développer chez les associés pour donner envie aux collaborateurs et leur tracer un parcours. Lors du récent congrès de l'ACE à Lyon, nous avons assisté à une table ronde sur l'innovation au cours de laquelle de jeunes collaborateurs qui ont créé des legaltechs ont pu témoigner. Ces créations ont tellement intéressé les cabinets que les associés ont pris des participations dans les entreprises qui les développent. Ces jeunes collaborateurs, dont certains sont devenus associés de leurs cabinets, ont les yeux ouverts sur d'autres horizons.

A.-P. : Pourquoi vos confrères devraient voter pour vous ? Que voulez-vous leur dire ?

B. L. : Le premier message, c'est de votez et de participer ! De ne pas laisser notre démocratie ordinale n'être que l'apanage de quelques-uns. Plus les avocats seront nombreux à s'intéresser à l'Ordre mieux ce sera. Il y a aujourd'hui 14 binômes en campagne. Sept seront élus. J'appelle donc tous les confrères à se mobiliser pour faire valoir leurs points de vue. A mon sens, leurs suffrages devraient aller vers ceux qui sont prêts à travailler au sein de l'Ordre, qui se sont formés pour les missions qui les attendent et qui seront immédiatement opérationnels. C'est le cas pour Caroline, qui travaille depuis plus de sept ans au sein des commissions de l'ACE, ou pour moi-même, après cinq années passées au Conseil national des barreaux, au sein de la commission prospective.

C. de P. : Je voudrais dire que nous sommes prêts. Comme l'a dit Barthélémy, nous avons l'habitude des sujets qui concernent l'Ordre. Nous avons également la culture puisque nous nous intéressons à notre profession, à travers l'ACE, depuis de nombreuses années. Par ailleurs, l'innovation ne nous gouverne pas ni ne nous subjugue. Nous y avons été confrontés tout au long de nos parcours respectifs. L'idée n'est pas d'imposer un vent violent de modernisation, mais au contraire d'accompagner les confrères en leur disant “nous sommes passés par là”. Aujourd'hui, mieux vaut travailler avec l'intelligence artificielle que s'y opposer. J'ai quand même le sentiment que notre barreau est en train d'évoluer. Nous devons à présent dépasser le stade des promesses. Il faut passer à l'action avec pragmatisme pour moderniser notre barreau. Enfin, Barthélémy et moi avons l'énergie et la sensibilité pour assumer toutes les missions qui nous seraient confiées. C'est donc nos parcours personnels et politiques qui nous permettent de nous sentir particulièrement armés pour travailler au sein de l'Ordre.




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