Egypte : la tension monte

La crise politique en Egypte tourne à l'affrontement entre partisans et adversaires du pouvoir.

ActualitéRégion Île-de-France & Grand Paris Publié le ,

La Chambre des députés ayant été dissoute en juin, suite à une décision de justice prise à la demande des libéraux, le président Mohamed Morsi a promulgué le 22 novembre dernier un décret qui lui donne des pouvoirs exceptionnels. Il lui permet notamment de prendre toute mesure « nécessaire afin de protéger la révolution », une formulation floue, propice à tous les abus de pouvoir. Il empêche également les tribunaux de contester ses décisions et de dissoudre l’Assemblée constituante (créée en juin mais en sommeil depuis). Très largement dominée par les Frères musulmans, cette assemblée a bouclé en deux jours l’examen du projet de nouvelle Constitution et ce texte sera soumis aux Egyptiens par voie référendaire le 15 décembre.

Le texte fait des « principes de la charia » la « source principale de la législation », en précisant que ces principes doivent être interprétés selon la doctrine sunnite et que les savants de l’université islamique Al Azhar doivent être consultés pour « toute matière liée à la charia ». Il attribue à la police le rôle de « préserver la morale publique » et à l’Etat celui de protéger « la nature originelle de la famille égyptienne ». Il punit les insultes aux personnes humaines et aux prophètes. Par ailleurs, plusieurs articles concernant l’égalité des sexes ou l’interdiction d’exploiter les êtres humains ont été supprimés. Cette nouvelle Constitution n’instaure pas un régime islamique, mais elle rend possible une évolution très conservatrice des lois sociales, notamment en ce qui concerne le statut de la femme.

La tradition musulmane ne sépare pas le religieux du civil. Or l’Histoire nous a montré que les autorités religieuses, lorsqu’elles exercent une forte influence sur le pouvoir politique, font souvent preuve d’intolérance. Source des guerres de religion, de l’inquisition, etc. Les islamistes égyptiens semblent vouloir imposer les règles de la charia à tous leurs concitoyens. D’où une situation très tendue, qui pourrait dégénérer en guerre civile.

Partager :
Envoyer à un ami
Connexion
Mot de passe oublié ?