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Egalité des chances en entreprise : quelle est la perception des salariés ?

Le Medef vient de présenter la synthèse des résultats de la 9ème édition du Baromètre national de perception de l'égalité des chances en entreprise, réalisé à sa demande par l'institut TNS Kantar, s'agissant des pratiques et actions menées en matière de diversité, de leur efficacité et des priorités d'engagement souhaitées par les salariés du secteur privé en France.
Egalité des chances en entreprise : quelle est la perception des salariés ?
@ TNS Kantar

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A l'occasion de la semaine de l'égalité des chances organisé par le Medef et l'Association française des managers de la diversité (AFMD), le syndicat patronal a présenté les résultats 2020 du Baromètre national de perception de l'égalité des chances en entreprise. Un rapport fait par et pour les adhérents du Medef, qui ont accepté de se mesurer en la matière et de tirer des leçons de la perception de leurs salariés sur la politique menée en matière d'égalité des chances au sein de leur entreprise. Pour ce faire, 1 502 salariés du secteur privé ont répondu à une enquête en ligne, menée du 6 au 18 mai 2020.

Les résultats ont été présentés lors d'un webinaire digital par Armelle Carminati, présidente du comité entreprise inclusive du Medef, à la suite du discours d'ouverture tenu par Geoffroy Roux de Bézieux, son président, qui a rappelé que tout l'enjeu de cette étude. « L'égalité des chances est un sujet important pour la cohésion de notre pays », a-t-il déclaré.

Importance constante de l'égalité des chances

Il ressort du baromètre que l'égalité des chances en entreprise reste un sujet prioritaire ou important, et ce pour 90 % des salariés français. Ce sujet arrive derrière la santé et la sécurité au travail et la qualité de vie au travail, qui sont prioritaires pour respectivement 96 et 95 % des sondés. Cette année, ce critère connait une légère baisse mais 74 % estiment néanmoins que le sujet est prioritaire ou important pour la direction de leur entreprise.

S'agissant des actions mises en place au sein des entreprises pour favoriser la diversité et l'égalité des chances en entreprise, 69 % des salariés sont capables de nommer au moins une action mise en place par leur direction. Parmi ces actions, les accords d'entreprise sont cités à 31 % en 2020, soit 6 points de plus que l'année passée. Comme le souligne le baromètre, le dialogue social devient ainsi la première action connue par les salariés.
Parallèlement, les salariés se sentent davantage associés aux actions d'égalité des chances mises en place par leur employeur : 54 % d'entre eux s'y sentent suffisamment associés, soit +3 points par rapport à 2019. Enfin, 81 % des salariés estiment que leur entreprise représente comme il le faut la diversité de la société, contre 78 % en 2019.

10 chantiers prioritaires des entreprises

Interrogés sur les éléments sur lesquels les entreprises devraient agir en priorité pour faire évoluer les mentalités, dix chantiers ont été retenus par les salariés. Les sujets en lien avec l'égalité professionnelle arrivent en tête des réponses : l'égalité salariale, à 57 %, et l'égalité entre les femmes et les hommes (F/H), à 55 %, sont les deux chantiers jugés prioritaires pour permettre plus d'égalité des chances en entreprise. A noter que l'égalité F/H est un sujet jugé prioritaire ou important pour 63 % de femmes contre 50 % d'hommes. Par ailleurs, seuls 56 % des salariés se sentent suffisamment associés aux actions en lien avec cette égalité mises en place dans leur entreprise et encore 9 % des sondés pensent qu'il n'est pas possible d'être promu à un poste à haute responsabilité dans leur entreprise en étant une femme.

Viennent ensuite le sujet de l'âge (45 %), du handicap, visible ou invisible (39 %) mais également du diplôme, de la diversification des profils et de l'origine sociale, cités par près de 40 % des salariés.

Crainte persistante d'être victime de discrimination

Après plusieurs années de baisse, les salariés font de nouveau état d'une crainte d'être victime de discrimination, tant lors de l'embauche que dans leur entreprise. Ainsi, 56 % des salariés interrogés pensent qu'ils pourraient un jour être victime de discrimination à l'embauche. Dans le détail, les femmes craignent cette discrimination à 59 %, contre 55 % des hommes, et les 25-34 ans la craignent à 64 %, contre 53 % des + de 35 ans.

Le taux de salariés qui expriment une crainte d'être discriminé dans sa propre entreprise diminue, pour atteindre 41 %, une crainte partagée de manière homogène entre les femmes et les hommes.
Interrogés sur les critères sur lesquels serait basée la discrimination dont ils pourraient être victime dans leur entreprise, dix ont été cités par les répondants. En premier lieu l'âge, à 39 %, un taux en constante hausse. S'en suit l'apparence physique (25 %) et l'état de santé (maladie hors handicap), pour 20 %, deux craintes qui ne cessent d'augmenter depuis 3 ans, puis le niveau de diplôme et le sexe du salarié, pour respectivement 19 et 17 % des sondés.

Il est notable que les craintes de discrimination diffèrent selon le sexe : le critère de l'âge est la principale crainte de discrimination pour 43 % des femmes, contre 36 % des hommes, suivi du critère du sexe (pour 28 % contre 8 % des hommes) et de leur apparence physique (27 %). S'agissant des hommes, ce dernier critère apparait comme une crainte de discrimination pour 23 %, suivi par l'état de santé et la maladie hors handicap (21 %) et les opinions politiques (21 %).

Concernant le handicap (visible ou invisible), il est le quatrième sujet cité par les salariés pour permettre plus d'égalité des chances dans leur entreprise, à 39 %, et 9 % des salariés interrogés pensent qu'ils pourraient se faire discriminer pour cette raison. Pour autant, 70 % des sondés disent qu'il est facile de parler de ses problèmes de santé ou de son handicap dans son entreprise et 80 % que le sujet est facile à aborder lorsque celle-ci possède un service diversité.

Caractères stigmatisants chez les salariés

Outre leur crainte de discrimination, les salariés font également part du, ou des critères de stigmatisation dont ils pensent être porteurs. Ainsi, 73 % des sondés pensent présenter au moins une caractéristique stigmatisante, soit +4 points par rapport à 2019. Pour 23 %, il s'agit de leur origine sociale modeste. De plus, 19 % se considèrent comme senior et 15 % pensent présenter un parcours scolaire ou professionnel atypique. Le surpoids arrive en cinquième position des critères potentiellement stigmatisants. Si 88 % des personnes interrogées disent qu'il est possible de se faire recruter dans leur entreprise quand on est obèse, 83 % qu'il est possible d'être promu à un poste à hautes responsabilités, des taux portés à respectivement 91 % et 89 % en présence d'un service diversité dans l'entreprise, l'importance apportée au physique reste un perturbateur d'ambiance en entreprise pour 12 % des sondés, dont 14 % de femmes.

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