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Effets de la crise sanitaire sur le PIB : les premières estimations de la Banque de France

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Effets de la crise sanitaire sur le PIB : les premières estimations de la Banque de France
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Sur toutes les lèvres, la question des conséquences économiques de la crise sanitaire recevait ce mercredi 8 avril les éclairages de la Banque de France qui publiait un point sur la conjecture française à fin mars. A partir d'indicateurs par secteur, elle estime à -32 % la baisse d'activité agrégée sur une quinzaine type de confinement.

Malgré les circonstances actuelles, l'enquête mensuelle de conjoncture (EMC) de la Banque de France a tout de même reçu les réponses de 8 500 entreprises, des réponses qui ont pu permettre d'établir une estimation de la perte d'activité, par secteur puis au niveau agrégé durant la première quinzaine du confinement. Cette estimation s'est faite selon une méthodologie nouvelle, celle classiquement utilisée ne permettant pas de saisir avec pertinence les éléments de rupture (car il s'ajuste aux évolutions habituelles du passé). Le degré de précision de la nouvelle méthode, précise la Banque de France, est moindre « mais fournit un ordre de grandeur tout à fait fondé et utile pour apprécier la situation économique la plus récente ».

-1,5 %, c'est ce que chaque semaine de confinement amputerait au PIB annuel, un chiffre à manier toutefois avec prudence

Des chiffres construits par secteur

L'enquête se fonde notamment sur le nombre de jours de fermeture exceptionnelle sur la première quinzaine du confinement, en moyenne de 5 jours dans l'industrie, 6 dans les services marchands (des chiffres à rapporter à une durée totale de 10,5 jours, week-end non compris) avec des écarts allant de 1 jour dans l'informatique à 14 dans la restauration. Les soldes d'opinion (la différence entre la proportion d'entreprise ayant un point de vue positif et celle ayant un point de vue négatif) sur l'activité, également utilisés, montrent un mouvement de baisse général, avec une activité qui se replie dans tous les secteurs de l'industrie, souvent de manière brutale. Le mouvement n'est pas uniquement lié au contexte français, les commandes en provenance de l'étranger étant également fortement affectées. Le taux d'utilisation des capacités de production estimé dans l'industrie s'élève à peine à 56 % (de 41 % dans le secteur automobile à 79 % dans l'industrie pharmaceutique)

Indicateurs agrégés

Avec ces divers éléments issus de l'enquête, l'impact sur l'activité lors d'une semaine type de confinement a pu ensuite être estimé par branche puis sur le PIB (par une moyenne pondérée par la valeur ajoutée, le PIB pouvant se calculer comme la somme des valeurs ajoutées réalisées par chaque branche de l'économie). Selon cette approche, la perte d'activité sur une quinzaine type de confinement est estimée à -32 % dans l'ensemble de l'économie (voir tableau). En élargissant aux deux premières semaines de mars, on obtient une perte d'activité mensuelle de 17 %. Alors que le PIB évoluait peu depuis le premier janvier, est ensuite estimée une baisse du PIB au premier trimestre de 6 % (approximativement, en divisant par 6, nombre de quinzaines dans un trimestre ce -32 %, en tenant compte aussi des premiers effets du confinement observable sur la première quinzaine de mars). A titre de comparaison, la publication de la banque de France indique : « Il faut remonter au 2e trimestre 1968, marqué par les événements du mois de mai, pour retrouver une baisse trimestrielle de l'activité du même ordre de grandeur ».

Le rebond avait toutefois été de +8 % au trimestre suivant. Par rapport au quatrième trimestre 2008, les indicateurs baissent, en ce début 2020, 1,5 fois plus dans l'industrie et 4 fois plus dans les services marchands, des services en premières victimes de façon assez inédite. Et si l'on divise enfin approximativement ce -32 % par le nombre de quinzaine dans l'année (24), on obtient que chaque quinzaine de confinement ampute le niveau du PIB annuel de près de 1,5 %.

Entre prudence et robustesse

La Banque de France invite toutefois à lire ce chiffre de -1,5 % avec prudence, dans la mesure où il est possible que la perte de PIB par quinzaine évolue à mesure que la durée cumulée de confinement s'allonge. L'ordre de grandeur du -32 % est, quant à lui, corroboré par l'exploitation d'autres sources de données, comme celle des transactions effectuées par carte bancaire ou celle des demandes d'activité partielle déposée à la Dares.




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