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Edouard Philippe : « Parler d'éthique, c'est déjà parler de liberté »

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Edouard Philippe : « Parler d'éthique, c'est déjà parler de liberté »
@ AP

Introduit par Bernard Cazeneuve, son prédécesseur à Matignon, le Premier ministre Edouard Philippe est venu conclure la journée. Un discours d'une demi-heure, qui, à défaut de pouvoir balayer tous les thèmes de la journée, s'est focalisé sur la question de l'intelligence artificielle. En la matière, l'ancien maire du Havre a son credo : « S'agissant du gouvernement des Hommes et de la rédaction de la loi, je ne crois qu'à une seule combinaison : une volonté claire s'agissant des actes, une main tremblante s'agissant de la loi et toujours, toujours les yeux grands ouverts ».

« Parler d'éthique, c'est déjà parler de liberté ; les questions éthiques se posent car nous sommes libres ». C'est l'éternelle question de l'articulation entre le possible et le souhaitable, « un des grands défis de l'humanité ».

Alors que le « startuper dans son garage » a laissé sa place au « bio-hacker » capable de lancer un produit à partir du numérique, en manipulant le vivant ou autre, sans qu'importent les frontières, trois écueils seraient à éviter : se résoudre à l'impuissance publique, affirmer une sorte d'hyperpuissance publique qui réduirait la technologie au service de l'Etat et tuerait l'innovation, et croire que le Parlement peut prendre des décisions seul sur le sujet alors que le monde politique peine souvent à comprendre le dernier état de l'art.

« Il faut ancrer dans les pratiques une forme de démocratie participative entre le laisser-faire total et l'excès de régulation ».

Comment notre droit peut-il encadrer ces nouveaux défis de régulation ? Tout d'abord en affirmant clairement les principes éthiques, comme la France a su le faire avec la loi informatique et liberté, ses lois bioéthiques (« un cas d'école », avec le CCNE pour éclairer ce sujet « vertigineux », ses débats publics et ses clauses de révision), ou encore sa stratégie militaire qui interdit que la décision de faire feu soit prise par autre chose qu'un humain. à l'avenir il faudra sans doute réfléchir à la place des algorithmes dans la justice, souligne Edouard Philippe.

Ensuite, « il faut toucher au droit d'une main tremblante avec une prudence fondée sur la raison, sur la compréhension et l'expérimentation, qui avec la délibération sont les pierres angulaires du processus de décision, bien plus que sur la peur. D'aucuns diront que nous tâtonnons : nous devons nous féliciter de prendre notre temps pour décider en la matière ».

« Une intelligence artificielle de confiance est une intelligence compréhensible » avait dit le président Macron.

Le chef du Gouvernement formule l'idée à partir de l'Ethique de Spinoza : « développer la connaissance est un préalable indispensable à l'action éthique pour acquérir un degré de puissance supérieur aux machines ».

La garantie du risque algorithmique sera sans doute un grand thème de débat : une responsabilité et une personnalité juridique pour les robots comme dans l'Introduction au droit martien de Philippe Ledoux ? Edouard Philippe se réfère en la matière aux réflexions d'Hans Jonas sur l'éthique du risque qui viendra cohabiter avec une éthique de la responsabilité. C'est, pénaliser non seulement l'auteur d'un dommage mais aussi l'organisation qui a rendu possible sa réalisation, « car même si elle ne l'a pas commis intentionnellement, elle tire profit d'une activité qui a permis le dommage ».

Il faut enfin ne pas se comporter comme des Bouvard et Pécuchet, ces personnages flaubertiens pratiquant une science désintéressée qui finalement sème la pagaille, mais garder « toujours, toujours, les yeux grands ouverts ».




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