AccueilRégion Île-de-France & Grand ParisEcotaxe : les routiers en colère

Ecotaxe : les routiers en colère

Les opérations escargots se multiplient pour protester contre l'écotaxe, tandis que le gouvernement reste vague sur le calendrier de sa mise en application.

ActualitéRégion Île-de-France & Grand Paris Publié le ,

Inscrite en 2009 dans la loi Grenelle 1, l’écotaxe sur les poids lourds devait entrer en vigueur le 1er janvier prochain. Elle concerne les poids lourds de plus de 3,5 tonnes, vides ou chargés, qui circulent sur les routes nationales et les routes départementales ou communales contournant des itinéraires payants (soit 15 000 kilomètres de routes). Le montant de cette taxe dépend de la taille, de l’âge, du niveau des rejets polluants du véhicule, ainsi que des kilomètres parcourus. Elle devrait rapporter 1,15 milliard d’euros par an, dont 750 millions pour l’Etat, 150 millions pour les collectivités concernées et 250 millions pour la société Ecomouv’, chargée de la collecte et de la gestion de l’écotaxe. A priori, ce prélèvement présente de nombreux avantages : financer les infrastructures de transport par les véhicules qui contribuent le plus à la dégradation des routes, obliger les professionnels à optimiser le remplissage des camions, réduire le trafic des poids lourds et donc les émissions polluantes, etc. Plusieurs pays européens (Allemagne, République tchèque et Suisse notamment) ont mis en place des écotaxes sur le même principe, sans susciter de réactions notables.

En France, des syndicats de transporteurs menacent de multiplier les barrages routiers jusqu’à l’abrogation de l’écotaxe. L’enjeu est évidemment économique. Selon le ministère de l’Ecologie, le coût supplémentaire (payé par le client du transporteur) par kilomètre parcouru serait de l’ordre de 10 %. Cette majoration, qui ne semble pas excessive, est un peu la goutte d’eau qui fait déborder le vase pour une profession essentiellement composée de petites entreprises et confrontée à la concurrence des chauffeurs étrangers low-cost, parfois payés cinq fois moins cher que leurs homologues français. Avec un contexte de ras-le-bol fiscal qui n’arrange rien. Un dossier bien épineux pour le gouvernement, qui voudrait désamorcer cette fronde mais devra financer le manque à gagner s’il renonce ou diffère l’écotaxe.

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