AccueilEntrepriseVie des entreprisesÉconomie : 24 économistes rendent leurs propositions sur les grands défis à venir

Économie : 24 économistes rendent leurs propositions sur les grands défis à venir

Les 24 économistes missionnés par le chef de l'Etat Emmanuel Macron ont rendu leurs conclusions sur les grands défis économiques à relever dans les prochaines années. Les grands thèmes abordés sont le changement climatique, la lutte contre les inégalités et le défi démographique.
Économie : 24 économistes rendent leurs propositions sur les grands défis à venir
© DR

EntrepriseVie des entreprises Publié le ,

Olivier Blanchard, professeur émérite au Massachusetts Institute of Technology et Jean Tirole, président honoraire de la Fondation Jean-Jacques Laffont, sont les rapporteurs de la commission commandée par Emmanuel Macron sur les grands défis économiques à venir. Dans une période économique troublée par la pandémie de Covid-19, les économistes ont souhaité rappeler que les problématiques présentes avant la crise étaient toujours d'actualité aujourd'hui.

Les membres de la commission ont avant tout été choisis pour leurs compétences en économie. Ils appartiennent à des courants intellectuels et politiques très divers et se sont exprimés en toute liberté, assurent les rapporteurs. Ces derniers rappellent que le point de vue donné par leur rapport est uniquement économique et doit être complété par une analyse d'autres experts, d'acteurs de terrain ou encore de citoyens.

Concernant le mode opératoire de cette commission, les 24 économistes ont été séparés en trois groupes de huit, chaque groupe devant traiter un chapitre spécifique. La commission a dédié son travail à la mémoire d'Emmanuel Farhi, un rédacteur du rapport décédé durant la rédaction. Pour chacun des différents thèmes, les économistes ont cherché à déceler les problématiques pour proposer leurs stratégies afin d'y répondre au mieux.

Tout d'abord, ils ont estimé que, d'un point de vue général, les réformes proposées par les gouvernants devaient être souhaitées et acceptées par la population pour avoir une chance d'aboutir et d'être efficaces. Pour cela, les dirigeants doivent prendre en compte les conséquences pour l'ensemble de la population afin de satisfaire un maximum de personnes.

Chapitre Climat : “ une tarification carbone est nécessaire”

La tarification du carbone est une mesure impopulaire en France, on a pu s'en rendre compte à l'automne 2013 lors de la réforme de l'écotaxe, abandonnée par le Gouvernement après de vives contestations notamment en Bretagne. Même constat en 2018 avec la crise des « gilets jaunes », déclenchée par l'augmentation du prix de l'essence en partie due à la mise en place d'une taxe par l'Etat. Si la commission a conscience de la difficulté de mettre en place une réforme de tarification du pétrole, elle juge essentiel de mettre en place une mesure de ce type pour encourager les déplacements plus propres et les comportements éco-responsables.

S'agissant du secteur Recherche et Développement écologique, qui progresse d'années en années, la commission estime qu'il faut donner plus d'aides et de subventions à ces chercheurs afin de développer des outils toujours moins polluants le plus rapidement possible. Les économistes, qui se sont penchés sur la question du changement climatique, estiment que si ces mesures sont mises en place en France sans que les autres pays fassent de même, elles n'auront qu'un impact très faible sur l'atténuation du changement climatique.

Lutte contre les inégalités, l'éducation comme priorité

Selon les économistes, la réduction des inégalités passe par un accès équitable à l'emploi et à l'éducation. Renforcer “l'égalité des chances” est la première chose à faire selon eux. Pour cela, ils souhaitent utiliser l'impôt sur les successions. Selon eux, ce dernier ne joue pas le rôle qu'il pourrait dans l'amélioration de l'égalité des chances. Plus que son taux, c'est la manière dont il est conçu et les possibilités d'y échapper qui sont en cause. Les recettes tirées de l'impôt sur les successions pourraient être explicitement affectées à une redistribution favorisant l'égalité des chances.

Le rapport préconise également de stimuler la création d'emplois de qualité, influer sur le progrès technologique et redéfinir les règles commerciales.

Le défi démographique… et les retraites

L'allongement de l'espérance de vie mais aussi de l'espérance de vie en bonne santé sont de bonnes nouvelles, des réussites majeures de notre société. Selon les auteurs, ils impliquent des ajustements dans la manière dont la société est organisée, en premier lieu le maintien d'un juste équilibre entre travail et retraite. Les économistes expliquent que pour que le système de retraite reste à l'équilibre, l'allongement de l'espérance de vie impose soit de réduire les prestations, soit d'augmenter les cotisations, soit de relever l'âge de la retraite.

Les auteurs estiment que le système de retraite devrait être unifié, devenir plus transparent et plus juste. Il devrait ménager une marge de souplesse individuelle pour permettre à chacun d'arbitrer entre âge et montant de la retraite et tenir compte des fortes disparités entre actifs quant à leur parcours de vie et leur espérance de vie. Ils expliquent cependant que la réforme actuellement sur le tapis “est perçue comme technocratique et manquant de transparence”.

Ce rapport sera étudié par le chef de l'Etat et pourrait influer sur les décisions politiques et les réformes menées dans les mois où les années à venir.

Partager :
Envoyer à un ami
Connexion
Mot de passe oublié ?