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Divorce consommé entre les TPE et la classe politique

Défiance et dépit dominent les résultats teinté de pessimisme de la nouvelle édition du Baromètre des TPE, réalisée par l'Ifop pour Fiducial auprès des Très Petites Entreprises…
Divorce consommé entre les TPE et la classe politique

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Selon cette étude, la majorité des patrons de TPE (56 %) témoigne d’un intérêt élevé pour la politique. 84 % d’entre eux estiment pourtant que les responsables politiques ne prêtent pas attention à leurs préoccupations. Malgré quelques élans, les élus ne parviennent pas à convaincre qu’ils maîtrisent l’univers de l’entreprise. Pour 92 % des patrons de TPE, « les personnalités politiques ne savent pas comment fonctionnent les petites et moyennes entreprises françaises », et 66 % « considèrent qu’elles ne comprennent d’ailleurs pas l’économie en général ».

Voilà sans doute pourquoi 98 % d’entre eux souhaiteraient voir davantage de personnes issues du monde de l’entreprise intégrer les rangs des dirigeants politiques.
En fait, les patrons de PME souhaitent un profond renouvellement de la classe politique. 92 % sont en faveur « d’un personnel élu faisant plus appel aux jeunes, 87 % désirent y retrouver plus de femmes, 86 % d’individus venant de milieux populaires, et 57 % de personnes issues de l’immigration ».

Crise des institutions et de la représentation

Les dirigeants de TPE font relativement peu confiance aux acteurs politiques. Les partis sont les plus mal positionnés, puisque seulement 9 % des patrons de TPE leur accordent leur confiance. Ils sont précédés par l’exécutif (16 %), les syndicats (18 %), les parlementaires (27 %) et l’Etat (32 %). Seuls les élus locaux, les maires, trouvent grâce à leurs yeux (78 %). En comparaison, 86 % jugent les dirigeants de PME fiables.

D’ailleurs, 55 % des personnes interrogées considère que la démocratie française ne fonctionne pas bien et 73 % jugent le niveau de corruption important en France. Cette défiance généralisée à l’égard de la République et de ses institutions s’exprime par un sentiment de révolte éprouvé par 55 % des patrons de PME envers l’actuelle situation économique et sociale de la France, ou un sentiment de résignation pour 30 % d’entre eux.

Plus globalement, il faut souligner que 85 % des patrons de TPE considèrent que les partis politiques français échouent dans leur mission d’amélioration de la situation du pays, et 79 % qu’ils défendent mal l’intérêt général de la France.

Pour remédier à cette situation, 75 % des chefs d’entreprise invitent le président de la République et son gouvernement à changer de ligne politique. Lorsqu’on les interroge sur les marges de manœuvres politiques de François Hollande, 71 % souhaitent qu’il puisse convaincre des personnalités du centre et de la droite de participer au gouvernement et 53 % qu’il provoque de nouvelles élections législatives.

La gauche discréditée
Presque un tiers des dirigeants de TPE (29 %) se positionnent à droite de l’échiquier politique, 23 % se considèrent au centre contre seulement 13 % à gauche. Néanmoins, cet électorat n’est pas acquis car en période d’élection, les patrons de PME sont peu nombreux à considérer le parti auquel le candidat appartient comme un critère décisif de leurs choix (22 %). Les chefs d’entreprise sont en effet d’abord sensibles au programme des candidats, 53 % citant cet élément comme le premier critère déterminant leur vote. Viennent ensuite la compétence du candidat en matière économique (47 %), la personnalité de ce dernier (39 %) et les mesures économiques proposées (31 %). Confirmant la suspicion à l’égard des partis, 72 % des patrons de TPE estiment que ceux-ci sélectionnent mal leurs candidats pour les élections.

L’étude des traits d’image des trois plus grandes forces politiques actuelles révèle que parmi ces dernières, le Parti socialiste est le plus malmené. Pour « redresser » le pays, les patrons de TPE croient davantage en les capacités de l’UMP (41 %) et de l’UDI (33 %), qu’en celles du Parti socialiste (19 %) ou même du Front National (15 %). Néanmoins, ils jugent le FN comme le parti politique le plus proche des préoccupations des Français aujourd’hui (49 %), nettement devant l’UMP (32 %) et surtout le PS (17 %). En outre, près d’un quart des sondés (24 %) considèrent que le Front National possède des dirigeants de qualité, soit un point de plus que le PS, mais derrière l’UMP (35 %).

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