AccueilEntrepriseVie des entreprisesDidier Zeitoun – Président du groupe Magellan Partners « Le cloud est vraiment la lame de fond de l’avenir »

Didier Zeitoun – Président du groupe Magellan Partners « Le cloud est vraiment la lame de fond de l’avenir »

Le groupe Magellan Partners est l’un des leaders du Conseil en Organisation et Systèmes d’information ancré dans les Technologies et la Data.
Didier Zeitoun, groupe Magellan Partners
© AP - Didier Zeitoun, groupe Magellan Partners

EntrepriseVie des entreprises Publié le ,

Affiches Parisiennes : Quelle est l’activité de Magellan Partners ? Des nouveaux projets ont-ils vu le jour ?

Didier Zeitoun : Au départ, l’idée est de définir un plan stratégique pour l’ensemble du groupe. Donc nous en avons défini un, à la fin de l’année 2020 avec une vision pour 2025. Ce plan délimite où nous voulons nous développer dans les activités de conseils, en organisation et en système d’information, et aussi dans l’informatique (IT). Le premier objectif de notre plan stratégique est de construire de la croissance organique, c'est-à-dire d'être capable de se développer par nous-mêmes chez nos clients avec de nouvelles offres et expertises. Le deuxième objectif est d’accélérer notre développement, notamment sur des nouvelles activités IT où nous ne serions pas encore présents aujourd’hui, l’idée étant pour cela de faire de nouvelles acquisitions. Par exemple, nous voulions nous renforcer sur AWS d’Amazon et sur Google, donc nous avons fait des acquisitions en ce sens.

Aujourd’hui nous avons également souhaiter nous développer sur SAP. L’entreprise a annoncé, comme elle le fait tous les 15/20 ans une nouvelle grande version de SAP. Cette version, export S4, va notamment permettre de tourner dans le cloud, une grande première. C'est une très grosse évolution et il va y avoir des chantiers de migration technique et fonctionnelle de tous ceux qui utilisent SAP dans le monde, sachant que la version actuelle ne sera plus accessible d’ici 2027. Donc nous avons fait deux acquisitions coup sur coup, MMH et MBV SI, pour avoir maintenant une activité qui permette d'accompagner les clients sur toutes leurs migrations vers cette nouvelle version de SAP. Depuis 2021, nous avons racheté six entités et sommes désormais armés autour de AWS, Google et SAP.

A. -P. : Comment se porte votre groupe aujourd’hui ?

D. Z. : Notre chiffre d’affaires est d’environ 220 millions d’euros. Aujourd'hui, nous sommes un peu moins de 2 000 collaborateurs avec à peu près 400 consultants en organisation et en systèmes d'information et près de 1 600 sur les activités IT. La proposition de valeur à nos clients reste toujours d'avoir à la fois, des consultants et des experts technologiques sur nos activités IT dans une seule et même équipe. C'est un des éléments nous différenciant des autres. Notre conviction est qu’aujourd’hui il n’est pas possible de faire une mission de conseil si nous n'avons pas de compétences technologiques. Et, à l’inverse, quand nous faisons des projets technologiques, il faut avoir des compétences fonctionnelles, organisationnelles, processionnelles, pour proposer des projets concrets et opérationnels à nos clients.

A. -P. : Comment arrivez-vous à gérer vos structures ?

D. Z. : Nous avons construit une méthodologie qui fonctionne bien. Nous avons un plan d'intégration qu'on appelle le plan des 100 jours. L'idée, c'est que dans les 100 premiers jours, nous travaillons avec l'équipe, soit des fondateurs, soit de la direction de la société que nous avons achetée, sur l'intégration de tous les chantiers : le côté commercial, les clients, le volet marketing, les offres, le volet RH, le volet finance pour les systèmes d'information… Là-dessus, nous commençons à avoir un sacré savoir-faire, mais nous respectons toujours les acquis de l'ADN de toutes les sociétés qui nous ont rejoints. L'idée ce n’est pas d'homogénéiser tout sur chacun des sujets. Le point fondamental, c'est de construire des synergies commerciales entre les différentes activités. Dans les 100 premiers jours, nous allons systématiquement voir tous les clients de notre nouvelle entité en leur présentant le Groupe. Le focus est alors très fort sur les possibilités commerciales et les expertises partagées de nos consultants. Puis progressivement nous rajoutons des choses qui n’existaient pas telles que de nouvelles offres, de nouvelles formations ou de nouveaux avantages pour les collaborateurs

A. -P. : Qu’est-ce que vous leur apportez ? Comment se faire accepter et respecter ?

D. Z. : Des nouvelles briques, des nouveaux avantages. Voilà par exemple, pour parler des éditeurs, chez nous, quand un consultant a une certification, il a une prime. Nous ne faisons que rajouter, nous ne touchons pas aux avantages acquis et à partir de là, tout fonctionne très bien. Puis de toute façon, nous sommes à peu près tous régis par la même convention, celle du Syntec.

A. -P. : Vos différents achats n’effraient pas vos clients ?

D. Z. : Non, les clients les accueillent bien, parce que toutes les sociétés qui nous ont rejoints en janvier sont des sociétés qui faisaient entre 5 et 40 millions de chiffres d’affaires et qui avaient besoin de rejoindre un Groupe plus grand. Donc nous dirions que ces éléments peuvent même plutôt les rassurer. Il y a une stabilité plus forte à travailler avec nous.

A. -P. : Quelles sont vos ambitions et visions d’avenir ?

D. Z. : Le cloud. Le cloud aujourd'hui, c'est une lame de fond. Il y a le cloud public, c'est en gros les Américains, avec Microsoft, Amazon et Google. Il y a des cloud numériques de confiance ou encore des cloud français comme OVH Cloud, Scaleway et Outscale. Donc nous travaillons aussi sur ces sujets-là, notamment pour le secteur public. Et puis après, il y a des cloud privés proposés par IBM et Oracle. Notre idée sur la partie conseil, c'est d'aider chacun de nos clients à prendre ce qui correspond exactement à leurs besoins. Les cloud ne sont pas tous pareils, ils font tous certaines choses mieux que d’autres. Du coup, depuis deux ou trois ans, les clients choisissent deux cloud pour ne pas mettre tous leurs œufs dans le même panier. Donc nous, nous sommes là pour les conseiller en fonction de leurs besoins et leur stratégie. Il est important de noter, que dans toutes les entreprises, les systèmes d’information vont totalement changer prochainement et à partir de là, le cloud est vraiment la lame de fond de l’avenir.

A. -P. : Est-ce qu’il y a d’autres cloud en Europe ?

D. Z. : Non, en Europe, il y a OVH, cloud français, qui a une dimension européenne, voire internationale. Après il y a des initiatives en cours, par exemple Microsoft a annoncé ‘‘Bleu’’, c'est le cloud de Microsoft, ‘‘Azure’’, mais opéré par Capgemini et Orange qui sera prêt d’ici deux ans. Donc ils se sont mis d’accord, Microsoft donnera les sources puis Capgemini et Orange opéreront les données, ce qui donne un cloud numérique de confiance. Thalès a fait la même chose avec Google, ça s'appelle S3NS, mais il n’y a pas encore de date de sortie. Ce qui est sûr, c’est que ces nouvelles initiatives peuvent grandement intéresser les militaires et le secteur public qui refusent d’aller dans les cloud américains.

A. -P. : Intervenez-vous dans le secteur public ? Pourquoi on se méfie du cloud américain ?

D. Z. : Oui, nous sommes très présents dans le secteur public. Aujourd’hui, les nouvelles technologies, ainsi que les éléments de modernisation IT, sont toutes présentes dans le cloud. Donc, si l'Etat oula sphère publique dans son ensemble, veut moderniser son système d'information, , cela lui coûte 2 à 3 fois plus cher de le faire sans utiliser les nouveaux composants existants et il n’y a pas de garantie d’avoir un même niveau de performance que dans le cloud. Depuis un an ou deux, il y a donc une prise de conscience par rapport au cloud : c’est plus rapide, plus facile, plus souple et ça permet de moderniser les systèmes d'information de la justice, de tous les ministères, des agences de l'Etat… Mais le problème, c’est que l’Etat ne veut pas d’un cloud américain du fait de la localisation de l’hébergement des données. Il y a une prise de conscience aujourd’hui de tous les acteurs qu’ils soient acteurs du cloud public ou privé. En France, la recherche d’un cloud français de confiance est devenue un sujet majeur. Nous travaillons sur des prototypes de cloud de confiance qui pourront aider l'Etat à aller beaucoup plus vite dans la modernisation nécessaire de son système informatique.

A. -P. :Est-ce qu'il y a des craintes au niveau de la sécurité du cloud ? Est-il facile à hacker ?

D. Z. : Psychologiquement et pour bon nombre de décideurs dans le secteur public, c'est une crainte, oui. Mais, il y a énormément d'hôpitaux, de conseils départementaux, de collectivités territoriales et d’entreprises du secteur privé qui sont hackés toutes les semaines, tous les mois. Le point, c'est que l'aspect sécurité et cybersécurité n'a rien à voir avec le fait d’utiliser ou non le cloud. La cybersécurité constitue une problématique à part entière, l’enjeu étant de savoir si je suis protégé ou ne suis pas protégé. Et il est primordial de protéger ses systèmes d’information.

A. -P. :Votre groupe intervient aussi au niveau de la cybersécurité ?

D. Z. : Nous avons accès à des projets classifiés très secrets. Et indépendamment de ça, nous faisons beaucoup d'accompagnement d’entreprises pour tester leur vulnérabilité avec notamment des tentatives d’intrusion. Nous essayons de rentrer dans leur système pour leur proposer des rapports et des recommandations sur les points de vulnérabilité que nous avons rencontrés. Ainsi, nous avons la capacité d’implémenter les bons outils et les bonnes méthodes pour qu’ils soient mieux protéger à l’avenir.

A. -P. :Autre question qui doit revenir également, avec le cloud, où sont stockés physiquement les données ?

D. Z. : Maintenant, les trois américains, mais aussi OVH Cloud proposent de choisir la localisation des données. Nous pouvons choisir l’Europe, la France, la Hollande, l’Irlande, etc. C’est une solution proposée pour essayer d’atténuer les craintes psychologiques des clients.

A. -P. :Vous avez passé un partenariat avec Emmaüs Connect pour lutter contre l’illectronisme, pouvez-vous nous en dire plus ?

D. Z. : Depuis la création du groupe, Magellan Partners s’engage aux côtés de ses partenaires à défendre les grands principes de développement durable et humain, et à proposer chaque année des actions plus ambitieuses en la matière. C’est dans notre ADN. Pour Emmaüs Connect, nous avons rencontré les dirigeants qui cherchaient des entreprises comme nous, pour les aider à former des personnes qui ne savent pas utiliser un ordinateur. C’est important, car aujourd’hui de plus en plus d'actes de la vie courante ne peuvent plus se faire sans ordinateur. Le projet d'Emmaüs Connect, c'est de faire intervenir des consultants qualifiés pour aider des personnes âgées ou des jeunes en situation d’illectronisme dans des actions numériques du quotidien C’est une superbe idée qui nous a motivé à lancer un appel à volontariat parmi nos collaborateurs et aujourd’hui nous avons une quarantaine de participants à Paris et Lyon. Nous sommes aussi en train de l’étendre sur la France entière. Les sessions de formation auprès des bénéficiaires de l’association s’effectuent sur une durée de six mois, les consultants donnent deux demi-journées par mois de leur temps de travail et ils sont très heureux de le faire. C’est très important pour nous d’agir à notre échelle contre l’illectronisme.

A. -P. :Dans le cadre de votre politique RSE, avez-vous d’autres initiatives ?

D. Z. : Oui, dans le recrutement par exemple. Nous recrutons avec les méthodes classiques bien évidemment, mais il y a quatre ans, nous avons lancé quelque chose qui se développe énormément aujourd’hui, le recrutement des personnes en reconversion professionnelle. Nous avons commencé avec Microsoft qui avait proposé à un certain nombre de ses partenaires dans le monde de monter une école sur l'intelligence artificielle. L’idée est de prendre, chaque année, des personnes demandeurs d'emploi qui sont en reconversion professionnelle, ont entre 19 et 39 ans et sans diplôme. A la suite d’un test de mathématiques, nous sélectionnons des candidats qui sont ensuite formés par Microsoft pendant deux mois, avant de nous rejoindre en alternance et enfin d’être recrutés définitivement par la suite. C’est une réelle réussite !

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