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Devant le Medef, Jean Castex dévoile en avant-première une partie du plan de relance

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Devant le Medef, Jean Castex dévoile en avant-première une partie du plan de relance
@ AP

Si le plan de relance doit être présenté aux Français la semaine prochaine, le Premier ministre Jean Castex en a d'ores et déjà donné les grands principes durant sa visite aux Universités d'été du Medef (un événement baptisé “Renaissance des Entreprises Françaises”). Il annonce même certains dispositifs fiscaux faisant écho à de vieux chevaux de bataille du mouvement des entreprises de France.

« Le plan de relance est prêt ». Si Jean Castex et son Gouvernement se sont octroyés une semaine supplémentaire pour le présenter aux Français, se défend le principal protagoniste, c'est pour consacrer leurs forces à une rentrée scolaire qui se doit d'être la plus normale possible, non seulement afin de lutter contre le décrochage, mais encore car elle est une condition de la reprise économique.

Cinq mots clés, trois priorités

Quitte à avoir fait le déplacement jusqu'à l'hippodrome de Longchamp, le “Monsieur déconfinement” devenu Premier ministre donne les principaux mots clés d'un plan de relance qui sera tourné vers l'offre et l'investissement, dans un contexte où la consommation des ménages est restée dynamique. Importance des moyens tout d'abord, car ce seront 100 milliards d'euros qui seront mobilisés, soit quatre fois le total du plan de relance consécutif à la crise des subprimes. Ces milliards ne pèseront pas sur les finances publiques et leur effet sur le ratio de la dette sera effacé dès 2025, promet Jean Castex. Rapidité ensuite. Si des actions traînent en longueur, les moyens les soutenant seront remis au plus vite, « un excellent aiguillon pour les ministres » d'après le chef du Gouvernement. Il parle ensuite d'équilibre. Équilibre entre les territoires, avec une accélération annoncée de la connexion de tous au haut débit, des investissements actés dans les transports, ou encore un plan antisismique pour protéger les Antilles. Équilibre aussi entre entreprises, puisqu'un quart des sommes engagées le seront au profit des TPE-PME, dit-il, sous le contrôle d'Alain Griset, ministre délégué à ces dernières. Le plan, ensuite, se doit d'être durable et structurant. Enfin, il recèle un volet non financier qui tient en un mot, « simplification ». Le Premier ministre annonce, en effet, vouloir poursuivre ce mouvement initié pendant la crise, touchant au droit du travail comme au droit de la commande publique ou de l'urbanisme. Cinq mots clés, donc, qui s'articulent avec trois priorités majeures : la transition écologique, la souveraineté et l'équilibre territorial.

Les impôts sur la production, « enfin… »

Demandez et vous recevrez ? En préambule, Geoffroy Roux de Bézieux avait annoncé ce que le Medef attendait du plan de relance. Des gages de confiance et de stabilité, certes, des investissements pour soutenir des filières clés aussi, mais surtout une baisse de l'impôt sur les sociétés et des impôts sur la production, afin de rejoindre les standards européens. Une baisse, selon lui, promise de longue date, mais qui jamais n'est intervenue dans les faits. Une demande récurrente du Medef. « La principale mesure attendue du plan de relance » même. Aussi, n'est-il pas illogique d'entendre des applaudissements quand le Premier ministre annonce cette baisse des impôts sur la production, à hauteur de 10 milliards par an sans, qu'a priori, ne soient impactés les budgets des collectivités territoriales via des mécanismes de compensation. Techniquement, cette baisse comporte trois volets : une CVAE divisée par deux, un plafonnement de la contribution économique territoriale qui passera de 2 à 3 % et un changement de la méthode de la taxation foncière des locaux industriels avec l'objectif de la diviser par deux. Une réforme sur ce point est annoncée, la méthode actuelle étant considérée par Jean Castex « objectivement punitive pour notre industrie ». L'impôt sur les sociétés continuera aussi à baisser.

Règles et pragmatisme

Un dispositif prolonge l'activité partielle jusqu'à la Toussaint et la laisse ouverte pour deux ans là où un accord aura été trouvé pour la longue durée ; accord non nécessaire cependant dans les secteurs les plus touchés. L'entrée en vigueur de la réforme de l'assurance chômage est reportée au 1er janvier, et non abandonnée. Au sein de toute une batterie de règles sanitaires qui seront clarifiées 1er septembre et que l'Etat s'appliquera à lui-même, le Premier ministre, comme pour rassurer le président du Medef qui renvoyait dos à dos toutes les théories en “–isme” devant une crise de nature inédite, promet qu'il y aura de la place pour le pragmatisme, seul mot d'ordre qui vaille pour Geoffroy Roux de Bézieux. Par exemple, explique le locataire de Matignon, l'équilibre entre télétravail et présentiel sera à trouver au niveau le plus fin, dans le cadre d'un dialogue.

Jeunesse, confiance et rendez-vous

Jean Castex, qui a redit au passage ses faveurs pour une taxe carbone européenne, a aussi quelque peu détaillé les mesures concernant la formation et l'emploi des jeunes, qui s'inscrivent dans la droite lignée de ce qu'il avait annoncé à Besançon, avec des primes et des aides à l'embauche, l'accent mis sur l'apprentissage ou encore les 200 000 formations qui seront ouvertes sur des filières dites d'avenir. « J'ai besoin de vous pour atteindre cet objectif vis-à-vis de nos jeunes ». De manière générale, il porte ce message aux patrons : « le plan de relance ne réussira que si l'on crée les conditions de la confiance. Ma méthode n'a pas pour objectif de faire de belles images, encore que les symboles comptent, mais a pour leviers pragmatisme et efficacité, valeurs que, je sais, nous partageons ». Le Premier ministre attend des propositions sur le sujet du partage de la valeur, ou encore sur des dispositifs d'intéressement à imaginer au sein des PME. S'il parle de mesures, Jean Castex appelle aussi à un certain état d'esprit : « l'État ne peut pas tout seul ». Il annonce d'ailleurs avant de conclure, répétant encore et encore le mot de « confiance », des « rendez-vous très bientôt au sujet de notre système de protection sociale ». (Vous avez dit retraites ?).




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