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Des syndicats dénoncent les conditions sanitaires de travail des professionnels exposés

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Des syndicats dénoncent les conditions sanitaires de travail des professionnels exposés
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Parce que tous les professionnels n'ont pu télétravailler ou être placés en chômage partiel et donc se protéger du coronavirus, de nombreux syndicats ont dénoncé les conditions sanitaires dans lesquelles ils exercent.

Ouvriers travaillant proches les uns des autres, conducteurs ne disposant pas de gel désinfectant, caissières sans masque, postiers et employés de banque sans protection, personnel hospitalier sans moyens suffisants.. autant de professions qui sont insuffisamment protégés contre le risque de contamination alors même que le télétravail n'est pas, pour eux, une option de repli face au coronavirus.

Face à ce constat, des syndicats professionnels sont montés au créneau.

Transports en commun

Côté transports en commun, l'Unsa accuse « la Compagnie des transports strasbourgeois (CTS) et d'autres entreprises » de laisser « les salariés dans une situation intolérable et dangereuse ». En effet, ces personnels toujours au travail, n'ont « pas de gel en quantité suffisante », ni de protection, avec des passagers « dans chaque bus ou tramway » et des « menaces à l'encontre des salariés posant leur droit de retrait pour le respect de leur santé », selon le syndicat.

Pour ce qui est du transport des marchandises, le syndicat FO a demandé « l'arrêt des transports non essentiels ». Conséquence de la fermeture des bars et restaurants, les routiers « n'ont plus de quoi se restaurer et faire leur toilette », alors qu'ils « sont exposés » au virus, souligne le syndicat, qui conclut que « les conditions de santé au travail ne sont plus réunies ».

Service postal et logistique

« Une bouteille d'eau, un paquet de mouchoirs jetables et un sac poubelle : c'est tout ce que la Poste a fourni aux facteurs au lendemain de l'allocution du président de la République annonçant le confinement » des Français, dénonce François Marchive, de SUD PTT Isère-Savoie. Si la distribution du courrier est maintenue, des facteurs ont fait valoir leur droit de retrait partout en France. Dans le secteur logistique, les entrepôts restent également ouverts et ont été autorisés à fonctionner même le dimanche.

Chez Amazon, le personnel s'inquiète. En effet, « les salariés sont contraints d'aller travailler sous la menace de sanctions », selon Julien Vincent, délégué CFDT car l'entreprise « ne reconnaît pas le droit de retrait et ne met en place aucune mesure sanitaire sérieuse, à part quelques flacons de gel », indique-t-il.

Près de Douai, dans le Nord, ce sont au moins 200 salariés de l'entrepôt Amazon qui ont exercé leur droit de retrait, d'après la CFDT. Les syndicats CGT et SUD appellent de leur côté à des débrayages tandis qu'Amazon, qui anticipe une hausse de ses livraisons, assure avoir mis en place « des mesures sanitaires strictes », comme le lavage des mains et les distances de sécurité.

Commerces et banques

Les commerces alimentaires, les pharmacies, les marchands de journaux ou encore les pressings sont autorisés à ouvrir mais subissent une situation chaotique. Beaucoup de personnels de caisse ne portent ni masque ni gants et très souvent, la distance de sécurité est peu ou pas respectée. De ce fait, la CFDT a réclamé une « protection obligatoire des salariés au contact de la clientèle » et estime qu'à défaut de stocks disponibles, « les pouvoirs publics doivent fournir les entreprises » en matériel de protection.

« L'entrée dans les magasins doit être régulée » et « des solutions de garde d'enfant fournies pour le personnel obligé de travailler ». Dans l'agroalimentaire, FO a réclamé « un retour financier par prime exceptionnelle ou tout autre élément de salaire ».

Les banques doivent également répondre présentes. « On arrive à trouver du gel hydroalcoolique et des gants dans certains endroits mais, pour les masques, ce n'est pas la peine », explique Frédéric Guyonnet, président du SNB/CFE-CGC, premier syndicat du secteur. « On demande à baisser le rideau dans les agences pour permettre de recevoir les clients à l'intérieur mais un à un », ajoute-t-il. « Les gens sont inquiets, ils ne comprennent pas pourquoi on les oblige à travailler sans protection » et dans les agences, « partout c'est la débrouille ».

Cimenteries

Les cimenteries ne sont pas moins touchées que les autres par le manque de moyens de protection. Chez LafargeHolcim Ciments, Sylvain Moreno, délégué CGT, est « profondément en colère » face à l'impossibilité « de mettre en place efficacement les mesures barrière » contre le virus au motif que « les équipes de fabrication et surtout de maintenance travaillent souvent proches les unes des autres », par exemple pour « changer du matériel défectueux », souligne-t-il. Pour la direction, « il en va de l'intérêt collectif » que certains sites « restent ouverts pour le moment », car des clients du groupe sont « encore au travail », explique François Petry, directeur général de LafargeHolcim France. n




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