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Des Municipales de la stabilité ?

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Des Municipales de la stabilité ?
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Historiquement, comme l'expliquait récemment aux Affiches Parisiennes Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l'Ifop, les élections municipales sont les élections de la stabilité : « la règle est de reconduire les sortants ». Si, au soir du premier tour, cela s'est largement vérifié en petite couronne, Paris laisse la place à davantage de surprises et d'incertitudes. Sans parler, ici, de celles directement liées à la crise sanitaire du nouveau coronavirus.

S'il est un fait à retenir du premier tour des Municipales qui s'est tenu le dimanche 15 mars, abstraction faite de l'abstention, c'est que 30 125 communes ont élu leur maire au 1er tour, le maire sortant dans 20 600 d'entre elles. 30 millions d'électeurs (les deux tiers des inscrits sur les listes) ne sont ainsi, a priori, pas concernés par un deuxième tour. Rappelons que pour être élu dès le premier tour, un maire se doit de réunir plus de 50% des suffrages exprimés et, dans les communes de moins de 1000 habitants, au moins un quart des inscrits. Si cette deuxième condition pouvait sembler préjudiciable dans le contexte d'une forte abstention liée à la crise du nouveau coronavirus, il semble n'en avoir rien été. Comme en 2014, il apparait d'ailleurs que les taux de participation ont été les plus forts dans les communes les moins peuplées : 64,4 % dans les communes de moins de 500 habitants et 55,7 % dans celles ayant entre 501 et 1000 habitants, contre seulement 36,4 % dans les communes de plus de 100 000 habitants.
à titre de comparaison, ces chiffres étaient de 77,5, 73,1 et 53,8 % au premier tour en 2014.

Quelques grandes villes ont déjà leur conseil municipal. à Toulon, par exemple, le maire sortant, aux commandes depuis 19 ans, Hubert Falco (LR) obtient 61,39 % des voix ; en région parisienne, les citoyens de Boulogne-Billancourt, deuxième ville la plus peuplée après Paris, ont réélu Pierre-Christophe Baguet (LR) avec 56,1 % des suffrages, loin devant Antoine de Jerphanion, candidat divers droite qui atteint 15,9 % des voix et la liste conduite par Evangelos Vatzias pour LREM qui n'atteint pas 10 %, de même que la liste PS menée par Judith Shan.

Prime au sortant en petite couronne

En petite couronne, la règle de la « prime au sortant » qui caractérise fortement le scrutin municipal s'est aussi vérifiée pour Charlotte Libert-Albanel (UDI) à Vincennes avec 54,61% des voix, à Montfermeil pour Xavier Lemoine, chantre de l'économie circulaire au sein de la première équipe de la Métropole du Grand Paris, qui rempile pour un quatrième mandat avec 58,82 % des voix ou encore Anne Lagarde (UDI) qui conserve son fauteuil de maire à Drancy obtenant 65,09% des bulletins déposés dans les urnes. Les Hauts-de-Seine voient aussi des barons historiques de la droite obtenir une nouvelle fois les faveurs des suffrages : Jean-Christophe Fromentin à Neuilly-sur-Seine (60,25 %), Joëlle Ceccaldi-Raynaud à Puteaux (65,03 %), Rémi Muzeau à Clichy (51,94 %) ou encore Manuel Aeschlimann à Asnières (56,62 %). Ce sera même le huitième mandat pour André Santini, 80 ans en octobre, à Issy-les-Moulineaux (60,26 % des voix) dont il est maire depuis le 3 février 1980. A l'opposé de l'échiquier politique, Patrick Jarry est lui aussi réélu à Nanterre (51,91 %).

L'exception qui confirme la règle se nomme pour ce premier tour dans le 92 Patrick Ollier. Le président sortant de la Métropole du Grand Paris n'échoue cependant qu'à 0,74 points de la barre des 50 %. Des scrutins laissent place à davantage de suspens comme à Colombes où peuvent se maintenir au second tour la Maire sortante Nicole Goueta (34,20 %), Patrick Chalmovitch (30,13 %) et un peu plus loin Sébastien Perrotel (21 %). Une boucle de la Seine plus loin, dans les Yvelines, c'est même six listes qui font plus de 10 % à Maisons-Laffitte, condition pour se maintenir au second tour. Rappelons par ailleurs qu'une liste à plus de 5 % peut fusionner avec une autre.

Fortunes diverses à Paris

À Paris, outre la polémique déclenchée par les propos d'Agnès Buzyn (« Quand j'ai quitté le ministère, je pleurais parce que je savais que la vague du tsunami était devant nous. Je suis partie en sachant que les élections n'auraient pas lieu », qualifiant les élections de « mascarade »), les résultats du premier tour qui ont porté en tête les listes conduites par Anne Hidalgo (plus de 30 % sur Paris global) ont donné lieu à quelques surprises, notamment dans les arrondissements du centre dans lesquels le socialiste Ariel Weil arrive en tête (33,7 %) devant le candidat LREM Pacôme Rupin (21,07 %) et celui de la droite, Aurélien Véron (20,4 %), une droite devancée même dans le 1er arrondissement que le maire LR Jean-François Legaret, qui ne se représentait pas, dirigeait pourtant 2000. Les fortunes sont dans les faits diverses pour les maires sortants. Seule Rachida Dati (LR) est réélue dès le 1er tour dans le 7e (50,69 %). Dans les 19e, le 10e, 11e et 18e les sortants socialistes François Dagnaud, Alexandra Corde, François Vauglin (sur la liste duquel se trouve Anne Hidalgo) et Eric Lejoindre réalisent de bons scores avec respectivement 41,27 %, 41,39, 43 % et 31,6 % (loin devant, dans ce dernier cas, le candidat EELV et Pierre-Yves Bournazel, soutien majeur d'Agnès Buzyn, tous deux autour de 17 %). Idem dans le 14e où Carine Petit obtient 32,8 % des voix. Emmanuel Grégoire n'est pas maire sortant mais le premier adjoint d'Anne Hidalgo prend la tête dans le 12e avec 33,4 % des voix. à gauche, mais non étiqueté PS, Jérôme Coumet est bien placé pour obtenir un nouveau mandat dans le 13e
(40 %). Florence Berthoux et Delphine Bürkli pour LREM virent en tête dans le 9e et le 5e (36,9 et 28,5 %), de même, à droite, pour Geoffroy Boulard dans le 17e (qui y obtient 40 % des suffrages, reléguant Agnès Buzyn à 22,7 %), Jean-Pierre Lecoq dans le 6e (38,2 %, devant les 22,6 % de Gaspard Gantzer) et Jeanne d'Hauteserre dans le 8e (34,73 %, devant l'avocate LREM Sophie Segond qui fait 26,6 %).

C'est en revanche plus compliqué pour Philippe Goujon dans le 15e qui se livrera à un duel fratricide avec Agnès Evren, candidate investie par LR (scores respectifs de 22,77 et 21,34 %). Dans le 20e, Frédérique Calandra (LREM) ne termine que 3e, loin derrière la liste PS, étiquette sous laquelle elle avait été facilement réélue en 2014. Dans le 16e, la Maire sortante Danièle Giazzi (DVD) n'obtient, elle, que 3 % des suffrages, loin derrière l'avocat Francis Szpiner (LR) qui frôle la qualification directe (47,8 %). n




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