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Des financements innovants et spécifiques pour les TPE

Les différents types de financement pour les Très petites entreprises (TPE) ont été présentés lors du colloque «Financement des TPE», organisé par la Fédération des centres de gestion agréés et la Banque de France. Ce colloque a permis de présenter trois types de financement «innovants» pour les TPE. Lors de la troisième table ronde, le financement par les business angels se démarque des plateformes de financement et du fonds d'investissement, solutions moins innovantes.
Des financements innovants et spécifiques pour les TPE
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C'est la troisième table ronde en ce début d’après-midi, la salle se remplit peu à peu. La conférence s’intitule « Formes innovantes ou spécifiques de financement » pour les TPE. FabricePesin, le médiateur national du crédit, accueille les deux intervenantsNicolasLesur, le président de Financement participatif France et PaulPerpère, le délégué général de l’Association française des investisseurs pour la croissance.

« On a retrouvé le niveau d’avant la crise de 2008 »

Le fonds d’investissement de Paul Perpère, n’est plus un financement très innovant pour les TPE, explique-t-il. Il a été créé « il y a une trentaine d’années ». Mais ça marche encore. Selon Paul Perpère, en 2014, 8,5 milliards d’euros ont été investis dans les entreprises françaises. « On a retrouvé le niveau d’avant la crise de 2008, ce qui est une bonne chose », déclare-t-il.

Ce capital d’investissement intervient dans 1 814 entreprises et s’élève à 626 millions en 2014. C’est 6 fois moins qu’aux États-Unis si on compare le poids économique des deux pays. À l’échelle européenne, la France se place cependant devant le Royaume-Uni et l’Allemagne. Cet investissement intervient à tous les stades de vie d’une entreprise, notamment à sa naissance quand elle ne fait pas encore de chiffre d’affaires.

Des tutorats gratuits sont organisés

De plus, avant et après la participation d’un fonds d’investissement, la TPE peut être suivie et conseillée dans son développement. Le capital d’investissement a cette particularité d’accompagner les entreprises et de bien les informer. Des tutorats gratuits sont organisés pour apprendre à lever des capitaux et aller chercher les investisseurs.

Mais les entreprises craignent de perdre le contrôle et leur indépendance à cause des fonds apportés par un investisseur qui prend alors des parts du capital de l’entreprise. Selon Paul Perpère, les entreprises n’ont pas à s’inquiéter puisque les investisseurs ne prennent généralement que 20 % du capital.

Cependant, en ce qui concerne la transmission d’entreprise, les fonds d’investissement sont beaucoup moins présents dans cette démarche avec les TPE. Ils s’occupent plus des PME et ETI. Ce point faible confirme son manque d’innovation dans ce domaine.

KissKissBankBank, une des premières plateformes

L’autre type de financement est présenté par Nicolas Lesur. Il concerne le financement participatif qui a débuté en août 2012 et qui est représenté par un grand nombre de plateformes. KissKissBankBank est l’une des premières plateformes à s’être créée. Cette association de financement participatif compte 140 membres.

Il existe plusieurs types de plateformes. Celles qui permettent de pré-vendre des produits ou de financer des projets humanitaires et des courts-métrages. Celles d’equity crowdfunding permettant d’investir dans le capital des start-up. Et enfin, les plateformes de prêts (crowdlending) permettant aux entreprises de prêter à des pays en voie de développement. Selon Nicolas Lesur, le montant récolté sur les six premiers mois en 2015 s’élève à 300 millions d’euros, dont 100 millions pour les entreprises.

Le financement via les plateformes de crowdfunding a un sérieux avantage. Il ne possède pas toutes les contraintes du crédit bancaire. Aucune garantie et caution ne sont demandées à l’entreprise. Mais celle-ci doit en retour communiquer ses données pour se faire connaître et susciter la confiance chez les investisseurs. En effet, « il faut apprendre à sortir du bois », déclare Nicolas Lesur.

De plus, tous les investissements de nécessité comme le renouvellement d’un site internet, le recrutement d’un commercial, ou la rénovation d’un magasin, représentent un réel besoin pour les TPE. Avec ce genre de demande, passer par le crédit bancaire pour se financer s’avère compliqué contrairement au crowdfunding.

Des prêts d’honneur allant jusqu’à 75 000 euros

Pourtant, un autre type de financement existe. Michel Lefèvre, président d’Initiactive95 prend la parole depuis la salle. Il défend les business angels. Son association attribue des prêts d’honneur, d’un montant oscillant entre 5 000 à 10 000 euros, à des personnes désirant entreprendre un projet.

S’ajoute à cet accompagnement financier, un service de parrainage et de conseils réalisés gratuitement par des bénévoles et des chefs d’entreprise. Les parrains aident les entrepreneurs à constituer leur dossier pour les banques. Ces dernières, ayant aussi investi financièrement dans l’association, font donc plus facilement confiance aux futurs entrepreneurs. De ce fait, Initiactive95 assure une garantie bancaire contrairement aux plateformes de financement.

Ce cabinet réalise aussi des prêts d’honneur allant jusqu’à 75 000 euros pour un projet de reprise de la croissance de l’entreprise qui a entre quatre et sept ans d’existence ou qui souhaite embaucher.

« Un modèle innovant et ça marche… »

En quatre ans, l’association a prêté ou garanti 14,8 millions d’euros et leurs banquiers ont financé 36,5 millions d’euros sachant qu’une entreprise accompagnée par Initiative95 réussit son projet dans 82 % des cas.

« Un modèle innovant et ça marche », déclare Michel Lefèvre.

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