Fermer la publicité
Journal d'information juridique et d'annonces légales

Des avocates qui font bouger le monde

le - - Droit

Des avocates qui font bouger le monde
AP

A l'occasion de la journée de la femme, Christiane Féral-Schuhl a convié, à la maison du Barreau, des avocates venues du monde entier pour une rencontre exceptionnelle. Chacune d'elle marque actuellement de son empreinte la justice de son pays : l'Iranienne Shirin Ebadi, l'Américaine Christina Swarns, la Russe Karinna Moskalenko et la Brésilienne Valdenia Paulino, la « justicière des favelas ».

Le bâtonnier a également accueilli le père de Malala Yousafzai, militante pakistanaise des droits de l’Homme, grièvement blessée le 9 octobre 2012 lors d’une tentative d’assassinat. La jeune femme a été honorée par le Barreau de Paris.


Lors de cette rencontre exceptionnelle, l’Iranienne Shirin Ebadi, prix Nobel de la Paix, animée par une remarquable énergie, a retracé son combat, rappelant que depuis 2009, 50 avocats iraniens ont été emprisonnés, simplement pour avoir dignement exercé leur profession. Ils sont actuellement 10 derrière les barreaux. « Tout ce que nous demandons, a-t-elle souligné, c’est l’égalité et la justice. », rappelant que les familles des avocats sont souvent pris en otages par les autorités.


De son côté, l’Américaine Christina Swarns, mène un inlassable combat pour l’abolitionnisme. Elle prend actuellement la défense des condamnés entrés dans « le couloir de la mort », notamment les Afro-Américains représentant 12 % de la population, mais 50 % des condamnés à mort : « Aux Etats-Unis, les gens qui ont de bons avocats ne sont jamais condamnés à la peine capitale. » Elle fut, par exemple, l’avocate de Mumia Abu-Jamal et de Nicholas Yarris, le premier condamné américain dédouané à l’issue d’expertises ADN.


Karina Moskalenko mène un autre combat, tout aussi âpre, celui de défendre les droits de l’Homme dans son pays. Sa ténacité est à la mesure de la tâche… Dans son livre Ces femmes qui portent la robe, Christiane Féral-Schuhl la qualifie « d’avocate des causes perdues » : « Si Karina Moskalenko dérange tellement, c’est qu’elle est présente dans tous les dossiers les plus sensibles. » Elle est notamment l’avocate des enfants d’Anna Politkovskaïa. Elle défend également des Russes anonymes et des Tchétchènes, en butte aux violations des droits de l’Homme.

Le Barreau de Paris salue la parité

Cette journée de la femme est également marquée de signes forts, au niveau national. Elle a, en effet, été précédée le 6 mars du vote par le barreau de Paris d’un plan d’actions sans précédent pour assurer l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes avocats. La veille, le Conseil de l’Ordre adoptait le rapport sur l’égalité professionnelle présenté par Michèle Brault, membre du Conseil de l’Ordre, avec Valence Borgia, déléguée du bâtonnier au Laboratoire de l'égalité, entérinant ainsi des mesures visant à favoriser l’égalité professionnelle au sein de la profession.
Le Conseil de l’Ordre s’est notamment prononcé pour le renforcement de la protection des avocates collaboratrices de retour dans leur cabinet après un congé maternité. Désormais, une période d’immunité de deux mois est instaurée (à compter de la date de leur retour), au cours de laquelle leur contrat ne peut être rompu unilatéralement par leur cabinet.
Le barreau de Paris se dote également d’une Commission « Égalité professionnelle » qui a pour mission de faire des propositions afin d’assurer afin d’assurer l’égalité professionnelle au sein de la profession. Un module de formation à l'égalité professionnelle adapté aux particularités de l'exercice libéral de la profession d'avocat à Paris va également être mis en place. Pour Christiane Féral-Schuhl : « Ce plan ambitieux et concret est une petite révolution dans notre monde professionnel. Désormais, nul ne pourra plus prétendre que les avocats de Paris vivent déconnectés d’une société où l’élan vers l’égalité est devenu la norme. Le barreau de Paris se fixe des objectifs clairs et irrévocables pour assurer à toutes et à tous, femmes et hommes, un développement professionnel sans discrimination de sexe ».
 

 




Jean-Paul VIART
Journaliste

Ses derniers articles

Abonnez-vous à l'offre Papier + Numérique

Affiches Parisiennes Journal d'information juridique et d'annonces légales

  • ›   Pour plus de contenu, papier + web
  • ›   l’accès aux annonces légales,
  • ›   l’accès aux ventes aux enchères.
Je m'abonne

À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide


Fermer
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies et de technologies similaires par notre société ainsi que par des tiers, afin de réaliser des statistiques d'audiences et de vous proposer des services éditoriaux et la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux. En savoir plus / paramétrer