Demi aveu

Lors d'une récente interview sur une chaîne américaine, Lance Armstrong a enfin reconnu ce qu'il persistait à nier depuis plusieurs années : il a utilisé des substances dopantes (EPO notamment) au cours de sa carrière.
Demi aveu
elyob - Photo du tour de France, Photo Flickr

ActualitéRégion Île-de-France & Grand Paris Publié le ,

Il a expliqué ne pas avoir été le seul (sur ce point, on ne peut que le croire …) et affirmé qu’il est impossible de gagner sans être dopé. Pour cet homme qui, selon l’Usada (agence américaine anti-dopage), a participé à la mise en place du « programme de dopage le plus sophistiqué jamais vu dans l’histoire du sport » au sein de l’équipe américaine US Postal, l’heure n’est cependant pas à la repentance. L’ex-septuple vainqueur de la Grande Boucle donne surtout l’impression de chercher à minimiser les sanctions à venir. Il n’a pas fait appel contre le rapport de l’Usada – agence américaine antidopage – publié en octobre dernier, ce qui montre qu’il n’est pas en mesure d’en réfuter les conclusions. Il a d’ores et déjà été déchu de ses sept titres du Tour de France et radié à vie, mais il risque également de se voir demander de rembourser une partie de ses gains sportifs, voire de faire de la prison s’il était convaincu de parjure. Rappelons que l’ancienne sprinteuse américaine Marion Jones a passé six mois en prison pour avoir menti aux enquêteurs.

C’est l’avenir du cyclisme qui est en jeu. Ce sport est gangrené depuis plus d’un demi-siècle par le dopage. De grands champions comme Jacques Anquetil, Laurent Fignon, Eddy Merckx, Marco Pantani ou Bjarne Riis y ont eu recours, sans que leurs succès soient remis en cause. Certes, la lutte antidopage a fait des progrès, mais elle est toujours en retard de quelques années sur des produits dopants de plus en plus sophistiqués. Il est regrettable que cette lutte se limite aux coureurs, ceux qui participent à l’organisation du système ainsi que les docteurs qui prescrivent les « potions magiques » restant impunis.

Il reste que Lance Armstrong n’a pas tout dit. Il faut souhaiter qu’il soit interrogé sous serment par l’Usada, pour savoir de quelles complicités il a bénéficié. Ne demandons pas la Lune, mais espérons que ce petit pas de Lance Armstrong amène un grand pas pour le cyclisme.

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