AccueilActualitéRégion Île-de-France & Grand ParisDemain, la nuit… Des scénarios pour les fêtes du futur

Demain, la nuit… Des scénarios pour les fêtes du futur

Cette période de mutations oblige les grandes villes, à penser des modèles de développement « désirables, mais aussi apaisés », comme le souligne Frédéric Hocquard, adjoint à la maire de Paris, chargé du tourisme et de la vie nocturne.
Frédéric Hocquard, adjoint à la maire de Paris, chargé du tourisme et de la vie nocturne.
© AP - Frédéric Hocquard, adjoint à la maire de Paris, chargé du tourisme et de la vie nocturne.

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Cette réflexion, qui a impliqué représentants de la Ville, professionnels de la nuit, acteurs associatifs et noctambules, a donné lieu à une série d’ateliers, animés par un groupement d’agences spécialisées dans le design et les politiques publiques.

Cette démarche « créative et collaborative » a livré plusieurs pistes pour la définition des fêtes du futur, que commentent Frédéric Hocquard.

Cette exposition est le fruit de votre volonté, de votre réflexion ?

Frédéric Hocquard : Nous avons lancé cette réflexion sur les nuits de demain à Paris, en élaborant différents scénarios : une nuit par quartier, une nuit plus disséminée, plus inclusive… L’idée, c'est aussi de penser à ce que peut devenir la fête dans l’avenir et aussi d'anticiper. Depuis que je suis maire adjoint, j'ai toujours réfléchi à la manière dont on pouvait inclure la vie nocturne au sein des politiques publiques de la Ville de Paris, notamment la manière d’intégrer cette question à l'urbanisme, c'est-à-dire comment, dans les années à venir, va-t-on dédier certaines parcelles au niveau du plan local d'urbanisme. Il faut y inclure la vie nocturne et le type d'activités associées, parce qu'ils font partie de l'âme et de l'essence de cette ville.

La vie nocturne doit-elle concerner certains quartiers où rayonne sur toute la ville ?

F. H. : Je crois que la nuit doit concerner l’ensemble de la ville. D'abord parce qu’elle est présente dans beaucoup de quartiers. Si on prend la vie nocturne à Paris depuis 150 ans, il y avait des quartiers très festifs qui ne le sont plus aujourd'hui. D’autres le sont restés et enfin d’autres encore, qui n'étaient pas du tout des quartiers festifs, il y a encore 30 ou 40 ans, le sont à présent.

Par exemple, il y a 50 ans, rue Oberkampf, il y avait le Balajo, mais très peu d’autres affaires. Tout cela a bien changé aujourd’hui. Si on prend Montparnasse, c’était un quartier très animé dans les années 1920. Il est un peu moins dynamique aujourd'hui. Bref, certains lieux perdent progressivement cette vocation et de nouveaux lieux festifs apparaissent.

La liberté est un peu le guide ?

Oui, justement pour que la nuit puisse être présente partout. Après, comme nous sommes dans une ville dense, il faut que les gens se respectent les uns les autres. Concernant l'usage collectif de cette nuit, je ne suis pas, comme certaines métropoles ou certaines capitales européennes, pour avoir simplement des quartiers dédiés. Il n'y a pas très longtemps, je suis allé à Amsterdam, par exemple, qui est une ville dans laquelle la nuit est réservée à certaines zones. Les autorités locales rencontrent des difficultés pour contrôler ce qui peut s'y passer. A contrario, dans d'autres quartiers il n’y a même pas un endroit où il est possible de boire un verre, après 20h.

Ce n’est pas exactement ma vision de la nuit parisienne. J'aime beaucoup la nuit à Amsterdam, mais je pense que justement l'Histoire de notre ville raconte autre chose.

Notre idée de la nuit de demain, c'est justement qu'elle puisse continuer à permettre cette dynamique, cette créativité, cette liberté, avec de nouveaux clubs et de nouvelles affaires qui ouvrent, avec de la place pour l'inventivité. L’un des derniers lieux que j'ai découvert à Paris, est rue de Condé, à proximité du Sénat. C’est un bar absolument incroyable, le “27”. Je me permets d'en parler. Cette affaire ouvre à 21 h et ferme vers 4 ou 5 h du matin. C'est pas du tout un quartier festif, il n’y a pas d'autre animation dans la rue. Eh bien ce bar bouge et ne pose aucun problème de voisinage. Si on réservait simplement la vie nocturne à certains quartiers de la capitale, ce type de d’établissement ne pourrait pas voir le jour. Or, ce bar est une composante festive qui fait partie de la culture de cette ville.

Cette année, la fermeture de quelques discothèques et surtout du Lido sont des signes qui vous inquiète ?

F. H. : Que certains établissements ferment, c'est un peu la loi du marché Ce qui m'inquiète davantage, c'est quand il n’y a rien d'autre qui ouvre dans le secteur. Il y a une mutation dans la nuit. Un certain type d’établissements ferme, peut-être parce qu'il ne trouve plus sa clientèle. C’est le cas actuellement que pour quelques discothèques, mais elles sont remplacées par d'autres créations. Concernant le Lido, toute la troupe a été licenciée. Nous sommes donc plus inquiets sur sa nouvelle destination. Les lieux n’ont pas totalement fermé, puisqu’une autre activité est lancée début décembre, mais ils sont transfigurés, au mauvais sens du terme. Il va y voir des spectacles, mais ce n'est plus un cabaret.

À découvrir l’exposition “Demain, la Nuit : 3 scénarios pour les fêtes du futur”, jusqu’au 22 novembre, sauf le dimanche, de 12h30 à 20h30 au QJ, le Quartier général des jeunes à Paris, 4 place du Louvre – 1er ardt.

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