Fermer la publicité
Journal d'information juridique et d'annonces légales

David Belliard – Aminata Niakate : Le pari vert pour une capitale plus humaine

le - - Actualité - Interview

David Belliard – Aminata Niakate : Le pari vert pour une capitale plus humaine
@ DR

Engagé dans les rangs d'Europe Ecologie Les Verts dès 2002, David Belliard est élu pour la première fois en 2014 au Conseil de Paris, où il prend la présidence du groupe écologiste. Il est aujourd'hui candidat à la Mairie pour devenir le premier maire écologiste de la capitale. De son côté, Aminata Niakate est tête de liste dans le 15e arrondissement. Avocate au barreau de Paris, elle préside actuellement la Commission Égalité du Conseil national des barreaux. Elle est également administratrice de l'ONG “Ensemble contre la peine de mort” et engagée sur les questions d'égalité et d'équité pour les filles et les femmes.

Affiches Parisiennes : Pourquoi avoir décidé d'être candidat à la Mairie de Paris ?

David Belliard : Il y a d'abord une question d'ordre politique avec la présence d'une liste écologiste. Nous avons aujourd'hui une position assez ambigüe à Paris. Depuis 2001, nous participons à un exécutif d'alliance dont nous retirons un bilan mitigé.
Mitigé, car nous avons réalisé un certain nombre d'avancées, comme la piétonisation des berges de la Seine ou la priorité mise sur la qualité de l'air, mais aussi perdu d'autres combats, comme celui contre la tour Triangle, dans le 15e arrondissement. Nous avons des divergences sur un certain nombre de sujets avec nos partenaires de la majorité, essentiellement parce que nos projets politiques sont très différents. Nous avons le projet de transformer la ville en profondeur pour permettre à Paris et à sa métropole de répondre aux grands enjeux climatiques. Nous enregistrons actuellement une accélération du dérèglement climatique avec une augmentation de la fréquence des canicules, des risques de crue toujours plus importants, des pics de pollution qui se multiplient… La ville est en situation de stress. Elle n'est pas préparée à cette nouvelle donne climatique. Elle doit devenir plus verte. Les espaces verts sont des climatiseurs naturels. Les mobilités doivent également évoluer en se libérant de la voiture. Nous avons un projet singulier qui est sans le seul à répondre aux grands enjeux climatiques.

Aminata Niakate : J'ai toujours été engagée pour l'écologie. Cela fait une dizaine d'années que je suis adhérente d'EELV. Je suis avocate à Paris et élue municipale à Vitry-sur-Seine ou je résidais avant de venir vivre dans la capitale. Je poursuis cet engagement à Paris. J'ai été sollicitée pour porter la voix écologiste dans le 15e arrondissement. J'adhère totalement aux combats évoqués par David : débétonner, verdir, végétaliser et piétonniser notamment les abords des écoles, mettre en place des mobilités douces… Nous sentons un souffle qui nous porte dans cet arrondissement.

« L'adaptation aux dérèglements climatiques, l'amélioration de la qualité de vie au quoditien, la santé des Parisiennes et des Parisiens sont au cœur de notre engagement. »

A.P. : Le 15e est l'arrondissement le plus grand de Paris, le plus peuplé et celui qui dispose du plus grand nombre de conseillers. C'est donc un arrondissement stratégique pour tous les partis. La maire actuel, Philippe Goujon, est favori dans les sondages. Quel message voudriez-vous adresser aux habitants ? Pourquoi changer de maire ?

A.N. : C'est vrai qu'il est connu et qu'il a un avantage à cet égard, mais je vois aussi dans les sondages que l'écologie est la première force d'opposition. L'alternative à la gouvernance Goujon, c'est l'écologie. C'est ce que je retiens. Notre défi est de poursuivre cette poussée et de convaincre les habitants que s'ils veulent vivre mieux dans le 15e, respirer, être en bonne santé et mieux se déplacer, la solution est justement l'écologie.

D.B. : Le fait le plus marquant dans les sondages est le score des écolos. Il faut raison garder par rapport à cela mais face à la droite, face aux conservateurs, ceux qui apparaissent comme une force d'opposition constructive sont les écologistes, présentant un modèle nouveau, alternatif, sur les questions de mobilités, d'espaces verts, d'égalité aussi car le 15e, souvent décrit comme un arrondissement bourgeois, présente en fait de fortes inégalités, notamment dans le Sud de l'arrondissement. Je crois que l'on peut y installer durablement la position écologiste. Nous pouvons faire un très bon score.

A.P. : Avez-vous des projets concrets que vous pourriez nous décrire ? Vous avez par exemple annoncé récemment vouloir planter 100 000 arbres. A-t-on vraiment besoin de 100 000 arbres dans la capitale ? Pourquoi ?

A.N. : Lors de la canicule de l'été dernier, tout le monde a pu ressentir dans sa chair le besoin de ces arbres. Ce chiffre de 100 000 plantés paraît énorme, mais ne l'est pas tant que ça. Il y a aujourd'hui 500 000 arbres dans Paris dont 200 000 dans les rues. C'est un investissement à l'horizon 2026 dont on a besoin pour mieux respirer, pour apporter de la fraîcheur dans des endroits où l'on suffoque. Végétaliser est essentiel. C'est un fort enjeu de santé publique.

D.B. : La volonté est de lutter contre les pics de pollution et contre les épisodes caniculaires qui vont se répéter. Est-ce qu'on va pouvoir continuer de vivre à Paris l'été prochain, dans cinq ou 10 ans, quand les températures seront de 42, 43, 44, 45 °C ? Au milieu de la place des Fêtes, par exemple, caractérisée par un urbanisme sur dalle, lors du pic de canicule à 46 °C, il faisait plus de 50 °C. Planter 100 000 arbres, végétaliser les abords de 300 écoles, libérer Paris de la voiture, reconquérir la moitié des places de parking en surface d'ici cinq ans pour en faire des pistes cyclables ou pour les végétaliser… Tout cela fait partie d'un enjeu qui n'est pas d'agrément mais qui est un enjeu vital. Nous posons la question de faire une ville mieux vivable dans un an comme dans dix.

« L'écologie et les écologistes sont en capacité de fédérer une majorité pour véritablement transformer Paris. »​

A.P. : Encore faut-il bien choisir les espèces d'arbres, face aux allergies notamment…

D.B. : Tout à fait. Après la tempête de 1999, on a replanté seulement une espèce d'arbre à Paris. On a donc un seul type de graminées, faisant exploser les allergies. Il faut multiplier les essences. Les spécialistes feront cela très bien. Moi, je suis aussi pour faire des forêts nourricières avec des espèces fruitières.

A.P. : Faut-il aussi multiplier les jardins sur les immeubles, comme on le voit au Canada ? Allez-vous soutenir les syndics d'immeuble pour faire ce genre de chose ?

A.N. : Si la chose est mal pensée, cela peut être très énergivore. Bien pensée, à une bonne échelle, la chose peut être très intéressante. La question n'est pas évidente. Dans le 15e, j'aurais plutôt tendance à favoriser les jardins partagés qui permettent aussi de créer du lien social et des solidarités intergénérationnelles.

D.B. : Vous posez une question intéressante : où faut-il des espaces verts ? Partout. Où fait-on de l'écologie ? Pas partout. Le mur végétalisé, par exemple, peut être très consommateur en eau et en énergie. L'enjeu aujourd'hui est de préserver les espaces de pleine terre et de débétonner la ville. Dans le Nord et l'Est de Paris vous trouvez 200 ha de grandes friches. Qu'en fait-on ?

A.P. : Votre parti a toujours eu à cœur de défendre la participation citoyenne. Par exemple, David, vous avez été élu par vos militants…

D.B. : Nous avons eu tout un processus démocratique impliquant l'ensemble de nos adhérents. Plus largement, je ne crois pas que l'on puisse gagner la bataille du climat si on ne lutte pas tous ensemble. Cela implique deux choses. La première, c'est qu'il faut lutter contre les inégalités sociales, rapprocher les gens, les plus riches de l'Ouest parisien, n'ayant pas le même horizon de vie ni les mêmes projets que ceux de l'Est, et les unir dans un même combat. La deuxième, c'est qu'il faut réinventer la gouvernance, sortir du modèle hypercentralisé et vertical, remettre de l'horizontalité, de la participation qui ne se cantonne pas au vote sur un budget participatif que nous avions proposé. Il faut partager les clés de la ville. Nous nous sommes d'ailleurs ouverts à un groupe politique qui s'appelle “A nous la démocratie”, avec des assemblées citoyennes qui ont permis d'élargir le programme écologiste. Leur slogan est “Rendez l'écharpe”.

A.N. : C'est d'ailleurs l'une des raisons pour lesquelles j'ai rejoint EELV, ce côté “Je fais de la politique autrement en rendant la parole”. En parallèle des assemblées citoyennes, nous avons organisé dans le 15e arrondissement une soirée ouverte à la population où, plutôt que de l'assommer de discours, nous nous sommes assis autour d'une table pour débattre et échanger très librement sur leurs besoins, leurs envies et leurs attentes pour faire bouger cet arrondissement. Cela aussi a enrichi notre programme. Une bonne partie des participants nous ont même laissé leurs coordonnées pour poursuivre ce travail.

A.P. : Qu'est-ce qui en ressort ? Quelles sont les demandes des habitants du 15e et plus généralement des Parisiens ?

A.N. : Il y a une grosse demande de végétalisation, c'est revenu très souvent, d'une meilleure de gestion des déchets, des demandes de mise en place de composteurs, notamment. Nous avons aussi vu une forte opposition au projet de tour Triangle où l'on va créer près de 80 000 m² de bureaux alors qu'il y a tant de bureaux vides à Paris et une demande plutôt de logements quand 60 000 logements ont été sortis du parc locatif pour des locations via AirBnB. Les Parisiens ont également besoin aussi de se déplacer autrement. Ils aimeraient beaucoup pouvoir faire du vélo, mais s'abstiennent par peur. A leurs yeux, les pistes cyclables ne sont pas assez sécurisées.

D.B. : Globalement il y a une demande d'apaisement de la ville. Paris est une ville en tension, stressante, où il y a beaucoup de bruit, qui est dangereuse au sens où il est difficile de prendre le vélo en toute sérénité, notamment pour les enfants. La question de leur place dans la ville se pose alors que l'on favorise surtout celles et ceux qui sont en bonne santé. Apaiser et réconcilier sont les projets de transformation que nous portons. Réconcilier la ville avec la nature, avec les enfants, avec les plus vulnérables, réconcilier les Parisiens et Parisiennes entre eux. Nous portons cela au travers de la végétalisation, de la piétonnisation, de la sortie du modèle de la voiture reine, la sécurisation au travers d'une brigade que nous souhaitons créer et le recrutement de 400 personnes supplémentaires face à la montée des incivilités. Il s'agit aussi de désaturer le métro, ce que permet la création de pistes cyclables, ou notre projet de tramway des cinq gares.

A.N. : Cinquante pour cent de l'emprise au sol est aujourd'hui réservée à la voiture qui ne représente que 13 % des déplacements. Il y a un déséquilibre injustifié.

A.P. : Vous évoquez l'insécurité, quelles sont vos propositions sur ce sujet qui intéresse beaucoup de vos concurrents – police municipale armée de Benjamin Griveaux ou de Rachida Dati, par exemple ?

A.N. : Nous sommes opposés à la création d'une police municipale. Nous avons déjà une police nationale compétente. Nous proposons plutôt une brigade de la tranquillité publique, de la présence humaine pour apaiser, recréer du lien public et lutter contre un sentiment d'insécurité pas forcément en phase avec l'insécurité réelle. Mettre des gardiens dans les parcs, par exemple. Nous pensons que réintroduire de la présence humaine dans les rues est une solution. Nous devons faire de la prévention.

D.B. : C'est l'idée d'apaisement de la ville, encore une fois. Cette élection est passionnante, pas uniquement parce qu'il y a beaucoup de candidats de qualité, mais parce qu'elle donne à voir des modèles de ville. Vous avez le modèle “tout techno” où on met des dizaines de millions d'euros dans la vidéosurveillance, où l'on fait des grandes tours, une ZAC Bercy-Charenton, la voiture connectée… A contrario, vous avez le modèle que nous défendons : le modèle d'une ville apaisée, à taille humaine et dans lequel le “tout technologique” ne remplace pas les rapports humains. Nous ne sommes pas, par exemple, dans une ville où vous êtes devant un seul écran pour accomplir toutes vos démarches administratives, où la seule réponse à la sécurité réside soit dans des caméras, soit dans des personnes lourdement armées pour verbaliser des personnes jetant des papiers dans la rue. Ce n'est pas ça notre modèle de société. Dans la sécurité, comme ailleurs, nous souhaitons remettre de l'humain. Des personnes qui ne possèdent pas d'armes létales, dont le rôle est à la fois d'assurer une dimension répressive, ce qui contrairement à une police municipale est déjà possible dans le cadre législatif actuel, et surtout de faire de l'information et de la prévention. Nous proposons 100 personnes supplémentaires dans les espaces verts qui sont les endroits où le nombre d'incivilités est le plus important. Supprimées pour des raisons budgétaires et croyant à leur inutilité, elles avaient pourtant un effet dissuasif.

Aujourd'hui, la DSPP comporte 3 600 agents qui ont des tonfas, des gaz lacrymogènes, un armement dit “léger” ou de catégorie D. Que veulent faire Benjamin Griveaux ou Rachida Dati ? Ils disent vouloir recruter 1 500 personnes supplémentaires. Rachida Dati, qui a été ministre d'un Gouvernement qui a retiré près de 500 agents à Paris. Pour répondre à l'insécurité, ils souhaitent en quelque sorte se substituer à l'Etat. Ce que nous disons est que la police nationale doit avoir plus d'agents, notamment dans les quartiers périphériques qui sont moins bien dotés que les arrondissements centraux. Sur ce point c'est au ministère de l'Intérieur à prendre ses responsabilités. La municipalité a, elle, pour mission de lutter contre les incivilités qui représentent tout de même 95 % des problèmes et qui vont jusqu'aux questions de harcèlement dans la rue. Nous devons mieux les prendre en charge, en réorganisant les 3 600 agents déjà existants. Plutôt qu'attendre comme le messie un éventuel vote de l'Assemblée nationale qui ne viendra pas pour la possibilité de créer une police municipale, faisons avec ce que nous avons déjà. Recrutons 400 agents supplémentaires et créons une brigade de type léger.

A.P. : Quelles sont vos propositions concernant les écoles et les enfants ?

A.N. : On veut sécuriser les abords des écoles et protéger les enfants de la pollution, dans les cantines favoriser le bio, proposer le plus souvent possible des repas végétariens. Limiter la consommation de viande permettrait d'ailleurs de réaliser les économies nécessaires pour financer le passage au bio. Faire du bio à un prix accessible nécessite aussi un travail à l'échelle de la région pour sécuriser les filières. Il faut également faire un travail sur le gaspillage alimentaire, la quantité de nourriture jetée dans les cantines est indécente. Ce serait, par ailleurs, une autre source d'économie pour financer le bio.

D.B. : Il faut toutefois faire attention aux candidats qui promettent de diminuer le prix des repas dans les cantines. Aujourd'hui il est calculé selon le quotient familial et les revenus des parents : c'est 13 centimes pour les plus défavorisés, 7,50 euros pour les plus favorisés. Ce que dit Rachida Dati, c'est qu'elle veut diminuer le prix pour les plus favorisés alors qu'aujourd'hui, ils paient un peu plus pour aider les moins fortunés. Moi, je suis très attaché au système actuel. Il faut peut-être revoir les quotients, j'y suis tout à fait ouvert, mais quand je vois que ce sont les enfants les plus défavorisés qui ne restent pas déjeuner même si le prix est faible, je pense qu'il faut rendre automatique l'inscription à la cantine et que les parents fassent la demande de ne pas y inscrire leur enfant ; le contraire de ce qui se fait aujourd'hui. La grande priorité, enfin, c'est d'améliorer la qualité. Quand je vois parfois ce qui est servi aux enfants…

A.P. : Pour le logement, vous avez parlé de forte bétonisation : comment concilier demande de logement et débétonnisation ?

A.N. : La proposition est souvent revenue lors de notre soirée dans le 15e arrondissement de transformer les bureaux vacants. Le foncier disponible doit être réaligné avec les besoins des Parisiens. On ne veut pas construire à outrance, mais on promeut le logement social, on veut favoriser la mobilité résidentielle. Il faut penser mutabilité des constructions aussi, de logements en bureaux et réciproquement, à laquelle les normes font aujourd'hui obstacles. Lutter aussi contre AirBnb, en limitant les abus, sans interdire. La rénovation thermique est aussi une priorité dans le 15e.

A.P. : Certains disent que l'écologie ne vous appartient pas ?

D.B. : C'est vrai, l'écologie n'appartient à personne, c'est comme l'amour. Moi je les prends au mot. Cette élection se fera autour de l'écologie, de notre projet et de nos valeurs. Au premier tour, je pense que nous avons la capacité d'être en tête avec une grande coalition pour le climat qui va avec toutes celles et tous ceux qui ont envie d'être avec nous, de Danielle Simonnet, si elle clarifie sa position quant à la participation à une majorité, à Cédric Villani selon s'il est le deuxième candidat du Gouvernement ou un indépendant qui veut transformer la ville sur la base de notre projet et de nos valeurs. Idem pour Anne Hidalgo. Il faut être ouvert et sortir des vieux modèles d'opposition stérile face à une urgence environnementale qui est très forte. Il faut construire un front qui doit se faire, d'après les autres candidats puisqu'ils disent tous ce que l'on dit depuis 15 ans, autour de nous. Qu'ils viennent. Faisons ensemble ! Je suis persuadé que les Parisiens peuvent nous placer en tête, car nous sommes les seuls capables de discuter avec un arc aussi large. Nous sommes le meilleur rempart contre le réchauffement climatique et contre le retour d'une droite conservatrice, voire réactionnaire, qu'incarnent Benjamin Griveaux et Rachida Dati.

Paris, rêve de gosse
Pour une ville véritablement écologique

Le candidat David Belliard publie un essai à paraître dans les jours qui viennent, Rue de l'Echiquier. Il y explique pourquoi et comment Paris peut devenir une ville véritablement écologique. Pour lui, la capitale et sa métropole ne sont pas actuellement pas adaptées pour faire face aux changements climatiques à venir.




Ses derniers articles

Abonnez-vous à l'offre Papier + Numérique

Affiches Parisiennes Journal d'information juridique et d'annonces légales

  • ›   Pour plus de contenu, papier + web
  • ›   l’accès aux annonces légales,
  • ›   l’accès aux ventes aux enchères.
Je m'abonne

À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide


Fermer
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies et de technologies similaires par notre société ainsi que par des tiers, afin de réaliser des statistiques d'audiences et de vous proposer des services éditoriaux et la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux. En savoir plus / paramétrer