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D'un opéra à l'autre, le chant des avocats

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D'un opéra à l'autre,  le chant des avocats
@ AP - Contre la réforme de la retraite, les avocats donnent de la voix.

Après l'épisode du 16 septembre, le collectif SOS Retraites unissant notamment avocats, professionnels de santé, pilotes et personnels de bord s'était donné rendez-vous ce lundi 3 février pour défiler entre Bastille et Opéra. 15 000 manifestants (selon les chiffres du CNB) déterminés à se faire entendre, heureux, semble-t-il aussi, de se retrouver.

Il est 13h45 et les robes noires s'accumulent autour de la colonne de Juillet. Quelques minutes avant le départ du cortège, nous croisons Hélène Fontaine, présidente de la Conférence des bâtonniers, déterminée à se faire entendre : « il faut faire comprendre que les avocats sont totalement déterminés, quelle que soit leur façon d'exercer, ils sont tous présents, ils sont extrêmement nombreux. Je pense qu'ils dénoncent surtout un mépris : on ne nous écoute pas, on ne nous entend pas. Il risque d'il y avoir la moitié des cabinets d'avocats qui vont disparaître et cela est insupportable pour la profession. C'est aussi la raison pour laquelle vous avez tout ce monde dans la rue. »

La sono est ensuite allumée et le défilé commence à avancer boulevard Beaumarchais vers la place de la République, lieu symbolique que ces « débutants des manifestations » comme le dit parfois Christiane Féral-Schuhl, présidente du CNB, vont se réapproprier. On entend Apologize de One Republic, Russian Roulette de Rihanna, Replay d'Iyaz. De quoi vous donner un aperçu de l'ambiance qui règne sur le cortège ce lundi, un mélange de colère, de détermination, mais aussi de joie de se retrouver, d'être ensemble. « C'est surtout une manifestation d'avocats qui ont cette force de savoir rester relativement calmes tout en laissant aller la pensée à des débats divers et variés. J'ai l'impression que tout le monde apprend beaucoup à se rencontrer », nous explique un manifestant.

D'un opéra à l'autre, le cortège est animé de nombreux chants aux paroles réécrites pour l'occasion et imprimées pour que chacun puisse élever la voix. Un manifestant se hasarde sur une reprise du « ça m'énerve » de Helmut Fritz. On entend une nouvelle version de Bella Ciao, un « pirouette, Belloubête » peu flatteur pour la garde des Sceaux contre qui les manifestants semblent avoir la dent dure. « Au-delà des retraites, cette manifestation est un peu le symbole de la goutte d'eau qui fait déborder le vase puisque depuis plus d'une décennie maintenant, les Pouvoirs publics se désintéressent complètement de la Justice et des avocats », s'agace Julien Brochot, membre du Conseil de l'ordre du barreau de Paris. « Il y a eu l'aide juridictionnelle dans un premier temps, puis les réformes successives de l'appel et ensuite le projet de loi sur la Justice qui touchait à la fois le civil et le pénal. Désormais il y a cette réforme des retraites avec derrière, qui se profile, une réforme de l'aide juridictionnelle. »

Dans les nuages émis par quelques fumigènes, nous avons pu dialoguer avec des avocats venus de plus loin, notamment avec Ludovic Valay, ancien bâtonnier d'Agen, sur le pavé pour « défendre l'avenir des jeunes et des cabinets en situation délicate » contre une réforme qui est, pour lui, « négation de l'indépendance de la profession d'avocat ». S'il a pris le TGV, c'est aussi car les petits barreaux ont un message particulier à porter : « On ne va pas opposer les barreaux, mais les barreaux de province vont souffrir davantage car il y a des différences de situation assez notables même si les 15 000 avocats parisiens en subiront aussi les conséquences directement. On peut craindre un désert juridique dans certaines régions. »

Et après ? « Le principe est de maintenir quoi qu'il arrive toute forme de mobilisation. Il y aura évidemment des défilés mais on va énormément diversifier les modes d'action. Nous sommes extrêmement imaginatifs et surtout inépuisables », nous confie un jeune avocat parisien qui entend ne rien lâcher.

Une rencontre pour rien à Matignon ?

Au lendemain de cette manifestation, les représentants de la profession, Christiane Féral-Schuhl, Olivier Cousi et Hélène Fontaine, étaient reçus à Matignon. « Nous avons rappelé au Premier ministre que ses propositions devraient être à la hauteur de la crise et du mouvement historiques des avocats », précise leur communiqué. Si Matignon s'est engagé à envoyer dans la semaine des propositions qui seront étudiées en AG par le CNB, la rencontre n'a visiblement pas donné satisfaction à la présidente du CNB qui s'est fendue du tweet ci-contre.




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