CV trompeurs

Une récente étude du cabinet Florian Mantione Institut montre que le pourcentage de CV trompeurs augmente régulièrement, et atteint maintenant 75 %.

ActualitéRégion Île-de-France & Grand Paris Publié le ,

Ce chiffre qui devrait continuer à progresser puisque 90 % des candidats trouvent normal d’arranger leur CV. Ils expliquent que, la concurrence étant de plus en plus sévère, le fait de modifier le CV en l’adaptant à l’offre d’emploi donne plus de chance d’obtenir un entretien. Un tiers des recruteurs estiment que les candidats « s’attribuent souvent un diplôme qu’ils n’ont pas » et un tiers également que « le poste occupé par le candidat correspond rarement à la réalité ». Sachant qu’un trou dans le CV attire défavorablement l’attention, des candidats trichent aussi sur la durée de leurs expériences professionnelles (ces durées sont « rarement conformes à la réalité » pour 30 % des recruteurs). Près des trois quarts des recruteurs pensent que les candidats exagèrent leurs responsabilités réelles et trois sur cinq que leur connaissance des langues étrangères est surestimée. Enfin, pour la moitié des recruteurs, les candidats surévaluent « souvent » ou « toujours » leurs rémunérations précédentes.

D’autres études, réalisées ces dernières années, montrent que la tromperie sur le CV est devenue monnaie courante. Et pourtant, deux employeurs sur trois ne font aucun contrôle du CV. Certains se montrent cependant méfiants, demandant à voir les originaux des diplômes (un sur quatre) ou téléphonant aux employeurs précédents (un sur six). Précaution justifiée car une fois le candidat engagé, il est trop tard pour faire machine arrière. Un arrêt du 16 février 1999 de la Cour de cassation stipule en effet qu’une mention imprécise sur un CV ne constitue pas une manœuvre frauduleuse justifiant l’annulation du contrat de travail. Un autre arrêt de la Cour, daté du 30 mars de la même année, donne raison à une salariée menacée de licenciement pour avoir menti sur ses diplômes, dans la mesure où cette personne avait rempli correctement sa fonction pendant trois ans. Cette jurisprudence assure malheureusement l’impunité au salarié qui maquille son CV.

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