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Création d'une police municipale, avec les voix de l'opposition

Le projet de police municipale parisienne, promesse de la maire Anne Hidalgo aux municipales de 2020, vient d'être adopté avec les voix de l'opposition mais sans celles de ses alliés écologistes et communistes.
Création d'une police municipale, avec les voix de l'opposition
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Le projet défendu par son adjoint à la sécurité, Nicolas Nordman, a été adopté en Conseil de Paris à 114 voix pour et 30 contre grâce à celles des élus PS, de droite et du centre et malgré l'opposition des autres élus de gauche (PCF, EELV, Générations). Anne Hidalgo, qui s'était ralliée à cette idée en 2019, un an avant d'être réélue, a salué une « "décision historique » alors que la police municipale est « partout ailleurs en France une évidence du quotidien ».

Dans une capitale qui n'a pu choisir son maire au suffrage universel qu'à partir de 1977, « cette décision marque un nouveau pas dans l'évolution du statut de notre ville vers le droit commun des communes », a souligné la maire de Paris. La promulgation fin mai de la loi Sécurité globale, même partiellement censurée, a permis de mettre fin à cette exception historique. Les premiers policiers municipaux, équipés d'un gilet pare-balles, d'une gazeuse, d'une matraque, de menottes et d'une caméra mais pas d'arme létale, seront opérationnels dès la rentrée de septembre, par vague de 200 ayant satisfait aux sessions de formation. L'objectif de la Mairie est de passer de 3 300 agents aujourd'hui actifs au sein de la Direction de la prévention, de la sécurité et de la protection (DPSP), à 5 000 pour les JO de 2024. Répartis dans 17 divisions d'arrondissement, les policiers parisiens pourront verbaliser dépôts sauvages, épanchements d'urine, jets de mégots, nuisances sonores, déjections canines, stationnements gênants ou débords de terrasses.

« Futures cibles » ?

Les élus de droite, qui réclamaient cette police municipale « depuis de nombreuses années » ont voté le projet tout en soulignant ses nombreux défauts. « Un policier sans arme, c'est une cible », a estimé la députée Brigitte Kuster (LR). En l'absence de « prérogative supplémentaires » par rapport à la DPSP, elle « n'aura de police que le nom », a déploré Nicolas Jeanneté (Les Centristes).
Pour le maire du 15e arrondissement, Philippe Goujon (LR), cette police municipale « ne comptera pas 5 000 policiers » comme annoncé « mais seulement 3 400 ; le solde étant composé de médiateurs et de simples agents de surveillance ».

« L'ensemble de ces 5 000 agents concourent à la tranquillité publique », lui a répondu Nicolas Nordman, citant l'exemple des rixes lors desquelles les médiateurs interviennent en amont. Craignant un désengagement de la Police nationale, écologistes et communistes ont voté contre. La police municipale « ne répondra pas aux problèmes de sécurité publique », a dit Fatoumata Koné (EELV), qui dénonce le « transfert de compétences de l'Etat vers les collectivités territoriales » sans « les moyens financiers ou assiettes fiscales ». « Tous les maires communistes » qui ont mis en place une police municipale « m'ont confirmé que ces créations entraînaient un retrait de l'Etat dans ses missions de sécurité », a assuré Nicolas Bonnet-Oulaldj (PCF).

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