Fermer la publicité
Journal d'information juridique et d'annonces légales

Covid-19 : quelles conditions d'emploi de la main d'œuvre en cette période de crise ?

le - - Entreprise - Vie des entreprises

Covid-19 : quelles conditions d'emploi de la main d'œuvre en cette période de crise ?
@ DR

La Dares vient de publier les résultats de l'enquête Acemo spéciale Covid relative à l'activité et aux conditions d'emploi de la main d'œuvre pendant la crise, entre le 1er avril et le 10 avril 2020.

La Direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques (Dare) a réalisé, avec l'appui de l'Insee, l'enquête Acemo spéciale Covid, dans le cadre de laquelle ont été interrogées des entreprises de dix salariés ou plus, du secteur privé non agricole, entre le 1 et le 10 avril 2020, sur leur situation et les conditions d'emploi de la main- d'œuvre à fin mars.

Les résultats fournissent ainsi une première photographie de la situation de l'emploi à cette date, et des différences selon les tailles d'entreprises et les secteurs d'activité.

Forte réduction de l'activité des entreprises

Il ressort de l'enquête que, fin mars, 49 % des salariés du secteur privé non agricole sont dans des entreprises qui ont réduit très fortement leur activité du fait de la crise : près de 20 % des salariés ont vu l'activité de leur entreprise s'arrêter et 30 % l'ont vu réduite de plus de moitié.

Pour 32 %, leur entreprise a subi une baisse d'activité plus modérée, pour 15 %, cette activité est restée inchangée et, pour seulement 4 %, elle a augmenté par rapport aux prévisions.

Par ailleurs, la baisse d'activité est plus marquée dans les entreprises de 10 à 19 salariés, avec 39 % de salariés à l'arrêt et 25 % en forte diminution d'activité, contre 11 % à l'arrêt et 32 % en forte baisse pour les entreprises de 500 salariés ou plus.

Cette baisse est également plus significative dans les secteurs de l'hébergement, de la restauration puis de la fabrication de matériels de transports, du BTP et autres activités de services, avec plus de 50 % de baisses ou d'arrêts d'activité.

Gestion des questions sanitaires, source n°1 de difficultés

D'après l'enquête, 62 % des difficultés éprouvées par les entreprises relèvent de la gestion des questions sanitaires, de préoccupations financières (34 %) et de problèmes d'approvisionnement (28 %). La gestion des questions sanitaires pose plus de difficultés pour les grandes entreprises, soit 69 % pour celles de 500 salariés ou plus, alors que les difficultés financières touchent davantage les plus petites d'entre elles (42 % pour les entreprises de 10 à 19 salariés).

Ces difficultés varient assez sensiblement selon les secteurs. En effet, les difficultés financières touchent les entreprises des secteurs de l'hébergement et de la restauration (59 %), de l'information et de la communication (47 %) et des secteurs liés à l'énergie, l'eau, et la gestion des déchets (45 %). Les difficultés d'approvisionnement sont, quant à elles, très fréquentes dans les secteurs de la fabrication d'équipements électriques, électroniques, informatiques et de machines (71 %), la construction (70 %) et de la fabrication de matériels de transport (64 %),

Concernant les fermetures administratives, elles affectent surtout l'enseignement privé (59 %), l'hébergement et la restauration (57 %) et les autres activités de service (49 %).

Faible baisse des effectifs

Les entreprises ont toutefois peu réduit leurs effectifs et très peu licencié : celles ayant réduit leurs effectifs ne représentent que 11 % des salariés.

Les entreprises dont les effectifs ont diminué du fait de la crise ont eu recours à des ajustements de main d'oeuvre, à 51 % en annulant ou reportant les embauches prévues, à 49 % en décidant de ne pas renouveler les contrats à durée déterminée et, de façon plus marginale, en ayant recourt au licenciement (2 %) et aux ruptures conventionnelles (4 %).

A l‘inverse, les entreprises dont l'activité augmente privilégient, à 70 %, les heures supplémentaires ou complémentaires, à 48 %, les recrutements en CDD, à 36 %, le recours à des intérimaires et à 28 % l'extension des horaires d'activité.

Recours généralisé au chômage partiel

Le chômage partiel concerne, selon les chiffres de la Dares, 60 % de salariés, et pour près de 100 % dans certains secteurs. Un dispositif dont les plus petites entreprises ont davantage recours puisqu'il concerne 72 % des entreprises de 10 et 19 salariés, contre 51 % pour les entreprises de 500 salariés ou plus.

Le recours au chômage partiel varie selon les secteurs : il est particulièrement marqué dans ceux de la fabrication de matériel de transport (97 %), de l'hébergement et restauration (96 %) ainsi que de la construction (95 %). Il est moindre dans l'industrie agro-alimentaire (37 %), l'enseignement, la santé humaine et l'action sociale (37 %), les secteurs liés à l'énergie, l'eau, et la gestion des déchets (35 %), et les activités financières et d'assurance (14 %).

Si certains secteurs en appellent au chômage partiel du fait de l'impossibilité de maintenir l'activité en assurant la sécurité des salariés, comme dans la construction, c'est en raison des fermetures administratives pour d'autres, comme les secteurs de l'hébergement et la restauration et des autres activités de service. Pour le secteur de l'information et de la communication, qui a un recours moyen à ce dispositif, la première raison est la réduction des débouchés.

De ce fait, selon l'enquête, fin mars, près d'un quart des salariés est au chômage partiel, un autre quart en télétravail, et un troisième quart travaille sur site ou sur chantiers. Les autres sont en arrêts maladie ou en garde d'enfant (13 %) ou en congés (9 %).

Protection des salariés sur site

Pour les salariés qui travaillent sur site, 69 % sont concernés par des mesures de distanciation mises en place par leur entreprise, mesures davantage observées dans les grandes entreprises que dans les petites.

Dans le détail, 64 % des entreprises ont fourni à leurs salariés du gel hydro-alcoolique mais seulement 37 % leur ont fourni des gants et 29 % des masques. Enfin, l'aide au transport individuel est très rare.

Les mesures de distance pour les travailleurs sur site sont inégalement mises en place selon les secteurs : elles sont plus fréquentes dans l'industrie et les transports, moins dans l'hébergement-restauration, les autres activités de services et la construction. Les gants sont souvent utilisés sur site dans l'industrie agro-alimentaire (60 %), l'enseignement ou encore la santé humaine et l'action sociale (52 %),moins dans l'information et communication (8 %) et dans les activités financières et d'assurance (15 %).

Les masques sont également très utilisés dans les secteurs de l'enseignement, santé humaine et action sociale (54 %) et l'industrie agro-alimentaire (53 %), moins dans les secteurs de l'hébergement-restauration (17 %), des autres activités de services (16 %) et de la construction (13 %).




Ses derniers articles

Abonnez-vous à l'offre Papier + Numérique

Affiches Parisiennes Journal d'information juridique et d'annonces légales

  • ›   Pour plus de contenu, papier + web
  • ›   l’accès aux annonces légales,
  • ›   l’accès aux ventes aux enchères.
Je m'abonne

À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide


Fermer
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies et de technologies similaires par notre société ainsi que par des tiers, afin de réaliser des statistiques d'audiences et de vous proposer des services éditoriaux et la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux. En savoir plus / paramétrer