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Covid-19 : baisse artificielle du taux de chômage

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Covid-19 : baisse artificielle du taux de chômage
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Selon la dernière publication d'Asterès, cabinet d'études économiques et de conseil, sur le taux de chômage au sens du Bureau international du travail (BIT), la crise du Covid-19 n'a qu'artificiellement fait diminuer sa courbe.

Dans sa dernière publication, le cabinet Asterès fait état d'une très légère baisse de la courbe du chômage ce trimestre, marqué par la crise du Covid-19. Selon le cabinet, cette diminution du chômage n'est, au regard du contexte exceptionnel de crise sanitaire, qu'un « artifice statistique » et ce en raison de plusieurs facteurs.

Très légère baisse de la courbe

Le chômage n'a diminué que de 0,3 points, passant de 8,1 % de la population active à 7,8 %.

En effet, le confinement a complexifié les recherches d'emploi et donc fait fortement baisser le nombre des personnes se déclarant sans emploi et disponibles ou en recherche active. Par ailleurs, le sous-emploi a augmenté de 2,7 points et s'élève à 8 % des actifs. Enfin, le halo autour du chômage a augmenté de 0,2 point à cause du confinement, 1,7 million de Français souhaitant un emploi sans être considérés comme chômeurs.

Marché à l'arrêt durant le confinement

Autre explication à cette baisse temporaire du taux de chômage, le gel du marché du travail à cause du confinement, dont les mesures ont bloqué le fonctionnement normal du marché du travail. Les contrats précaires en fin de mission ont été les premiers affectés par ce blocage, ne pouvant plus effectuer leur démarche de recherche. Ils sont donc sans emploi mais non disponibles pour travailler. De ce fait, avec 250 000 inscrits à Pôle emploi en mars 2020, le taux d'inscription a progressé de plus de 7 %.

Enfin, la brutalité de la crise a obscurcit l'avenir des entreprises, à court et moyen terme et accru leur aversion au risque. Tant les projets d'investissement que les embauche ont alors été gelés.

Selon le cabinet, la crise du coronavirus aura pour conséquence d'interrompre la dynamique de baisse du chômage engagée depuis 2017, rendant ainsi inaccessible l'objectif du Gouvernement de diminution du taux de chômage à 7 % d'ici 2022. Si, au sens du BIT, le chômage a effectivement diminué au premier trimestre de l'année 2020, les prochains seront marqués par une hausse du nombre de demandeurs d'emplois lorsque le marché du travail reprendra son rythme habituel.

Agir sur l'offre et la demande pour rétablir rapidement l'emploi

Pour rétablir rapidement l'emploi, le cabinet indique que des mesures fortes devront être prises en faveur de l'offre, puis en faveur de la demande.

D'une part, les investissements privés devront être le principal levier à actionner par les plans de sortie de crise. La confiance, indispensable à la reprise, implique une stabilisation de la fiscalité et des annonces en ce sens de la part des entreprises. Ensuite, il est important que les pouvoirs publics donnent de la visibilité aux porteurs de projets innovants, en définissant un plan de relance favorisant l'investissement dans les secteurs d'avenir, comme la transition énergétique ou la robotique, puis en mettant à leur disposition des prêts garantis ou un apport de fonds propres via les banques publiques d'investissement.

D'autre part, la reprise économique ne peut se faire sans rétablissement de la consommation et de l'investissement des ménages. Les ménages ont diminué leur consommation et davantage épargné durant le confinement. Pour relancer la consommation des ménages, et ainsi améliorer la « demande anticipée » adressée aux entreprises, leur permettant ainsi d'investir et d'embauche, le Gouvernement doit notamment poursuivre son programme de baisse d'impôts, en particulier l'allégement des taux des premières tranches de l'impôt sur le revenu ainsi que la suppression du dernier tiers de la taxe d'habitation.

Inévitable destruction des postes à moyen terme

La dernière analyse du cabinet est assez pessimiste puisqu'elle prévoit une destruction « sèche » inévitable des postes à moyen terme, en dépit des mesures d'activité partielle ayant permis de limiter ces destructions à court terme.

Grâce aux mesures d'activité partielle instaurées dès la mise en confinement, dont le maintien des salaires à 84 % de leur net pour les 12 millions de bénéficiaires, la demande a pu être soutenue à court terme et une dépression plus forte, via un effondrement immédiat et intense de la consommation, a été évitée.

Si, à moyen terme, l'activité partielle devrait permettre de faciliter la reprise, des destructions sèches d'emploi seront toutefois inévitable car la sortie progressive de ce dispositif à partir du mois de juin affectera les entreprises qui étaient déjà en difficulté avant le confinement. Les licenciements ou les faillites sont plus que probables.




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