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Cour des comptes : malgré la crise, le budget de l'Elysée a été maitrisé

L'institution a publié le 26 juillet dernier son rapport sur les comptes et la gestion des services de la présidence de la République pour l'exercice 2020, qui révèle une maitrise du budget de l'Elysée en 2020 et qui s'est penché de manière approfondie sur la sécurité de la Présidence.
Cour des comptes : malgré la crise, le budget de l'Elysée a été maitrisé
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Comme chaque année depuis 2009, la Cour des comptes contrôle les comptes et la gestion des services de la présidence de la République. Pour l'exercice 2020, celle-ci relève que la crise sanitaire a entrainé une maitrise des comptes de l'Elysée, notamment du fait de la réduction des déplacements présidentiels. Par ailleurs, et afin de couvrir l'ensemble des activités de la Présidence durant une mandature, la Cour retient, depuis 2018, un thème qu'elle examine de façon approfondie. Celui concernant l'exercice 2020 porte sur la sécurité de la Présidence et principalement la création de la direction de la sécurité de la présidence de la République (DSPR), qui représente, selon les magistrats, une « avancée » certaine.

Une situation financière stable et un budget maitrisé

Au terme de l'exercice 2020, les produits retracés dans le compte de résultat se sont établis à 108,1 millions d'euros et les charges à 99,7 millions d'euros, contre 105,3 millions en 2019. L'excédent de 8,4 millions d'euros a entrainé à une augmentation des fonds propres d'un même montant et la trésorerie reste stable à hauteur de 20,4 millions d'euros, contre 20,6 millions en 2019. Par ailleurs, la dotation inscrite en LFI pour 2020, soit 105,3 millions d'euros, et les produits réalisés (1,7 M€) ont été suffisants pour couvrir les dépenses qui se sont élevées à 106,8 millions d'euros en crédits de paiement.

La crise sanitaire n'est pas étrangère à cette maîtrise du budget puisque le nombre de déplacements présidentiels a fortement baissé, engendrant une diminution des dépenses (108 en 2019 contre 67 en 2020) qui a permis, d'une part, d'éviter le prélèvement sur trésorerie de 4 millions d'euros prévu en LFI et, d'autre part, de redéployer 3,1 millions d'euros en investissement dans la transformation numérique, la réalisation de travaux immobiliers et l'acquisition d'équipements de sécurité. Enfin, la masse salariale n'a pas progressé en 2020, principalement du fait d'une baisse considérable des heures supplémentaires (-34 %).

Zoom sur la réforme de la sécurité au sein de la Présidence

Depuis 2018, la Cour des comptes définit un thème de gestion qu'elle examine de façon approfondie lors de son contrôle. Pour l'exercice 2020, il a porté sur la sécurité. L'organisation de la sécurité n'avait pas fait l'objet d'une réforme d'ensemble depuis la création du groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR) en 1983. La mise en place d'une direction de la sécurité (DSPR) le 1er avril 2019, dans le cadre de la réorganisation d'ensemble des services de la présidence souhaitée par le Président de la République, l'a rendu effective.

L'objectif de la réforme était de permettre à la Présidence d'acquérir une plus grande autonomie budgétaire et fonctionnelle vis-à-vis du ministère de l'Intérieur, de mettre en place une organisation plus efficace ainsi qu'une culture commune entre gendarmes, policiers, gardes républicains et membres du GSPR et de renforcer la coordination entre le GSPR et la Garde républicaine. A ce titre, la mise en place d'entraînements collectifs entre policiers et gendarmes du GSPR est une première étape importante. En outre, les investissements en équipement en 2020, qui continueront en 2021, ont été importants (2,6 M€) et ont porté notamment sur 41 véhicules pour augmenter la flotte en propre de la Présidence et des matériels de sécurité. S'agissant du pilotage global de la direction, l'outil d'analyse de risques déployé récemment doit encore être consolidé.

Enfin, selon la Cour, la maîtrise des heures supplémentaires pour les policiers du GSPR reste un enjeu à relever. En effet, en moyenne, chaque agent a cumulé 7 140 heures supplémentaires, pour un total de 278 457,93 heures supplémentaires, avec une indemnité propre au travail en cabinet, ce qui mériterait d'être « revu et clarifié », selon la Cour.

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