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Comment vont les entreprises familiales post-crise ?

A l’occasion d’une table-ronde récemment organisée au sein du Médiacampus, cet Observatoire a livré les résultats de sa 2ème étude, réalisée par OpinionWay, sur les grandes tendances des entreprises familiales pour le monde d’après Covid.
Comment vont les entreprises familiales post-crise ?
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La chaire Entrepreneuriat Familial et Société d’Audencia a lancé en juin 2019 l’Observatoire National de l’Entrepreneuriat Familial, en partenariat avec le Family Business Network France (FBN). Celui-ci a dévoilé, le 25 janvier dernier, les résultats de sa deuxième étude, en coopération avec OpinionWay qui s’est intéressée aux grandes tendances des entreprises familiales dans un contexte d’après crise, pour mieux appréhender leurs caractéristiques intrinsèques et identifier des points de vigilance à travailler, afin de renforcer leur pérennité et leur croissance. L’étude a été réalisée par interview, du 8 mars au 9 avril 2021, auprès, d’un côté, de 500 dirigeants d’entreprises de 10 salariés et plus, dont la moitié pilote des entreprises familiales, et de l’autre, d’un échantillon de 500 salariés travaillant dans des entreprises de 10 salariés et plus.

En comparant les réponses des deux études, il apparait que les entreprises familiales ont su traverser la crise sanitaire, en gardant leur confiance en l’avenir intacte par rapport à 2019. Leur résilience s’est concrétisée en une démarche d’innovation encore plus forte, en une réflexion encore plus poussée autour de la RSE, et un renouvellement certain de leurs pratiques de gouvernance.

La crise sanitaire n’ébranle la confiance en l'avenir économique

Premier enseignement de cette étude, 9 dirigeants d’entreprise sur 10 interrogés restent majoritairement confiants en l’avenir économique de leur entreprise pour les 5 prochaines années. En 2021, cet optimisme est plus marqué chez les dirigeants des entreprises familiales (38%) que chez leurs homologues d’entreprises non familiales (29 %), avec une réelle progression depuis 2019. Plus de 90 % des dirigeants des entreprises familiales estiment que leurs entreprises ont été performantes en matière de chiffre d’affaires, contre 82 % pour les TPE.

Un des facteurs de cette confiance est le modèle unique des entreprises familiales, basé sur le financement en fonds propres et une trésorerie solide, qui a été un réel atout pour traverser la crise Covid.

Du côté des salariés, 7 sur 10 se disent optimistes quant à l’avenir économique de leur entreprise pour les 5 prochaines années.

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La crise sanitaire, accélérateur d'innovation dans l’organisation du travail

Les entreprises ont beaucoup misé sur les salariés en les fidélisant (92 % en 2021 contre 85 % en 2019) et en maintenant les emplois en télétravail ou en chômage partiel. Par ailleurs, 80 % des entreprises familiales interrogées considèrent avoir été beaucoup plus performantes dans leurs capacités d’innovation (contre 53 % en 2019) pendant la période de la Covid.

Une culture d'entreprise forte par l'entrepreneuriat

Les entreprises familiales connaissent un changement plus important dans la culture d’entreprise par rapport aux entreprises non-familiales, et ceci quelques soit le secteur d’activité ou la taille de l’entreprise :la culture familiale diminue légèrement par rapport au premier Observatoire, atteignant 52 % en 2021 contre 64 % en 2019,alors que la culture entrepreneuriale augmente, passant de 25 % en 2019 à 49 % en 2021, ce qui est également le cas de la culture de la communication (41 % contre 36 %)et de la culture de l’innovation (28 % contre 26 %).

La culture entrepreneuriale est soutenue par la culture familiale avec des investissements en faveur des projets entrepreneuriaux des membres de la famille (17% en 2021 contre 11% en 2019. En effet, les membres de la famille aux postes de direction opérationnelle permettent d’apporter un soutien financier à l’entrepreneuriat intergénérationnel. Par ailleurs, pour alimenter cette culture entrepreneuriale au sein de l’entreprise, les dirigeants favorisent l’entraide entre les salariés (75 %) en valorisant ceux qui prennent des initiatives sans craindre les échecs (66 %).

Revendication d’un engagement responsable plus important

Face à la pandémie, 81 % des dirigeants d’entreprises familiales (EF) ou non familiales (ENF) pensent avoir été plus performants dans leur politique RSE en 2021, contre 63 % en 2019. Désormais, l’engagement responsable, pour 50 % des entreprises familiales contre 36 % des autres, et le bien-être au travail (73% EF contre 52% ENF) sont particulièrement revendiqués par les entreprises familiales comme des priorités par rapport aux entreprises non-familiales. D’ailleurs, les nouveaux actionnaires familiaux arrivés au sein des instances de gouvernance d’entreprises familiales sont très attentifs à cette transformation.

Dirigeants et salariés n’ont pas la même vision de la réalité de l'entreprise

Malgré leurs points d’accord, dirigeants et salariés ont des perceptions divergentes en matière de gestion des ressources humaines s’agissant de l’attractivité : 58 % des salariés l’évaluent positivement contre 79 % des dirigeants et de la fidélisation des talents : 59 % des salariés l’évaluent positivement contre 92 % des dirigeants.

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Gouvernance : les entreprises familiales prennent le virage

L’époque où les descendants de la famille fondatrice accédaient directement aux postes de direction semble être révolue dans la majeure partie des entreprises familiales. Les dirigeants actuels prennent la mesure des difficultés inhérentes à la reprise de l’entreprise familiale.

En 2019, 8 dirigeants d’entreprises familiales sur 10 souhaitaient transmettre la propriété et la direction opérationnelle de l’entreprise à un ou plusieurs membres du cercle familial, contre seulement 6 dirigeants sur 10 aujourd’hui, d’autant plus si des membres familiaux y travaillent déjà. Les résultats de l’Observatoire montrent également qu’il y a environ 6 fois plus de dirigeants qui pourraient confier la propriété de l’entreprise à un ou plusieurs salariés et 7 fois plus pour la direction opérationnelle, par rapport à 2019.

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