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Comment devenir une entreprise à impact ?

Lors d’une table ronde organisée par Réseau entreprendre Paris, trois entrepreneurs “à impact” sont revenus sur les différentes façons d’inclure des valeurs écologiques, sociales ou solidaires dans les statuts d’une entreprise.
Comment devenir une entreprise à impact ?
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EntrepriseVie des entreprises Publié le , Margot Herrada

B Corp, société à mission, ESUS : autant de certifications qui permettent de valoriser les engagements d’une entreprise à impact. “Nous sommes tous en train de construire l’entreprise de demain”, a affirmé Laurence Grandcolas, la fondatrice de MySezame, labelisée Entreprise solidaire d’utilité sociale (ESUS), société à mission et B Corp lors de la table ronde.

Qu’est-ce qu’une entreprise à impact ?

Certaines ont l’impact dans leurs gênes, comme MySezame qui a centré son activité sur l’accompagnement de dirigeants d’entreprise dans leur transition vers une économie “plus sociale, durable et inclusive”, explique Laurence Grandcolas. D’autres se sont “converties” à l’impact une fois l’entreprise créée. C’est le cas d’Alenvi, une entreprise à mission labellisée ESUS, présentée par son cofondateur Guillaume Desnoes. Positionnée sur le domaine de l’aide à domicile, l’entreprise ambitionne dès ses débuts d’humaniser l’accompagnement des personnes âgées tout en valorisant le travail des professionnels qui s’y emploient. Malgré cette activité sociale, l’entreprise n’était pas considérée comme société à mission dès ses débuts puisque son offre était d’abord réservée à une catégorie “qui avait les moyens”, précise Guillaume Desnoes. Beaucoup de fonds d’investissement à impact ont reproché à l’entreprise le manque d’accessibilité de ses services, ce qui a amené les cofondateurs à repenser Alenvi. “On s’est rendu compte que notre ambition allait au-delà de seulement monter notre entreprise. Nous voulions modifier tout notre secteur”, confie Guillaume Desnoes.

Même chose pour HomeExchange, le leader mondial de l’échange de maison dont Emmanuel Arnaud est le PDG. “Quand j’ai créé ma boîte, j’étais super content de faire partie de l’économie collaborative, on avait l’impression qu’une autre forme de capitalisme, un capitalisme collaboratif, était possible”, explique le dirigeant, qui poursuit : “il y a un fonds à impact qui nous a dit qu’on n’était pas assez dans l’impact. Pour d’autres, nous l’étions mais ils ne nous correspondaient pas”. Avec l’objectif de mener une politique à impact ambitieuse pour HomeExchange, Emmanuel Arnaud concède que devenir entreprise à impact implique “un tâtonnement en permanence” pour concilier engagements sociaux et réalités économiques. Actuellement, HomeExchange est d’ailleurs en cours de certification B Corp.

Quelles certifications possibles ?

Le statut de société à mission a été consacré par la loi Pacte en 2019 afin d’ajouter une qualité aux entreprises qui s’engagent pour des valeurs sociales, solidaires ou environnementales en ajoutant ce statut à celui préexistant de SAS, SARL, etc.

« La réalité d’une entreprise à mission, c’est que ça vous oblige envers vos salariés, l’entreprise, les clients », développe Laurence Grandcolas. Et pourtant, loin d’être une contrainte, c’est un véritable levier pour Guillaume Desnoes. “Au contraire, ça nous a permis d’aligner notre pratique business avec nos valeurs”, confirme le cofondateur d’Alenvi, affirmant que le fait d’être une entreprise à mission dans le secteur de l’aide à domicile, ce qui n’est pas courant, les a mis “dans une position valorisante” en leur apportant “un changement de regard sur leur business”. En plus de sa qualité d’entreprise à mission, Alenvi cumule les certifications avec le label ESUS. Créé en 2014, il permet d’attribuer une reconnaissance aux sociétés françaises qui basent leurs valeurs sur la non-lucrativité et la gouvernance partagée avec leurs salariés. Si la reconnaissance de “société à mission” et le label ESUS sont uniquement français, la certification B Corp, elle, est internationale. “La raison pour laquelle on s’est engagé pour obtenir B Corp, c’est parce que c’est américain et que nous sommes une boîte internationale avec des salariés à l’étranger”, précise Emmanuel Arnaud. Pour se faire certifier B Corp, les entreprises doivent ainsi modifier leurs statuts puis répondre à un questionnaire, le B impact assessment, qui sera ensuite audité et examiné par les membres de la certification. Sans compter sur le fait que la certification B Corp fonctionne différemment des certifications françaises puisqu’elle possède un système de points, qui nécessite d’en obtenir au moins 80 sur 200 pour se voir certifié. Une plus-value supplémentaire puisqu’Emmanuel Arnaud y voit là l’occasion “de toujours s’améliorer”. Ces différents dispositifs “restent cependant des outils”, précise Laurence Grandcolas, qui reconnaît que la priorité est de penser “le développement de son entreprise dans le champ sociétal”, puisqu’en tant que dirigeant ou entreprise, les moyens de s’engager pour une économie plus sociale et durable ne manquent pas.

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