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Combien gagne un juriste d'entreprise ?

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Combien gagne un juriste d'entreprise ?
© AFJE

Les résultats de l'enquête 2016 sur la rémunération des juristes, réalisée par l'Association française des juristes d'entreprise (AFJE), sont encourageants. Après plusieurs années d'incertitudes économiques, les enseignements de l'étude confirment une augmentation de 9% de leur rémunération moyenne depuis 2008, ce qui la porte à 67 791 euros brut par an.

Réalisée auprès d'un panel de plus d'un millier de juristes sur les 16 000 qui exercent en France, cette étude est « un outil nécessaire » pour mesurer les progrès accomplis et les nouveaux enjeux de positionnement à l'international de la fonction de juriste, selon Stéphanie Fougou, présidente de l'AFJE.

Cette étude est la synthèse d'une enquête auto-administrée menée par Square Metric auprès des directions juridiques et des juristes d'entreprise en France à l'automne 2015. Les 1 007 répondants qualifiés « représentent ainsi près de 7 % de la population étudiée », ce qui la rend « particulièrement représentative », et d'autant plus légitime qu'il s'agit de la seule étude du genre réalisée sur la rémunération des juristes.

Véritable référence pour l'ensemble de la profession, l'enquête rémunération AFJE est une source d'information riche pour mesurer les évolutions de la profession de juriste d'entreprise face aux nouveaux enjeux économiques de ces dernières années et son positionnement au sein de l'entreprise.

Les enseignements de cette étude confirment des tendances dynamiques et positives du métier avec notamment une rémunération en hausse, toutes fonctions confondues, depuis la dernière enquête datant de 2008.

Le profil du juriste évolue vers une féminisation toujours plus marquée, un vieillissement (âge moyen de 39 ans) et une professionnalisation accrue (davantage de bac +6 et d'avocats).

Deux indicateurs révèlent une croissance générale du niveau des salaires des juristes ces dernières années. Globalement, la moyenne de la rémunération des juristes en France en 2015 est de 67 791 euros, contre 62 209 euros en 2008 (+5 582 euros). Ce montant de référence traduit une augmentation moyenne de 1,3 % par an du revenu sondé en 2008. De nos jours, la moitié des juristes perçoivent 59 000 euros et plus de salaire brut annuel (+4 000 euros de la rémunération médiane par rapport à 2008), toutes responsabilités et tailles des entreprises confondues. Les directeurs juridiques, gagnent quant à eux, 110 261 euros brut en moyenne (+12 127 euros soit 12 %).

Une profession dynamique

Depuis la précédente enquête datant de 2008, une augmentation des salaires des juristes d'entreprise comprise entre 7 % et 12 %, démontre la reconnaissance au sein de l'entreprise de ce métier.

L'attribution d'une part variable accordée aux juristes d'entreprise révèle également le souhait de l'entreprise de les impliquer dans son développement stratégique. Une grande majorité des juristes (57 %) a bénéficié d'une part variable (bonus, prime…).

Pour 56 % des juristes d'entreprise leur profession se développe en France, notamment avec de nouvelles spécialités bien rémunérées (ex : compliance). Près de 70 % des juristes d'entreprise estiment être considérés au sein de l'entreprise comme « un facteur de compétitivité pour l'entreprise ».

Le rattachement de la direction juridique est également un facteur de reconnaissance de la profession de juriste d'entreprise. Cela se reflète dans une rémunération plus élevée. Les directeurs juridiques rattachés à la présidence ou à la direction générale du groupe perçoivent en moyenne +4 % que le salaire moyen de référence.

Professionnalisation accrue du métier

Pas moins de 90 % des juristes d'entreprise ont un master II (+ 5 % depuis 2008). La moitié des juristes d'entreprise a une double formation (école de commerce, IEP, MBA…) soit deux fois plus qu'en 2008 et 19 % des juristes d'entreprise sont diplômés du Capa (examen du barreau).

Le juriste d'entreprise est majoritairement détenteur d'un bac +6. À ce titre, les directions juridiques veillent à préserver les compétences de leurs juristes « qualifiés » pour des sujets à haute valeur ajoutée et à organiser les autres tâches au travers de profils moins experts (paralégal…) et d'une digitalisation des tâches les plus répétitives. L'âge moyen des juristes en entreprise est de 39 ans, la proportion des juristes de plus de 40 ans a sensiblement augmenté depuis 2008, ce qui peut être la conséquence d'un contexte économique favorisant les profils expérimentés.

Internationalisation du métier mais rémunération moindre

Près de le totalité (97 %) des juristes d'entreprise interrogés, travaillent en anglais ; un tiers d'entre eux exerce principalement en anglais et 70 % des directions juridiques travaillent à l'international.

Malgré cette nette tendance d'augmentation des salaires depuis 2008, la rémunération de la fonction juridique en entreprise en France demeure inférieure par rapport à d'autres pays, notamment les pays anglo-saxons. Au Royaume-Uni, un General Counsel gagne 230 000 euros, en Belgique 150 000 euros et aux États-Unis, un juriste de plus de 15 ans d'expérience gagne entre 176 000 et 397 000 euros (enquête internationale de Laurence Simons). Les rémunérations ont tendance à dépasser le salaire moyen à partir de 45 ans.

Forte inégalité salariale hommes-femmes malgré une hyperféminisation

La profession de juriste d'entreprise poursuit sa féminisation. En 2015, 67 % des juristes d'entreprise sont des femmes soit +11 % par rapport à 2008, et les trois quarts des recrus sont des femmes.

L'écart salarial entre hommes et femmes entre 2008 et 2015 reste identique : un écart de salaire compris entre 7 et 14 % à fonction égale, qui monte jusqu'à 26 % pour les plus de 45 ans.

Stéphanie Fougou déplore fortement que les femmes aient moins accès au poste à responsabilité : seul 40 % des femmes déclarent avoir une autorité hiérarchique contre 60 % des hommes.

Bonne humeur du juriste malgré un souhait de mobilité

Le juriste d'entreprise apprécie ces missions au quotidien (8 juristes sur 10 manifestent un intérêt pour leur poste). Il regrette néanmoins un marché de l'emploi peu mobile (70 % estiment qu'il est difficile de trouver un emploi de juriste en France) et une évolution des rémunérations insuffisante.

La moitié des juristes envisage sérieusement une évolution professionnelle dans les 12 mois à venir, et 59 % estiment qu'il faut changer d'employeur pour augmenter significativement sa rémunération.

Le juriste d'entreprise considère bénéficier d'une bonne évolution de carrière au sein de l'entreprise comme en témoigne leur ancienneté croissante dans la même structure. Il sait aussi faire le choix de la construction d'un plan de carrière avec une mobilité interne, de la formation continue ou encore le développement de soft skills.




Anne MOREAUX
Journaliste

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