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CodinGame : le recrutement ludique de programmeurs

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CodinGame : le recrutement ludique de programmeurs
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Rencontre avec Aude Barral, cofondatrice de CodinGame, start-up française ayant lancé une plateforme permettant de recruter des développeurs informatiques partout dans le monde à travers un « un concept ludique inédit » facilitateur de contact et d'évaluation de compétences. Un outil RH bienvenu dans un environnement technologique parfois abscons.

Affiches Parisiennes : En quoi consiste votre start-up ?

Aude Barral : CodinGame est une entreprise lancée en 2014. Son activité a deux facettes. D'une part, on anime une plateforme pour les développeurs - codingame.com - qui leur permet de perfectionner leurs compétences gratuitement à travers des jeux vidéo. Elle fédère une grande communauté de 2 millions de programmeurs dans le monde entier, dans plus de 170 pays, grâce à un concept assez unique de jeux de programmation qui permettent l'apprentissage et surtout le perfectionnement des compétences de manière ludique et gratuite. D'autre part, nous commercialisons des services aux entreprises autour du recrutement en les aidant à identifier et rencontrer des programmeurs de talent. Aujourd'hui, nous avons un peu plus de 500 clients dans le monde

A.-P. : Quelle est votre vision entrepreneuriale ?

A. B. : Chez CodinGame, on porte depuis toujours la vision que le métier de programmeur est avant tout une question de motivation et de passion. Cela permet à des personnes ayant des profils différents ou atypiques d'être excellents dans le domaine de la programmation. On a donc choisi d'adopter un angle ludique avec la plateforme pour permettre finalement à tous les profils, quels que soit leur parcours, de pouvoir être mis en contact avec des entreprises qui leur plaisent et d'être recrutés sur la base de leurs compétences.

On a commencé nos activités avec essentiellement des logiciels autour de l'évaluation de compétences par simulation en faisant programmer les développeurs sur des tests qui ressemblent de très près à ce qu'ils pourraient rencontrer quotidiennement en entreprise. Puis, on a élargi à la partie gamification parce que, finalement, le côté ludique est aujourd'hui une verticale importante dans le recrutement, notamment pour certains profils difficiles à séduire et à toucher, comme les développeurs. Ce concept ludique inédit plait beaucoup.

Ce qu'on essaie de faire avec cette plateforme est donc de mettre en place un système de matching qui permet de connecter les développeurs de talent avec les entreprises qui recrutent. Aujourd'hui, ce qui est très difficile pour une entreprise, c'est de trouver le bon expert car il n'y a pas assez de bon développeurs sur le marché, ce sont des ressources rares, on parle même de pénurie, et les recruteurs ne savent pas où aller les chercher et comment les évaluer.

Finalement, nous sommes vraiment un facilitateur de contact, pas comme un site de rencontres mais le principe est quasiment le même !

A.-P. : Quel type de profil de programmeurs arrivez-vous à placer dans les entreprises ?

A. B. : Tous les métiers autour de l'ingénierie en programmation. Ça peut être des spécificités technologiques comme des ingénieurs spécialisés sur le front ou sur le back office. On couvre vraiment tout le spectre des compétences informatiques en vérité, donc on propose aux entreprises des outils qui leur permettent d'évaluer précisément les compétences de leurs candidats dans le cadre du recrutement.

A.-P. : Comment votre branche gaming fonctionne-t-elle ?

A. B. : C'est un concept un peu unique car on a développé pendant deux ans une technologie assez spécifique où l'on reproduit dans le navigateur Internet un environnement de développement complet. En principe, pour programmer, les développeurs ont des logiciels contenant des environnements de développement contraints. Nous avons déployé ce type d'environnement dans un navigateur, et pour rendre l'exercice un peu plus ludique, on pose des problèmes complexes sous forme de puzzles, d'énigmes et de mini-challenges. Tout ça avec des rendus graphiques comme dans un vrai jeu vidéo. À travers ces jeux, on sollicite les développeurs à imaginer tout un tas d'algorithmes intelligents. Nous avons des jeux qui se rapprochent de jeux vidéo connus comme Starcraft ou autre, ou il s'agit d'aller constituer une petite armée et chercher des minerais, et tout ça sans manette ni joystick mais uniquement avec du code.

A.-P. : Comment vous est venue cette idée ? êtes-vous vous-même programmeuse?

A. B. : Alors non, je ne suis pas programmeuse mais mes deux associés le sont. Au départ, nous avions développé une technologie permettant d'évaluer les compétences techniques d'un développeur en le faisant programmer sur des exercices de mise en situation. Suite à l'engouement des utilisateurs, des clients, et de notre communauté de programmeurs, on a imaginé une version gamifiée de cette technologie en rajoutant des rendus visuels et des jeux pour créer un espace unique : une véritable plateforme ludique de programmation..

A.-P. : Utilisez-vous de l'intelligence artificielle sur votre plateforme ?

A. B. : Sur la partie évaluation non, parce que nous avons développé un système spécifique qui ne mobilise pas d'IA. En revanche, nous en utilisons sur la partie sourcing, donc sur le module de matching entre candidats et recruteurs, basé sur des algorithmes de machine learning permettant à notre logiciel d'apprendre, d'analyser et de présenter les candidatures les plus pertinentes aux recruteurs et vice versa. Les résultats qu'on a aujourd'hui sont très satisfaisants.

A.-P. : Quel est le coût de l'accès à votre plateforme pour les recruteurs ?

A. B. : Nous proposons des abonnements mensuels ou annuels qui vont de 250 euros par mois à plus de 1000 euros en fonction de la taille de l'entreprise et de la formule choisie. Ces dernières sont essentiellement basées sur l'évaluation technique des candidats, tandis que la partie sourcing est encore en version bêta donc encore gratuite.

Nous savons que le recrutement est saisonnier donc nous proposons un abonnement mensuel sans engagement à 350 euros pour les entreprises qui souhaitent utiliser notre service pour une durée de temps très limitée.

Toutefois, la grosse majorité de nos clients sont des entreprises qui recrutent au minimum une dizaine de développeurs par an et se servent de notre service de manière récurrente.

A.-P. : Comment votre start-up traverse-t-elle la crise du coronavirus ?

A. B. : Nous avons une petite structure composée de 30 personnes, étant dans le milieu des start-up nous sommes déjà habitués aux pratiques de travail à distance. Ça fait déjà plus d'un an qu'on a mis en place le télétravail pour nos salariés au moins un jour par semaine, voire de manière permanente pour certains postes, les commerciaux notamment. On a pris conscience qu'en étant basés à Montpellier, ce n'est pas toujours facile de faire venir les talents. On a donc très tôt pris le parti de pouvoir travailler avec des équipes délocalisées et finalement, dans cette conjoncture difficile, on a réactivé les bons réflexes de mobilité pour travailler de chez soi avec le moins de friction possible.

Alors, évidemment, il y a un impact sur notre activité comme le recensent beaucoup d'entreprises, d'autant que nous travaillons sur la verticale du recrutement qui est un investissement donc un secteur frileux en période d'incertitude. Mais en tout cas, au niveau logistique pour notre structure, j'estime que ça se passe plutôt bien.

A.-P. : Avez-vous mis en place des mécanismes particuliers en cette période exceptionnelle ?

A. B. : Oui, nous avons mis à disposition de tous nos clients déjà abonnés un module d'entretien technique à distance qui n'était proposé qu'à certaines formules d'abonnement. Dans la conjoncture actuelle, nous avons décidé de leur offrir ce module gratuitement afin de leur permettre, quels que soit leur taille et leurs moyens, de réussir à conclure leur recrutement de programmeurs.




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