AccueilActualitéChristophe Agnus, co-fondateur de Sopixi "Maurice Lévy et de Xavier Huillard ont refusé un stage..."

Christophe Agnus, co-fondateur de Sopixi "Maurice Lévy et de Xavier Huillard ont refusé un stage..."

Un appel a été récemment lancé par un entrepreneur audacieux, Christophe Agnus, co-fondateur de Sopixi. Las de constater l'important fossé existant entre les grandes entreprises d'un côté et les petites de l'autre, Christophe Agnus s'est empressé de proposer publiquement un stage aux patrons du CAC 40 pour les sensibiliser aux réalités quotidiennes de ces acteurs économiques...Rencontre.
Christophe Agnus, co-fondateur de Sopixi
© Sopixi

Actualité Publié le ,

Christophe Agnus, pouvez-vous vous présenter en deux mots à nos lecteurs ?

Je suis co-fondateur de Sopixi, une plateforme qui permet aux petites entreprises et à toute personne de créer un site internet ou une boutique gratuitement. C’est une société qui a été lancée en septembre dernier. Me concernant, je suis un ancien de la presse, j’exerce dans le secteur de l’Internet depuis 1995. Auparavant, j’ai été directeur dans différents groupes de presse en France.

Quel est le modèle économique de Sopixi ?

C’est un modèle semblable à Skype. Skype vous promet de pouvoir appeler gratuitement, chez Sopixi c’est la même chose. Nous promettons aux utilisateurs qu’ils vont pouvoir créer un site internet totalement gratuit. La partie payante du modèle, ce sont des options «dites de confort ou d’images» qui ne sont absolument pas obligatoires ni indispensables pour lancer un site. A l’heure actuelle, 94% des utilisateurs de notre outil, ne payent rien. C’est aussi notre pierre pour aider les petites entreprises à gagner en visibilité en période de crise.

Vous avez récemment publié une lettre ouverte pour proposer aux patrons du CAC 40 d’effectuer un stage dans votre entreprise. Que faire si l’un d’entre eux se portait réellement candidat ?

J’en serai vraiment ravi. C’est mon souhait le plus cher. Il est évident que si une telle réponse devait nous parvenir, nous accepterions immédiatement. En fonction du temps qu’il pourrait nous consacrer, nous lui ferions toucher du doigt les contraintes quotidiennes des dirigeants de petites entreprises qui doivent gérer des milliers de choses à la fois, sans forcément avoir un staff de cadres ou de super-cadres autour pour l’accompagner ou le soulager de toutes les choses de la vie quotidienne. C’est une expérience qui pourrait être très enrichissante car elle pourrait véritablement mettre en exergue les préoccupations de petits entrepreneurs.

Mais, quid de la rémunération ? Et qui aimeriez-vous avoir dans vos rangs ?

En cas d’accord, nous appliquerions une politique de rémunération de stagiaire, soit 436 euros par mois. Tout dépendrait du temps passé dans l’entreprise. S’il nous consacrait une semaine, nous lui ferions partager son temps avec toutes les équipes de l’entreprise, le marketing, le service clients, la partie gestion des partenaires en lui évitant au maximum l’équipe technique, sauf s’il a des prédispositions particulières en la matière.

Nous avons déjà reçu deux réponses négatives mais argumentées de Maurice Lévy (PDG de Publicis) et de Xavier Huillard (PDG de Vinci) qui nous ont notamment expliqué que leur groupe était déjà un « conglomérat de petites entreprises ». Personnellement, je pense que nous sommes loin du même modèle.

Les PME représentent aujourd’hui près de 37% des emplois en France mais elles sont sous-représentées. Comment selon vous, valoriser ces preneurs de risques, ces créateurs d’entreprises ?

Si les patrons des grandes entreprises et les hauts fonctionnaires, pouvaient vraiment faire un stage dans nos PME, croyez-moi ils comprendraient nettement mieux la situation économique de notre pays.

A titre de comparaison, il y a le monde de la très grande entreprise et celui de la petite entreprise. La grande entreprise ressemble à une administration. Un ancien de l’ENA qui intègre une grande entreprise trouve facilement ses marques, tout fonctionne sur le même modèle.

En revanche, s’il intègre une PME, voir pire une TPE, il se rendra vite compte que les modèles sont différents, les prises de décisions sont rapides, il n’y a pas une armée de juristes prêts à répondre à tous les problèmes que se posent l’entreprise face à une nouvelle réglementation. Ils se rendront également compte de l’importance de la stabilité dans toute activité économique, en particulier la stabilité juridique.

Il est très important que nos dirigeants politiques prennent conscience du rôle des PME/TPE. Les discours sont toujours très positifs mais dans les actes, ce n’est pas ce que l’on perçoit.

A titre d’exemple, nous avons une filiale de Sopixi qui ne peut pas répondre aux appels d’offres car il lui faut présenter 3 bilans, c’est complètement absurde. Cela freine les petites entreprises et encourage toujours les mêmes grandes structures à conserver les marchés. Cela freine l’innovation. Tout ceci n’a pas de sens.


Que pensez-vous de l’initiative de Fleur Pellerin, concernant les Assises de l’Entrepreneuriat ?

J’attends de voir les conclusions. Pour l’instant, cette initiative est positive mais ce qui m’intéresse encore plus ce sont les décisions qui seront prises. Entre la parole et l’acte, il y a un grand fossé. Personnellement, j’ai toujours rencontré des politiques qui m’ont expliqué qu’il était très important de se préoccuper de ces sujets mais dès lors qu’il fallait passer au actes, politiquement c’était compliqué.

Aujourd’hui, nous attendons des choses concrètes, de la stabilité, des règles qui ne changent pas tout le temps. C’est important pour rassurer nos investisseurs. Nous cherchons également de la simplicité.

Je regrette le rendez-vous manqué avec Jean-Marc Ayrault, un intervenant devait lui remettre les 3750 pages du Code du Travail Français, contre les 800 pages du Code Allemand ou encore les 350 du Code Suisse.

Nous perdons énormément du temps à répéter ces règles, au lieu de chercher du business pour développer nos entreprises et faire décoller la France.

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