Fermer la publicité
Journal d'information juridique et d'annonces légales

Choose Paris Region, “L'attractivité est un sujet collectif”

le - - Actualité - Région Île-de-France & Grand Paris

Choose Paris Region,  “L'attractivité est un sujet collectif”
@ DR

Lionel Grotto est directeur général de l'agence Choose Paris Region depuis maintenant un an et demi. Précédemment nommée Paris Région Entreprises, l'agence, qui a récemment refondu sa gouvernance, est en charge de l'attractivité et de la promotion du territoire francilien à l'international. Elle a ainsi repris les tâches confiées au guichet unique des investissements internationaux en Ile-de-France créé suite au Brexit le 3 novembre 2016. Sa mission : attirer en Île-de-France des entreprises étrangères et accompagner chaque année plus de 1 200 entreprises qui souhaitent se développer dans la région en lien avec tous les partenaires publics et privés du territoire.

Affiches Parisiennes : On entend souvent parler de complexité de l'organisation institutionnelle de l'Île-de-France. Il est vrai que les acteurs sont aujourd'hui nombreux sur le territoire francilien (Préfecture, Région, MGP, communes, EPT pour ne citer que des acteurs publics) et la répartition des compétences n'est pas forcément des plus évidentes. Emmanuel Grégoire, adjoint de la Maire de Paris, conseiller métropolitain qui siège au Conseil d'Administration de Choose Paris Region, reconnaissait par exemple devant la chambre des notaires, alors qu'il était questionné sur une potentielle concurrence entre les acteurs, que chacun « court un peu dans son couloir, parfois en se donnant la main ». Quel rôle Choose Paris Region, encore un autre acteur, a-t-il à jouer au milieu de tout cela ?

Lionel Grotto : Nous sommes un peu des entremetteurs. Nous permettons justement de faire fonctionner les choses lorsque les sujets sont compliqués entre les acteurs. Nous sommes un espace de discussion opérationnel dans lequel on travaille sur des projets. Disons qu'un investisseur qui arrive en Île-de-France n'a, en réalité, pas vraiment envie de comprendre la complexité institutionnelle et de s'y confronter. Cela lui sera peut-être nécessaire dans le temps, mais il lui est, à son arrivée, essentiel de pouvoir avoir un interlocuteur qui soit réellement en lien avec tous les acteurs, qui ait la légitimité institutionnelle et les contacts adaptés, et qui soit en capacité de les coordonner ou de monter des dossiers d'offre communs dans lesquels la Maire de Paris va pouvoir co-signer avec Valérie Pécresse, avec le président de la Métropole du Grand Paris, avec le président du Département et des collectivités locales concernées mais aussi avec des acteurs privés qui vont pouvoir soutenir la candidature. Je pense que c'est là notre rôle. Nous sommes au milieu de tous ces acteurs pour que les choses avancent.

A.-P. : Comment concrètement remplir ces objectifs que vous vous donnez ?

L. G. : Choose Paris Region, ce sont 75 personnes réparties aux Etats-Unis, à Paris et en Chine, les Etats-Unis étant notre premier marché. Tout va dépendre du canal par lequel l'investisseur arrive. Cela peut venir de nos partenaires qui auraient identifié des projets, qui vont nous les signaler ; ça peut être Business France qui nous les aurait fléchés ; ça peut venir de nos propres prospecteurs et de notre réseau. Par rapport à cela, nous analysons le degré de maturité du projet, et quels sont ses besoins. Pour
certaines entreprises il s'agira de trouver des partenaires ; pour d'autres de mieux comprendre l'écosystème de R&D ; pour d'autres encore d'identifier un site qui peut être clé lorsque l'on exerce, par exemple, dans l'industrie ou la logistique ; d'autres, enfin, qui veulent avoir la certitude d'accéder à un pool de talents, vont nous demander de rencontrer des dirigeants qui ont embauché beaucoup d'ingénieurs ou de data scientist pour avoir des témoignages. C'est notre première étape : recueillir le besoin de l'entreprise et chercher à bien comprendre ce qu'elle souhaite.

Face à ce besoin nous mettons ensuite en place des équipes dédiées : des experts d'une filière en particulier, des spécialistes d'un des territoires de la région... On va, en interne, pouvoir mettre les bonnes personnes autour du sujet. Nous avons aussi des personnes en charge de tout ce qui est mobilité internationale. Si par exemple il y a des sujets « visa » ou « relocation », nous allons pouvoir prendre les DRH des entreprises par la main pour les accompagner pas à pas dans leurs démarches.

L'accompagnement concret, une fois les besoins identifiés, réside alors dans le fait de trouver les bons partenaires en Île-de-France avec lesquels il sera possible et pertinent de collaborer. C'est à ce moment que peuvent être organisées des réunions, parfois avec des acteurs comme le Préfet de région, des élus ou la présidente de la Région pour savoir comment agir ensemble dans des délais souvent très courts pour répondre à un investisseur et enfin lui remettre une offre dans un contexte de concurrence. L'Île-de-France est aujourd'hui très bien positionnée dans les classements internationaux mais est en concurrence avec d'autres régions du monde. Nous sommes obligés de remettre des offres réellement compétitives si nous voulons continuer à garder cette avance.

A.-P. : Vous parliez des élus, qu'attend Choose Paris Region des Municipales ? Des dynamiques de coordination entre acteurs qui pourraient émerger pour l'Île-de-France ?

L. G. : Comme vous le dites, nous avons un réel besoin de coordination des acteurs. Les maires, aujourd'hui, ont un vrai rôle à jouer pour l'attractivité puisqu'ils ont notamment compétence en termes d'octroi du permis de construire. Ce n'est pas toujours simple à l'échelle métropolitaine et régionale de coordonner des stratégies de développement communales. L'Île-de-France, c'est plus de 1 200 communes, 12 millions d'habitants, et 30 fois plus de collectivités par habitant que Londres. Ce que l'on voit, nous, c'est beaucoup de stratégies d'investisseurs qui sont assez opportunistes, qui essaient de cranter des décisions à des niveaux locaux sans que parfois nous ne soyons sollicités dans les temps. Un message porté par Choose Paris Region serait de bien mettre l'attractivité au cœur de ces élections municipales. Il y a un vrai enjeu pour l'Île-de-France. Si on ne la prend pas comme un sujet collectif, on va perdre des projets. On a besoin que les maires n'hésitent pas à s'appuyer sur l'agence qui est un outil au service de tous les acteurs.

A.-P. : La première réunion du conseil d'administration récemment élu par une assemblée générale renouvelée se tient dans quelques jours : qu'est-ce qui en est attendu ?

L. G. : Ce Conseil d'administration est effectivement complètement renouvelé. C'est vraiment une nouvelle dynamique pour l'agence. Trois membres représentent les collectivités et acteurs territoriaux, trois autres représentent les entreprises, trois représentent des acteurs publics ou parapublics, et le collège 1 des membres fondateurs et de droit accueille pour la première fois la Métropole du Grand Paris et Business France. C'est inédit que tous ces acteurs d'horizons divers se retrouvent dans un cercle étroit. Ce premier Conseil réunira un peu plus de vingt membres ; il sera l'occasion pour chacun de se présenter, mais aussi d'adopter le plan d'action et le budget 2020. Notre objectif est que les uns et les autres apprennent à se connaître à travailler ensemble pour faire de Choose Paris Region un lieu d'échange où chacun puisse amener des idées à la stratégie globale, où chacun puisse participer à des actions concrètes. C'est cette dynamique que l'on souhaite créer dans la continuité du lancement du Comité des territoires au sein duquel nous en apprenons autant que les territoires qui y participent : c'est vraiment une démarche bottom up et participative. Nous n'avons pas le monopole des investisseurs et de l'attractivité. Le reconnaître et mettre les gens autour d'une table pour dire « on a besoin de vous », cela change vraiment l'approche. On a vraiment besoin de cela en Île-de-France.

A.-P. : Une question enfin d'actualité immédiate, quel regard portez-vous sur les mouvements sociaux, notamment dans les transports, alors que votre rôle est de défendre l'attractivité du territoire francilien ?

L. G. : Les retours que l'on peut avoir des investisseurs ressemblent un peu à ceux que l'on avait pu avoir pendant le mouvement des gilets jaunes. Nous, ce que nous expliquons, c'est que ces grèves s'inscrivent aussi dans un mouvement de réformes. Aujourd'hui les investisseurs regardent la situation, on ne peut pas dire qu'elle n'a aucun impact, mais ils comprennent que cela s'inscrit dans un contexte de transformations initiées par le Gouvernement. Sans prendre parti sur le bien-fondé du mouvement, c'est un peu compliqué aujourd'hui si on veut accueillir un investisseur qui arrive à Roissy. On ne sait pas lui proposer d'option et on reporte les visites qui pouvaient être prévues en essayant de fonctionner davantage sous forme de call. La situation impacte notre activité, de même que le reste de l'économie d'ailleurs. On attend de voir la suite.

A.-P. : Un message à faire passer, une parole à redonner, un point sur lequel vous souhaiteriez insister pour conclure ?

L. G. : Un message qui me paraît important, au cœur d'un de nos gros chantiers pour 2020 : on pense que l'industrie en Île-de-France n'est pas morte, qu'elle a un avenir et qu'il est vraiment nécessaire au sein d'une vision métropolitaine et régionale de l'attractivité. Dans une métropole uniquement de services, on ne pourra pas donner du travail à tous et assurer une cohésion sociale. Sur ce point, nous menons des travaux très opérationnels et très pratico-pratiques avec tous les territoires de l'Île-de-France, tous les acteurs de l'aménagement, les gestionnaires des infrastructures et les grands propriétaires fonciers qui peuvent, parfois sans le savoir, être des clés de la solution. En 2020, nous produirons des fiches types sur les espaces fonciers disponibles dans la région pour recueillir des activités industrielles. Des fiches que nous diffuserons ensuite aux réseaux diplomatiques et aux réseaux de Business France pour pouvoir petit à petit ancrer l'idée que l'Île-de-France et l'industrie, c'est possible. On a déjà eu quelques réussites. On est très bien positionné pour accueillir des centres de décisions et de R&D, on va poursuivre les efforts là-dessus, mais nous voulons aussi faire passer un véritable message en faveur de l'industrie. On peut avoir la tentation de vouloir l'installer en province, mais on en a aussi besoin ici. n




Ses derniers articles

Abonnez-vous à l'offre Papier + Numérique

Affiches Parisiennes Journal d'information juridique et d'annonces légales

  • ›   Pour plus de contenu, papier + web
  • ›   l’accès aux annonces légales,
  • ›   l’accès aux ventes aux enchères.
Je m'abonne

À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide


Fermer
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies et de technologies similaires par notre société ainsi que par des tiers, afin de réaliser des statistiques d'audiences et de vous proposer des services éditoriaux et la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux. En savoir plus / paramétrer