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Chômage du canal Saint-Martin : Pêche en eaux troubles

Mercredi dernier, c'était opération « pêche de sauvegarde » pour le service des canaux de la ville de Paris. Les équipes disposaient de trois jours pour extraire les poissons du canal Saint-Martin. Carpes, sandres et autres anguilles ont été déplacés jusqu'au bassin de la Villette en attendant la fin du chômage du canal Saint-Martin.
Chômage du canal Saint-Martin : Pêche en eaux troubles
AP

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Entre les caddies de supermarché, les carcasses de vélos et autres scooters, les poissons du canal Saint-Martin coulaient des jours heureux. C'était sans compter le nettoyage de printemps engagé depuis le 4 janvier, le premier depuis 15 ans. Le canal a été entièrement vidé de son eau, il s'agit à présent d'enlever tous les déchets accumulés depuis le dernier chômage, de dévaser et d'effectuer quelques travaux sur les écluses. La récupération des poissons était donc une priorité avant d'attaquer les autres étapes. Une opération qui a attiré les foules, plusieurs dizaines de badauds se sont pressés autour des barrières et sur le pont qui enjambe le canal.

La pêche est une des opérations les plus spectaculaires. Épuisettes en main, vêtus de combinaisons, les pêcheurs attirent les poissons à l'aide d'une sonde qui envoie des décharges électriques. Ces derniers apparaissent alors à la surface et tombent facilement dans les épuisettes. Ensuite, ils sont passés de bassines en bassines pour une petite toilette (photo ci-dessous). Chaque arrivage est pesé. Cette année, les services s'attendent à repêcher 4 ou 5 tonnes de poissons, un chiffre bien inférieur aux précédents chômages. En 2001, 18 tonnes de poissons avaient été repêchées.

Malgré une population aquatique en baisse, le balai des bassines est incessant et contrairement au canal, les agents de la mairie ne chôment pas. « C'est très physique », explique Marion entre deux arrivages. De plus, les poissons ne leur facilitent pas la tâche, il n'est pas rare de les voir glisser des mains au moment du changement de bassine.

« On élimine les poissons-chats et les perches-soleil, des espèces invasives et nuisibles qui menacent l'écosystème du canal », confie Nicolas du service des canaux. Par ailleurs, si la méthode des décharges électriques surprend au premier abord, elle serait la plus respectueuse du bien-être des poissons. « Le courant électrique les attire vers la sonde puis les étourdit légère ment, la souffrance est minime. Cette technique permet de limiter les pertes », explique le jeune homme. Malheureusement, les espèces les plus frêles peinent à survivre dans ces conditions.

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