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Chems-Eddine Hafiz : « Expliquer ce qu'est véritablement l'Islam de France »

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Chems-Eddine Hafiz : « Expliquer ce qu'est véritablement l'Islam de France »
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Chems-eddine Hafiz, avocat reconnu aux barreaux de Paris et d'Alger est devenu, en 2020, recteur de la Grande Mosquée de Paris. Il œuvre à la rédaction de la Charte des principes pour l'Islam de France qu'il co-signe avec quatre autres fédérations représentant les musulmans de France. Il revient sur l'actualité pendant ce mois du Ramadan et le projet d'organisation représentative des musulmans de France en lieu et place du CFCM.

Affiches Parisiennes : Vous êtes avocat aux barreaux de Paris et d'Alger, et après avoir été conseiller juridique de la Grande Mosquée de Paris, vous en êtes maintenant le recteur. Comment conciliez-vous cette tâche spirituelle et philosophique avec celle de juriste ?

Chems-eddine Hafiz : La formation de juriste vous apprend à maîtriser votre pensée, à la placer dans un cadre pragmatique qui vous permet de matérialiser un raisonnement qui cherchera l'efficacité. Mes études de droit et mes longues années de Barreau m'ont permises d'allier ce raisonnement très rigoureux à la spiritualité et à l'élévation de soi pour obtenir des résultats qui touchent à la foi. En accomplissant les fonctions qui sont aujourd'hui les miennes, je suis heureux de pouvoir m'élever dans une rationalité très importante pour moi.

Je suis un homme de loi qui a accepté cette lourde mission de Recteur de la Grande Mosquée de Paris pour servir l'islam et les musulmans et aider à pacifier les relations au sein de la société française, afin que chaque fidèle puisse vivre dignement.

Pour préciser mon quotidien de recteur de la Grande Mosquée de Paris, à la différence avec les autres religions, je ne fais pas le culte, je l'organise. Je suis responsable de plusieurs imams et de la voix religieuse de la Grande Mosquée de Paris. Les 160 imams dont j'ai la responsabilité exercent sur l'ensemble du territoire national et me remontent l'état d'esprit des fidèles. Mon travail consiste donc à organiser les choses, à coordonner leurs actions, à superviser les actes de conversion et les mariages religieux, et à suivre les activités cultuelles et culturelles.

La Grande mosquée de Paris agit de façon transversale, car il ne s'agit pas d'un lieu de culte seulement, mais d'un centre de diffusion d'une vision humaniste de la religion, basée sur la spiritualité, la tolérance et le savoir.

Une de mes premières expériences a été extrêmement compliquée. Avant même la date de confinement imposée l'année dernière par les autorités sanitaires, j'avais décidé de fermer toutes les mosquées sous la tutelle de la Grande Mosquée de Paris, au regard de leur fréquentation intense et donc des risques qu'elle représentait, même si nous ne connaissions pas véritablement les motifs de la contamination à l'époque.

Toutes ces décisions ont été prises parce que je suis avocat, parce que je dois anticiper, réagir rapidement selon l'état de la situation et prendre une décision très vite, en espérant qu'elle sera la plus adéquate. En tant qu'avocat pénaliste, j'ai appris à avoir cette dextérité intellectuelle qui nous oblige à prendre, face à une situation donnée, des décisions rapidement, avec des conséquences qu'il faut essayer d'imaginer.

La fermeture de la Mosquée a été pour moi un grand évènement parce que c'était la première fois qu'elle fermait depuis son inauguration, en 1926, et que j'ai par ailleurs été obligé de prendre cette décision à peine un mois après avoir été élu recteur. C'est un lieu de culte, un lieu, et ce n'est pas spécifique à l'islam, de refuge, où le fidèle va se mettre à l'abri lorsque qu'il se sent mal, qu'il doute, par chagrin ou par douleur. On va se recueillir dans des lieux de culte et le fait de fermer cette porte sur cette espérance a été une expérience difficile sur le plan émotionnel.

Pour répondre aux croyants dans leurs craintes eschatologiques et qui nuisent à leur capacité d'agir, il est important pour le recteur que je suis de les exhorter avec l'aide de mes imams à l'action et à la responsabilité citoyenne.

Assurer la défense des intérêts de la Grande Mosquée de Paris en tant qu'avocat et conseiller, ce n'est pas la même chose qu'être le premier responsable d'une institution aussi emblématique. Je pensais bien connaître la Mosquée de Paris. J'avais une relation de confiance avec mon prédécesseur et, comme tout avocat avec son client, je cherchais à renforcer cette confiance.

Lorsque j'ai été élu le 11 janvier 2020 j'ai découvert des activités que je ne connaissais pas, comme la gestion du personnel religieux et des activités cultuelles. Je me suis mis très vite à travailler avec les imams, à mettre à leur disposition ma rigueur de juriste et mon expérience. A titre d'exemple, j'ai publié en février 2020, donc moins d'un mois après mon arrivée un manifeste intitulé "les 20 recommandations de la Grande Mosquée de Paris en matière de prévention de la radicalisation".

Notre travail intellectuel nous a permis de rédiger ce texte collectif important en donnant la possibilité aux imams de s'exprimer, d'utiliser leurs connaissances religieuses dans un cadre juridique et ce fut une belle réussite. Je leur ai dit qu'ils devaient, avec sagesse et mesure, remplir leur rôle de poste avancé et de rempart face à l'obscurantisme dans une logique strictement préventive. Cela passe par la pédagogie, la formation, l'éducation, la bonne interprétation des préceptes coraniques et des textes. En somme, il est indispensable que la Grande Mosquée de Paris joue aujourd'hui pleinement ses fonctions de diffuseur d'un contre-discours qui propose à la jeunesse autre chose que les dérives sectaires et intégristes qui travestissent gravement le message originel de l'Islam.

Nous continuons à faire ce travail de déconstruction de la parole dévoyée de l'islam qui a fait tant de mal à notre religion et qui a donné lieu à des actes terroristes. Aujourd'hui, nos 160 imams sont des partenaires avec qui nous échangeons beaucoup. Ils profitent de ma culture juridique et de ma rigueur d'avocat et moi, je profite de leurs connaissances exhaustives de la religion musulmane. Il s'agit pour la Grande Mosquée de Paris de faire rayonner un islam d'ouverture et d'intelligence et ainsi essayer, autant que faire se peut, de réparer ce que des milieux extrémistes ont brisé à travers leurs actes morbides et leurs propos outranciers de ces dernières années.

A.- P. : Vous avez également travaillé sur l'écriture de la Charte des principes pour l'Islam de France ?

C-E. H. : A l'automne dernier, le Président de la République a fait un discours contre les séparatismes islamistes, prononcé dans la ville très symbolique des Mureaux. J'ai tenu à préciser au Président de la République que cette question du "séparatisme" ne devait pas concerner les musulmans, car il y a une distinction impérative à effectuer entre religion musulmane et idéologie islamiste.

La première, celle dans laquelle l'écrasante majorité des musulmans de France se reconnaissent, est une foi, une éthique, une tradition, une civilisation, une histoire qui exige une herméneutique, une contextualisation, qui convoque le savoir et l'intelligence.

La seconde, visée explicitement par le discours du Président de la République, est d'abord un dévoiement des textes induisant une idéologie mortifère et une pensée politique aux relents totalitaires. Avec d'autres responsables musulmans, nous avons eu la possibilité de nous réunir à plusieurs reprises avec le Président de la République.

Pour combattre l'idéologie islamiste, nous avons convenu qu'il fallait créer un Conseil national des imams, pour faire en sorte que ceux qui pourront officier en France soient agréés en qualité d'imam. Le Président de la République nous a alors proposé de rédiger une Charte des valeurs entre les huit fédérations composant le Conseil français du culte musulman. Très vite, des divergences sont apparues sur l'approche et sur ce que devait être cette charte.

Pour moi, elle devait rappeler avec force que les musulmans sont attachés sans aucune ambiguïté aux principes de la République qu'ils appliquent en tant que citoyens français.

La laïcité qui met à égalité et à équidistance tous les cultes est une chance pour l'islam. Cette charte décrit aussi les pratiques religieuses musulmanes dont les déviances sont incompatibles avec notre pratique et également avec les principes de la République. J'ai dit au Président de la République que le droit ne détermine pas les valeurs, mais des principes et j'ai insisté auprès des autres fédérations pour que soit rédigé un article 10 prévoyant des sanctions en cas de non-observation des principes édictés dans ladite Charte. Elles sont nécessaires pour que les signataires de cette charte se sentent véritablement engagés.

L'article 10 prévoit que la Fédération musulmane qui contrevient aux principes de la Charte sera exclue de toute instance représentative et de toute instance qui est le partenaire des Pouvoirs publics. Seules cinq fédérations l'ont signé, le 18 janvier 2021. C'est un texte qui, pour moi, a une portée historique et symbolique très importante. C'est la première fois que des organisations musulmanes rédigent un document dans lequel ils définissent quels sont les rites que l'on exerce dans un pays laïque, où l'islam est minoritaire, pour permettre aux principes de l'islam d'être en cohérence et en harmonie avec les lois du pays en question, notamment la France.

Cette définition n'est en aucune manière un renoncement au dogme qui est immuable. Nous avons, par ailleurs, défini ce qu'est l'islam politique, qui, jusqu'à présent, était une construction intellectuelle qui s'est faite dans les universités, dans la société civile mais qui n'a jamais été prise en considération dans la représentation musulmane. Nous l'avons défini en donnant des exemples et en pointant du doigt un certain nombre d'organisations, aujourd'hui, qualifiées d'islamistes, qui instrumentalisent cette religion à des fins politiques.

Autre avancée importante, nous avons condamné toute forme d'ingérence d'États étrangers, d'organisations non gouvernementales, de personnes physiques ou morales dans l'organisation du culte musulman.

Nous avons aussi délimité les pratiques cultuelles en excluant celles qui travestissent gravement notre religion, comme l'apostasie, l'excommunication et certaines dérives.

Aujourd'hui, nous voyons que les Pouvoirs publics se basent sur cette charte pour dire aux organisations musulmanes que c'est par la signature de cette charte qu'elles pourront prétendre être dans les instances représentatives du culte musulman en France et être leurs interlocuteurs. Si on devait citer une vertu fondamentale de cette charte, c'est qu'elle clarifie la situation.

La laïcité est une chance pour l'Islam parce qu'aujourd'hui, il est traité de la même manière que l'Église catholique, protestante, que les Israélites, etc.

Et ce n'est pas par hasard qu'en France, en si peu de temps, à peu près 2 800 lieux de culte aient vu le jour sur tout le territoire national en très peu de temps. Nous souhaitons pratiquer un islam adapté à la vie moderne, dans un pays où nous sommes tous des citoyens égaux qui pouvons avoir des croyances différentes dans un creuset commun. Ce fut certes un travail de longue haleine mais aujourd'hui, nous pouvons réorganiser la représentation du culte musulman en toute connaissance de cause.

L'essentiel est de créer un lien de confiance avec les Pouvoirs publics et nos concitoyens. Il faut reconnaître que l'islam fait peur aux non-musulmans. Il est très mal compris et c'est aux musulmans de mieux le faire connaître, d'aller expliquer ce qu'est véritablement l'Islam.

Les imams peuvent faire ce travail de pédagogie, qui doivent porter la parole de cet islam authentique, en direction des fidèles mais également dans toute la société.

A.- P. : La Charte n'a donc pas été signée par toutes les organisations... Cela peut-il être délétère pour sa construction, son acceptabilité au sein de la communauté musulmane ?

C-E. H. : Les principes de l'Islam rappellent celui de la concertation dans toute décision, qu'il faut se concerter, travailler ensemble, qu'il n'y a pas de domination du plus fort sur le plus faible, qu'il faut essayer de créer cette adhésion autour de cette réflexion. Je pense qu'il faut un temps et que ce temps va se faire. La République est là pour ça.

Il faut aussi relire l'histoire de France, qui a toujours réussi à apaiser bon nombre d'antagonismes. Je suis très optimiste dans la mesure où je vois que les mécanismes de la société française ont toujours su, à un moment ou à un autre de sa longue histoire, jouer leur rôle d'amortisseur.

Aujourd'hui, c'est au tour de l'Islam. Nous devons le faire tranquillement, dans la sérénité et sans crispation. Il faut beaucoup de patience et de détermination, parce que je pense que cette charte est un bien commun et que nous devrons tous, à un moment donné, en défendre les principes. Cela mettra un peu de temps. Le temps que les organisations qui ne sont pas signataires comprennent que c'est comme cela que nous construirons cet islam de France.

L'Islam est universel, une religion qui est au-dessus des nationalités et des frontières mais qui s'adapte dans la région dans laquelle elle est pratiquée. Le dogme, quel que soit le lieu sur terre, est pratiqué de la même manière aujourd'hui mais, dans le quotidien, la pratique rituelle est vécue différemment. Donc, on peut dire qu'il y a un islam de France et au fur et à mesure du temps, la charte va être complètement stabilisée et adoptée sans heurt par l'ensemble des musulmans de France.

A.- P. : Comment est organisé ce mois de jeûne et de festivités avec la situation sanitaire actuelle ?

C-E. H. : Malheureusement, nous avons déjà vécu cette expérience en 2020, alors que nous étions pris de court. L'une des premières conséquences de la pandémie l'année dernière était l'interdiction de la toilette rituelle. Pour nous, comme pour les Israélites, une personne décédée fait l'objet d'une toilette mortuaire. Il a fallu à la Grande Mosquée de Paris mobiliser les imams.

J'ai mis en place une permanence téléphonique qui était active 24h/24 pour permettre aux imams de répondre aux questionnements ou aux angoisses des fidèles. En tant que recteur de la Grande Mosquée de Paris, j'ai dû faire un travail de pédagogie, créer un lien avec les fidèles pour qu'ils continuent à vivre leur spiritualité tout en répondant à leurs interrogations.

Lors du ramadan, les imams ont expliqué aux musulmans qu'ils pouvaient prier chez eux, ont prodigué des conseils, ont changé avec les fidèles. La Grande Mosquée de Paris a utilisé ses réseaux sociaux, les radios communautaires pour essayer de rassurer les musulmans, leur dire que nous allions surmonter ensemble cette crise, en tant que citoyens de ce pays, et leur rappeler la notion de sacralité de la vie et de la santé.

Lorsque les mosquées ont commencé à rouvrir, nous avons proposé aux personnes âgées atteintes de maladies chroniques de ne pas venir, mais d'effectuer leurs prières chez elles, en leur disant que venir faire la prière en prenant des risques n'était pas admis dans la pratique religieuse.

Le ramadan est un des rites qui est le plus pratiqué par les musulmans, il est à la fois un moment de grande spiritualité mais aussi un moment de convivialité, où la communauté musulmane se retrouve. Ce qui a été une vraie satisfaction en tant que recteur de la Grande Mosquée de Paris, c'est de constater que les musulmans se sont très bien comportés pendant cette période de ramadan, ont été disciplinés en respectant scrupuleusement les règles du confinement.

Aujourd'hui, nous sommes prêts à ce deuxième mois de ramadan passé dans la pandémie, nous aurons moins de difficultés que l'année dernière et nous allons faire en sorte d'accompagner spirituellement les fidèles musulmans et maintenir, avec les imams, ce lien nécessaire avec la communauté musulmane.

A.- P. : Aujourd'hui, quelles sont vos relations avec le Conseil français du culte musulman ?

C-E. H. : Aujourd'hui, nous œuvrons pour l'intérêt général, pour tous les musulmans, pour toute la société française. Pour moi, le Conseil français du culte musulman (CFCM) a fait son temps, il n'a pas pu aller jusqu'au bout, même si ce n'est pas faute d'avoir essayé. Je pense qu'il existe un péché originel de cette organisation car pour pouvoir en être membre, à l'époque, il fallait obtenir le plus grand nombre de mètres carrés en réalisant une course électorale effrénée.

Comment pouvons-nous construire une religion sur la base du mètre carré et sur la base des rapports de force ? Il y avait là une erreur fondamentale que la Grande Mosquée de Paris a depuis le début en 1999 dénoncé. Le culte musulman ne doit pas être composé de militants mais de fidèles. La nuance est de taille. Le CFCM gérait les contradictions et les positions de majorité-minorité. Ce qui était inacceptable.

J'ai proposé lorsque j'ai quitté le CFCM avec trois autres fédérations, en mars dernier, de créer une coordination de fédérations pour entamer une réflexion sur la meilleure façon de constituer une nouvelle représentation de l'Islam de France où toutes les sensibilités puissent s'exprimer sans risque de se voir mis de côté ou marginalisé. L'objectif final étant de mettre à la disposition des fidèles des lieux de culte pour qu'ils puissent exercer leurs rites dans des conditions optimales, conformément aux dispositions de l'article 9 de la Convention européenne des droits de l'homme. C'est le rôle du CFCM qui ne peut être une sorte d'organe supérieur.

Je disais encore récemment que la Grande Mosquée de Paris ne pouvait être sous la coupe du Conseil français du culte musulman, je l'ai dit aux Pouvoirs publics, j'ai écrit au Président de la République pour lui signifier que la Grande Mosquée de Paris n'acceptait en aucune manière d'être sous la tutelle d'une autre organisation musulmane. Je pense que toute fédération musulmane doit vivre sa vie toute seule, en harmonie avec ses idéaux. L'Islam sunnite qui est majoritaire en France n'a pas de hiérarchie. Qu'il y ait des représentants qui soient les interlocuteurs des pouvoirs publics, oui, mais qu'il y ait un chef autoproclamé, ou par le fait d'élections, non.

A.- P. : Que pensez-vous du projet de création d'un Conseil national des imams ?

C-E. H. : Le Conseil national des imams doit être un peu l'équivalent du Consistoire. Il doit prendre la forme d'une association cultuelle et revêtir deux missions essentielles. Il est là pour agréer les imams de France, et tout imam qui veut exercer en France doit être agréé par ce Conseil national. Dans les pays musulmans, l'imam était traditionnellement désigné par ses coreligionnaires pour mener la prière.

Aujourd'hui, dans tous les pays musulmans, on a organisé les imams. C'est la première des choses qu'a faite l'Algérie, après les menées terroristes du début des années 1990, d'interdire le prêche aux imams du Front islamique du salut (FIS) de l'époque. Il faut agir de la même manière en France en professionnalisant la fonction d'imam et leur permettre de se former. Je parle en connaissance de cause, car je suis à la tête de l'institut Al-Ghazali, qui est l'un des deux instituts qui forment les imams en France.

Il faut donc un diplôme qui permette de sanctionner les études de celui qui veut devenir imam, pour qu'il puisse avoir un vrai statut comme dans toute autre profession.

L'imam sera agréé par le Conseil national des imams pour être l'incarnation naturelle d'une religion et qui respecte un code de vie moral, éthique et déontologique. Ce code, qui est en cours d'élaboration, va être un code de bonne conduite de l'imam.

Nous avons aussi créé trois catégories d'imams, celui qui vient de terminer ses études, qui a son diplôme et qui va avoir pour mission de conduire les cinq prières quotidiennes dans la mosquée dans laquelle il est affecté. La deuxième catégorie est celle de l'imam prédicateur, qui le devient après cinq ans d'exercice, qui, en plus de la responsabilité de conduire les prières quotidiennes, fait le prêche du vendredi.

La troisième catégorie, la plus importante, est l'imam conférencier qui a pour tâche, et c'est la deuxième mission du Conseil national des imams, d'édicter des recommandations juridiques et religieuses de l'islam dans notre pays. Il pourra réguler toutes les questions qui peuvent se poser dans la pratique religieuse en France Le Conseil national des imams s'organise autour de ces imams conférenciers qui auront une plus large expérience, qui seront des référents capables de dire comment pratiquer la religion musulmane ici. Ils seront les véritables conseils sur le plan du culte musulman et de la pratique religieuse en France.

A.- P. : Le Président Macron est venu vous voir récemment à la Grande Mosquée de Paris. Quel était l'objet de cette visite ?

C-E. H. : Le Président de la République a effectué une visite impromptue pour échanger avec moi sur les questions d'actualité liées au culte musulman. Il espérait que le Conseil national des imams puisse être mis sur pied rapidement, car il s'agit pour lui d'un un instrument fondamental à la fois pour le culte musulman et pour toute la société française. Il est important pour celle-ci de savoir qu'il y a aujourd'hui en son sein une organisation qui pense et structure le culte musulman.

Il faut dire que depuis son discours au mois d'octobre dernier, le Président Macron a été attaqué de l'étranger par de nombreuses organisations islamistes. Il a été très actif et a eu beaucoup de courage sans jamais s'ingérer dans l'organisation du culte musulman.

A.- P. : Comment voyez-vous cette structure légère à construire et réformer le CFCM ? Doit-elle avoir un président ? C'est un Conseil ?

C-E. H. : Pas nécessairement, on peut créer une sorte de Conseil qui réunit les fédérations sans avoir de président. Il y a un conseil et puis ça s'arrête là.

Pourquoi aujourd'hui, faire en sorte qu'il y ait une hiérarchie, avec un président de fédération qui devienne président du Conseil français du culte musulman et qui représente tous les musulmans de France ? Il faut raison gardée et revenir aux préceptes de cette religion qui parle de concertation, de travail commun, de gestion collective.

J'avais proposé depuis longtemps qu'il y ait un secrétariat général pour se pencher sur des dossiers très techniques qui ne peuvent pas être gérés par un président. Ce secrétaire général coordonnerait les travaux de secrétaires qui se chargeraient, eux, de dossiers précis sur le halal, sur le pèlerinage, sur un certain nombre de domaines.

Il faut une organisation, mais la plus légère possible, sans chercher à influencer le culte musulman selon l'obédience qui dirige tour à tour le Conseil français du culte musulman. On l'a vu, il y a eu des tentatives de mainmise sur l'Islam à travers le CFCM et c'est inacceptable.




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